Devant le tribunal
Devant le tribunal : A 19 ans il dirige déjà des braquages à main armée dans la ville de Ouagadougou  26 avril
Version imprimable de cet article Version imprimable

ZOODOACTU.Des jugements ont été rendus au tribunal de grande instance de Ouagadougoou ce mardi 25 avril 2017. Parmi les dossiers jugés, celui qui aura tenu la salle d’audience en haleine c’est celui d’un groupe de jeunes spécialisés dans les braquages à main armée.

Âgés de moins de 28 ans, ils sont un groupe de huit personnes spécialisées dans les braquages à main armée, et de recèle des biens volés. Le plus jeune du nom de A. Dianda, est âgé de 19 ans et est visiblement le chef de la bande. Elève redoublant la classe de 3e, il est poursuivi pour détention d’armes à feu, acte de grand banditisme, et de vol aggravé ; des faits qu’il a reconnu avec aisance. Il est en effet accusé : d’avoir détenu illégalement dans le mois de décembre 2016, trois pistolets et des munitions ; d’avoir soustrait frauduleusement le 14 décembre 2016 une moto de marque Crypton à une de ses victimes ; d’avoir frauduleusement soustrait des portables, un ordinateur, des spaghettis, du savon Omo dans une cours, une moto de marque Cyrius, un pistolet, une clé USB, une somme d’un million 150 milles francs CFA dans une autre cours, etc. Parmi ses complices, on peut citer entre autres : R. Ouédraogo âgé de 20 ans, poursuivit pour l’avoir aidé dans ses activités, un fait qu’il ne reconnait pas ; O. Ouédraogo âgé de 24 ans, poursuivi pour avoir aidé le grand patron à soustraire une moto, un fait que lui non plus ne reconnait pas ; D. Ouédraogo âgé de 27 ans, il est mécanicien de formation, et est poursuivi pour recèle en toute connaissance, d’un vélomoteur volé. Comme les autres, il ne reconnait pas également le fait qui lui est reproché.

Ils ont jeunes mais très dangereux

L’histoire de la bande des braqueurs et des receleurs laisse à couper le souffle au point où l’on est tenté de se poser la question de savoir comment des jeunes pleins de promesses, compromettent leur avenir en se lançant dans des activités antisociales ?
Pour ce qui est de la détention illégale d’armes, A. Diamda a confié que tout a commencé un jour au salon de son oncle chez qui il s’est rendu pour passer les vacances. C’est donc assis devant la télévision entrain de regarder un film, qu’il a reçu la visite de son ami I. Ouédraogo qui nous rappelons n’est pas à son premier forfait. Il avait en effet, été déjà condamné par le tribunal pour enfant. Étant seul au salon, ce dernier, lui pointe une arme dessus en guise d’amusement avant de lui faire comprendre qu’il s’agissait de l’arme de son père a confié le principal accusé. C’est donc dans les causeries, que I. Ouédraogo, l’a invité à le suivre pour une mission a-t-il ajouté. C’est à partir de ce moment que va naitre l’idée de braquage chez les deux amis.

Pour ce qui est du vol de la moto de marque Crypton, le chef de bande a confié, qu’il avait accompagné celui grâce à qui il a tenu pour la première fois de sa vie un pistolet dans la main chez ses grands parents résidant dans le quartier Nonsin. C’est donc de retour de chez ces derniers, qu’ils ont aperçu la moto Crypton garée devant une cours. Personne n’étant à côté de l’engin pour la surveiller, nous l’avons prise et nous l’avons poussée, afin de nous mettre à l’abri a confié Dianda. Il ajoute qu’une fois à l’abri, il a demandé son complice, ce qu’ils allaient faire de l’engin volé, ce dernier lui a fait comprendre qu’il a un ami chez qui ils pouvaient le cacher le temps, de lui trouver un acheteur. Bien évidemment, I. Ouédraogo ne partage pas les propos de son complice. Pour sa défense, il s’est désolidarisé de son complice. Il a en effet insisté sur le fait que le vol de la moto a été commis par Dianda seul, et que lui personnellement n’y a pas participé bien que les deux étaient ensemble au moment du forfait. Sa défense n’a visiblement pas convaincu le tribunal.

A son tour, il charge son ami du vol de trois ordinateurs. Il raconte : « On s’est rendu dans une cours identifiée par Dianda aux environs de 18 heures dans le quartier Marcoussis. La cours étant fermée, nous nous sommes introduits dans la maison par les fenêtres qui n’était pas en bon état. Dans ladite cours, nous sommes repartis avec trois ordinateurs, que nous avons partagé ». Par simple souci de se défendre ou par vengeance, le chef de gang a déclaré ne pas se retrouver dans le récit fait par son élément. Et sans surprise, il nie catégoriquement bien sûr pour un temps, avoir pris part à cet autre vol et a même déclaré : « Je ne suis pas allé avec lui, peut être que c’est avec quelqu’un d’autre que I. Ouédraogo a commis ce vol sinon ce n’est pas moi ». Comme sur une scène de théâtre, il va rapidement revenir sur sa déclaration et reconnaitre les faits.

En effet, le président du tribunal, ne croyant pas à sa version, lui a rappelé qu’il n’a que 19 ans, qu’il est jeune, et qu’en disant la vérité, cela peut l’aider au moment où son sort sera décidé. Cependant ajoute t-il, « si tu mens, si tu refuses de dire la vérité et qu’après recoupement des faits on se rend compte que tu as menti, tu risque gros ». Pris visiblement de peur, il a fait un revirement de 90° en reconnaissant les faits, tout en présentant ses excuses au tribunal. Une attitude qui a fait rire la salle silencieuse ; même les autres présumés coupables qui attendent leur tour de jugement ou qui ont déjà été situé sur leur sort n’ont pas manqué de rire. Dans ce revirement, il va plus loin en affirmant que lors du partage des trois ordinateurs portables, il a pris deux et n’a laissé qu’un seul a son ami.

Un autre fait sur lequel Dianda et ses acolytes ont donné des explications, c’est sur la tentative de vol. Comme il est devenu une habitude pour les amis de procéder à des braquages, ils se sont encore rendus dans une cours cette fois-ci à trois afin d’opérer a confié le prévenu. D’après, lui, l’heure choisie pour opérer coïncidait avec l’heure de prière de la dame de cours qui à leur arrivé était en communication directe avec Dieu. En bon croyant, ils ont décidé de laisser la bonne dame terminer sa prière avant d’agir. Si Dianda a déclaré avoir proposé de partir et revenir plus tard, les deux autres se sont opposés et ont suggéré de patienter le temps que la propriétaire de la cours finisse sa prière a indiqué le principal prévenu. Ils ont alors attendu tous les trois jusqu’à la fin de la prière et ont tenu en respect la croyante avec une arme tenue par Dianda et un couteau tenu par le troisième toujours, explique, Dianda. La femme pris de panique, s’est mis à crier ; des cris qui ont alerté les deux enfants de cette dernière, son mari et certains voisins ; ce qui les a obligés à s’échapper.

La tentative commise qui va sceller le sort de Dianda et bien sûr des autres accusés, sera le vol commis dans une boutique. A deux, avec un autre de ses amis du nom de I. kologo qui est à son premier forfait ; ils vont tenter de dépouiller un boutiquier et ses employés de leurs biens. Il raconte : « quand ont arrivé devant la boutique on s’est fait passer pour des gens qui veulent acheter de l’eau en sachet. Une fois dans la boutique, j’ai fait sortir l’arme et j’ai tenu en respect tous ceux qui se trouvaient dans la boutique. Le boutiquier nous a demandé ce que nous voulions et j’ai répondu de l’argent. Il m’a menacé que si on ne vide pas les lieux, nous allons voir. Pris de peur ont s’est en fuit. Ils nous ont poursuivit, et m’ont arrêté après m’avoir lapidé ». Une partie de son histoire sera contredite par le procureur. D’après lui, Kologo qui était chargé de dépouiller les victimes va compromettre l’opération. En effet, n’ayant jamais entendu de coup de feu, le complice a paniqué quand son chef a tiré un coup de feu et a pris la fuite. Son attitude a fait comprendre au boutiquier et ses employés que ses visiteurs ne sont que des novices en la matière. Sous les menaces dudit boutiquier, Dianda, abandonné par son complice va tenter de s’en fuir, mais il sera vite interpeller après avoir été écroulé au sol suite à un coup qu’un des employés oublié et qui s’est caché derrière la porte lui a donné a-t-il révélé. Son interrogatoire va permettre aux forces de sécurités de mettre la main sur les sept autres complices.

En estimant que bien même qu’étant jeunes, les prévenus étaient conscients de l’acte qu’ils posaient, il a invité le président du tribunal à bien vouloir constater de la gravité des faits qui leurs sont reprochés. Pour sa part, il a requis 5 ans d’emprisonnement, assorti de 3 ans de sureté pour A. Dianda. Quand aux autres, il a requis 24 mois d’emprisonnement. Face à cette réquisition, le principal prévenu a demandé pardon tout en voulant jouer sur l’émotion des juges. Dans une sorte de plaidoirie, il a confié qu’il est orphelin de père et que sa mère est actuellement souffrante. Afin de prendre soin de sa mère, il a demandé sa libération tout en promettant ne plus recommencer et surtout qu’il a appris la leçon. Il promet trouver un travail afin de s’occuper de la malade « même si je vais ramasser des ordures, pour l’aider je le ferai » a-t-il souligné.

Le tribunal pour sa part, n’a pas délibérer sur place. Il a mis le dossier en délibéré pour le 9 mais 2017 ; date à laquelle il rendra sa décision.

Thierry KPATCHA

Répondre à cet article

 

 

ZOODO TOP TEN
Le Café : où est passé Boukari Kaboré dit le lion ?
ZOODOINFOS.Il a disparu du champ politique vers la fin de la transition en 2015. Dans la soirée (...)
Panique au quartier Paspanga de Ouagadougou
ZOODOACTU. Au quartier Paspanga de la ville de Ouagadougou s’est passé un acte digne de films (...)
Devant le Tribunal : pour une histoire aussi banale, il s’en prend à la femme de son voisin enceinte
ZOODOACTU.T. Souleymane a été appelé à comparaitre devant le Tribunal de grandes instances de (...)
Air Burkina : la relance des activités avec AIRBUS
ZOODOACTU.Une délégation de la compagnie aérienne AIRBUS conduite par le vice-président Afrique (...)
Devant le tribunal : deux mères dealeuses de cocaïne et d’héroïne
ZOODOACTU. Elle sont trois femmes et un homme à comparaître devant le Tribunal de grande instance (...)
Soro et Hambak, bientôt Vice-présidents du Rdr ?
ZOODOACTU.L’information prend de plus en plus de volume en Côte d’Ivoire, surtout au sein du (...)
Devant le tribunal : vous avez dit fausse monnaie ? Voici la preuve !
ZOODOACTU. Il s’appelle O. Samuel, de nationalité étrangère, et a été traduit devant le Tribunal de (...)
Chambre des Huissiers de Justice : suspension de l’exécution forcée des décisions rendues, suite à l’affaire de Koudougou
ZOODOACTU. La Chambre nationale des Huissiers de Justice du Burkina est remontée contre (...)
Le Café : Hamed Bakayoko costaud .Que prépare Ouattara ?
ZOODOINFOS.Le Président de la Côte d’Ivoire Alassane Ouattara a procédé ce mercredi 19 juillet à un (...)
Top 10 des pays les plus satisfaits sexuellement…Le Nigeria est 10ème !
ZOODOINTIMITE.Ce classement a été publié par le célèbre tabloïd anglais Mirror, se basant sur des (...)