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Demande de remise en liberté rejetée pour Tariq Ramadan  8 mai
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ZOODOINTER.Le théologien musulman Tariq Ramadan, accusé de viols par quatre femmes et incarcéré depuis trois mois près de Paris, a vu sa première demande de remise en liberté rejetée vendredi par la justice, a appris l’AFP lundi auprès de son avocat, confirmant une information du site Muslim Post. "Nous avons été notifiés aujourd’hui et j’ai immédiatement interjeté appel", a annoncé à l’AFP Me Emmanuel Marsigny, dénonçant une décision "invraisemblable" du juge des libertés et de la détention (JLD).

L’intellectuel musulman suisse de 55 ans, atteint d’une sclérose en plaques mais dont le traitement a été jugé compatible avec la détention, est incarcéré depuis son inculpation le 2 février à Paris pour viol et viol sur personne vulnérable. L’enquête a été déclenchée en octobre par les plaintes de deux femmes, rejointes en mars par une troisième. Une quatrième femme a déposé plainte pour viol à Genève.

"Le parquet, le magistrat instructeur et le JLD refusent de prendre en compte les éléments à décharge", a réagi l’avocat de M. Ramadan, qui pointe "les mensonges des accusatrices" et des incohérences dans leurs récits. Transféré en mars de la prison de Fleury-Mérogis à l’hôpital de celle de Fresnes, dans la région parisienne, Tariq Ramadan avait déposé cette première demande de mise en liberté le 24 avril,

quelques jours après l’expertise judiciaire qui a estimé sa détention possible à condition de "continuer à bénéficier de l’accès aux soins". "Deux poids, deux mesures" Selon Me Marsigny, l’établissement de "Fresnes est incapable de lui assurer ses quatre séances de kinésithérapie hebdomadaire, M. Ramadan n’a eu qu’une seule séance depuis le 26 avril".

Confronté à la femme qui l’accuse de l’avoir violée en 2009 à Lyon, Tariq Ramadan a nié tout rapport sexuel avec elle ainsi qu’avec la première plaignante, Henda Ayari. Cette dernière, qui dénonce un viol présumé à Paris en 2012, doit être prochainement entendue par les magistrats, tout comme la troisième plaignante, qui affirme avoir été violée à neuf reprises entre 2013 et 2014 en France, à Bruxelles et à Londres.

"M. Ramadan connaît Mounia Rabbouj et s’il a eu une relation avec elle, elle n’est pas celle qu’elle a décrite", a déclaré Me Marsigny, refusant de qualifier la nature de cette relation avant l’audition le 5 juin de son client par les magistrats instructeurs. La détention de ce petit-fils du fondateur de la confrérie islamiste des Frères musulmans a suscité un vif émoi au sein de la communauté musulmane.

Certains ont dénoncé un "deux poids, deux mesures", voire un "complot" contre une des rares figures médiatiques de l’islam européen, accusée par ses détracteurs de fondamentalisme camouflé sous un discours réformiste.

7sur7.be

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