Devant le tribunal
Devant le tribunal : il n’y a pas de menaces de mort, estime le procureur .  24 juillet
Version imprimable de cet article Version imprimable

ZOODOACTU.Traoré Sékou a été cité à comparaitre devant le Tribunal de grande instance de Ouagadougou pour répondre de faits de menaces de mort. Ouédraogo Bertrand est la partie plaignante, et les deux devaient s’expliquer ce 19 juillet devant le tribunal correctionnel.

Il s’agit en fait d’une relation d’affaires qui a mal tourné. Tous les deux sont des personnes qui font de l’élevage. Ils se sont connus via Facebook. Par ce biais, Sékou approche Bertrand ensuite et lui demande des œufs de dindes. Il se rend par ailleurs chez celui-ci pour constater son lieu d’élevage, situé à quelques encablures de Ouagadougou.

Bertrand, qui avait des œufs de dinde mais qui ne voulait pas les vendre, lui demande d’attendre afin qu’il se renseigne sur le prix au marché. Peu de temps après, il livre 26 œufs à Sékou, pour un prix total de 120 000 FCFA.

Il ne reçoit cependant pas son argent. Avec tout cela, Sékou l’appelle un jour pour lui demander deux couples de dindons blancs. Il s’exécute, pour un montant total de 130 000 FCFA. Cette fois-ci encore, il ne récupère pas son argent.
Quelques mois après, Bertrand, à son tour, appelle Sékou et lui demande 80 pintadeaux. Il y consent, lui aussi, et fait la livraison. Sur le champ, Bertrand ne paie pas. Il demande à Sékou de le suivre à une banque non loin pour un retrait d’argent. Les deux se suivent. Sékou reste dans sa voiture, à attendre plus de 45 minutes. Peu de temps après, un homme vient lui tendre une enveloppe contenant de l’argent, en lui expliquant que c’est Bertrand qui a remis pour lui. Il ouvre et compte, mais le montant pour les 80 pintadeaux n’est pas effectif. Il appelle Bertrand et lui demande pourquoi cela. Celui-ci répond qu’en fait, il a soustrait les 250 000 FCFA que Sékou lui doit.
Celui-ci n’en revient pas. Il se rend chez Bertrand, qui était absent, trouve sa mère et lui explique qu’il va faire enfermer son fils. La mère négocie. Quelques jours plus tard, celle-ci lui donne la somme de 50 000 FCFA, à l’insu de Bertrand, promettant verser le reste après. Mais Bertrand apprend l’affaire. Il se rend aussi à la gendarmerie, et retire une convocation pour Sékou. Il envoie une autre personne pour la lui remettre, et celui-ci revient avec sa chemise en haillons, parce que brutalisé par Sékou.

Une seconde fois, il lui envoie une autre convocation et se rend lui-même avec un gendarme en civil à l’appui chez Sékou. Il attend patiemment que celui-ci rentre. Dès qu’il arrive et l’aperçoit, il lui dit de plus jamais remettre les pieds chez lui, ni au bureau, sinon, ce qui lui arrivera sera de sa faute.

Bertrand sort, se concerte avec le gendarme, qui entre et remet la convocation à Sékou. C’est donc suite à tout cela que Bertrand a cité Sékou à comparaître pour menaces de mort. Il explique qu’il le fallait, parce que vu la violence que celui-ci a fait au premier envoyé et qui est revenu avec des haillons, il ne sait pas de quoi Sékou est capable.

Le Procureur a cherché à savoir si Sékou a prononcé les mots qui disent clairement qu’il va le tuer. Non, pas clairement, répond Bertrand mais il estime que cela s’y apparente… Toute chose que le procureur ne comprend pas, car il faut des preuves concrètes. Il estime qu’il n’y a pas de menaces de mort, surtout qu’il n’y a pas de témoin. Il requiert de ce fait la relaxe au bénéfice du doute de Sékou. Délibéré au 02 août 2018.

Claire Lebœuf

Répondre à cet article

 

 

ZOODO TOP TEN