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Procès putsch manqué : le Touareg reconnait avoir reçu 8 millions de la part de Zida  10 juillet
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ZOODOACTU.Le sergent-chef Roger Koussoubé dit le Touareg a été appelé à la barre ce mardi 10 juillet 2018. Poursuivit pour attentat à la sûreté de l’Etat ; meurtre ; coups et blessures volontaires ; dégradation volontaire aggravé de biens ; incitation à commettre des actes contraires au règlement et à la discipline, il a déclaré reconnaitre partiellement les faits qui lui sont reprochés.

Attentat à la sûreté de l’Etat ; meurtre ; coups et blessures volontaires ; dégradation volontaire aggravé de biens ; incitation à commettre des actes contraires au règlement et à la discipline, sont les chefs d’accusation qui pèsent sur le sergent-chef Roger Koussoubé dit le Touareg de son implication dans le dossier du coup d’Etat manqué du 16 septembre 2015. Le prévenu a déclaré reconnaitre partiellement les chefs d’accusation cités par le président du Tribunal, Seydou Ouédraogo. Il s’explique : « le 16 septembre 2015, j’étais en ville et c’est aux environs de 13 heures que l’adjudant Jean Florent Akowè Nion m’a appelé et m’a demandé de venir au palais. Quand je suis arrivé aux environs de 14 heures les autorités étaient en train d’etre amenés au palais. J’ai vu deux véhicules prêts à démarrer. L’un était conduit par l’adjudant-chef Moussa Nebié dit Rambo. Je suis monté à bord car j’ai vu l’adjudant Jean Florent Akowè Nion qui m’avait appelé. Une fois assis, il m’a informé qu’il s’agissait d’une énième crise et qu’on devait aller chercher le général ». A travers cette explication, le prévenu se dédouane des faits qui lui sont reprochés. Il est catégorique, il ne savait pas qu’un coup d’Etat a été opéré car il n’a assisté à aucune réunion préparatoire a-t-il indiqué. Il soutient ses propos en confiant que c’est d’ailleurs le lendemain qu’il a su à travers les informations diffusées sur la télévision nationale. Il a saisi l’occasion pour remettre en cause des déclarations faites par l’adjudant Jean Florent Akowè Nion et l’adjudant-chef major Badiel Eloi. Il faut rappeler que lors de son interrogatoire, le premier avait confié à la barre qu’il dormait et que c’est le sergent-chef Roger Koussoubé et l’adjudant-chef major Badiel Eloi qui l’ont réveillé pour l’informer que sur instruction du général, ils doivent faire un coup d’Etat. Le second quant à lui avait confié que c’est le sergent-chef Roger Koussoubé qui est venu le voir pour l’informer que sur instruction du général, ils doivent arrêter le président de la Transition, son Premier ministre et deux autres ministres. Le prévenu ne va pas corroborer les dires de ces derniers. Il estime que ce que l’adjudant et l’adjudant-chef avaient déclaré à la barre le concernant est carrément faux. Pour donner plus de crédibilité à sa déclaration, il va confier que l’adjudant-chef major Badiel Eloi est plus gradé que qui, par conséquent, s’il avait porté à sa connaissance un pareil message, il devait le faire arrêter. Son conseil Me Alexandre Sandwidi va le soutenir en déclarant : « les gens sont passés raconter des choses sur lui ; mais il est venu rétablir la vérité concernant sa participation lors des évènements ». Il va renchérir que : « Depuis le début de l’interrogatoire, c’est maintenant qu’on apprend les vrais faits ».

A la suite de l’intervention de son conseil, le prévenu est revenu sur les missions qu’il a effectuées. Il explique que le 17 septembre vers 19 heures, ils ont appris que l’émetteur qui permettait au président du Conseil national de la Transition (CNT), Chériff Sy d’appeler à la résistance, se trouve à la radio Savane FM. A l’en croire, par curiosité, il s’est rendu au siège dudit média en compagnie du sergent Ousmane Djerma et deux agents de l’ARCEP ou ils ont procédé à l’enlèvement du matériel. C’est d’ailleurs le seul fait qu’il se reproche en réponse à Me Idrissa Badini avocat de la défense qui a voulu savoir le chef d’accusation qu’il reconnait partiellement.

Un troisième groupe fidèle à Djibrill Bassolé
Tout comme certains qui sont passés avant lui, le prévenu du jour va confirmer que le Régiment de sécurité présidentielle (RSP) à l’époque, traversait une crise. Contrairement aux autres, ce prévenu va confier qu’il existait trois camps au lieu de deux, au sein de ce régiment. A l’en croire, le groupe des sous-officiers supérieurs composé de Badiel, Nion, … répondait du général Djibril Bassolé, un second groupe qui est resté fidèle au corps et le troisième qui est pro-Zida. En ce qui concerne le groupe fidèle à Bassolé, le Touareg ira plus loin en soulignant qu’un jour l’adjudant Jean Florent Akowè Nion lui a confié que si dorénavant une crise s’éclatait au Burkina, le général Djibrill Bassolé était bien placé pour diriger le pays. Sur insistance de Me Séraphin Somé, avocat de la partie civile de s’avoir davantage concernant le groupe fidèle au général Bassolé, le prévenu va indiquer que le procès n’est qu’à ses débuts, et que par la suite, l’on verra que l’ex-chef d’état-major de la gendarmerie ne se retrouve pas par hasard parmi les accusés. Et d’ajouter qu’avant pendant et après le putsch, le major Badiel Eloi est celui qui informait Djibrill Bassolé de tout ce qui se passait.
Pour ce qui est de ses relations avec l’ex-Premier ministre à l’époque, le lieutenant-colonel Yacouba Isaac Zida, le Touarèg a confirmé qu’il a travaillé avec ce dernier qui a souhaité qu’il le renseigne sur ce qui se passait au sein du corps. Il explique qu’il le faisait par le canal du capitaine Flavien Kaboré. De même, il souligne qu’il faisait un compte rendu à ses supérieurs des relations qu’il entretenait avec le chef du gouvernement. L’accusé a reconnu par la même occasion avoir reçu de la part du lieutenant-colonel la somme de huit millions de francs CFA.

Edoé MENSAH

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Il y a 1 commentaire(s) pour cet article

posté le 11 juillet 2018, par Ka

Enfin, nous allons tout savoir avant la fin de ce procès : ‘’’Les généraux en carton qui utilisaient les maladies imaginaires pour fuir le pays et échapper à la justice, doivent cesser de prendre les Burkinabé pour des idiots et des aveugles, car le jour et la nuit ne sont à Comparé.’’’ Le prix du sang se paie tôt ou tard sur terre avant le séjour final : Et personne ne peut y déroger. Que Gilbert Diendéré, Djibril Bassolé et consorts, sachent que si on a semé la mort, il faut s’attendre à la récolté.
On sait pourquoi la première chose que vous les les faiseurs de coups d’état font en suspendant la Constitution et devenir des hors la loi ! Ce que vous méritez, c’est de vous condamner, et vous radier purement et simplement pour que le Burkina retrouve la paix et la réconciliation nationale.


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