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Banque mondiale : accélérer la transformation économique de l’Afrique  20 mars
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ZOODOACTU.Les ministres des finances du G20 se sont réunis en Allemagne la semaine dernière pour trouver ensemble des solutions aux principaux défis auxquels l’économie mondiale est confrontée. Ils ont en particulier évoqué le changement climatique, les flux migratoires et les situations d’urgence humanitaire, notamment la famine qui frappe ou menace des pays d’Afrique subsaharienne et du Moyen-Orient.

Je suis sorti de cette réunion conforté par la volonté commune de s’attaquer à des problèmes cruciaux. J’ai pour ma part indiqué les efforts menés par le Groupe de la Banque mondiale pour mobiliser une enveloppe d’au moins 1,6 milliard de dollars au profit des pays touchés par la famine, avec l’objectif d’orienter les fonds vers les populations les plus vulnérables.

Cette réunion du G20 présidée par l’Allemagne, a surtout donné la priorité à la croissance et au développement de l’Afrique subsaharienne. Outre la famine qui sévit sur une partie du continent, l’Afrique doit être notre principale préoccupation pour de nombreuses raisons.

La fin du super cycle des matières premières a frappé de plein fouet la région. En 2016, les pays exportateurs ont dû ajuster leur politique économique pour faire face à la faiblesse des cours mondiaux. Le PIB régional par habitant s’est donc contracté de 1,1 % en 2016, et la croissance de l’Afrique subsaharienne a ralenti à 1,5 %, son plus bas niveau depuis plus de deux décennies. Les flux de capitaux en direction de l’Afrique, notamment les investissements directs étrangers, ont aussi diminué tandis que la croissance globale des investissements était quasiment nulle en 2015, contre une moyenne de 5 % sur la période 2010-2015.

Mais l’Afrique affiche une résilience économique remarquable : 41 % de sa population vit dans des pays qui enregistrent des taux de croissance supérieurs à 5,5 %. Même si la région continuera de s’adapter à la baisse des prix des matières premières en 2017, elle devrait connaître une légère reprise, avec une croissance projetée à 2,9 % et qui se consoliderait à 3,5 % en 2018. La communauté internationale doit contribuer à créer les conditions propices à une croissance plus soutenue et un développement plus durable.
Au mois de décembre dernier, une soixantaine de pays développés et en développement se sont engagés à verser un montant record de 75 milliards de dollars à l’Association internationale de développement (IDA), notre fonds pour les pays les plus pauvres. Près de 60 % de ces ressources seront consacrées à l’Afrique subsaharienne au cours des trois prochaines années, ce qui permettra de doubler le soutien apporté par l’IDA à cette région.

Cette aide de l’IDA permettra aux pays africains d’avoir accès à des ressources importantes par le biais de mécanismes de financement spéciaux, pour appuyer des programmes régionaux et d’aide aux réfugiés. Le continent devrait notamment bénéficier d’une initiative pour atténuer les risques et mobiliser les investissements privés, en particulier dans les pays politiquement et économiquement fragiles.

L’une des priorités consiste en effet à aider les pays africains à investir, en partenariat avec le secteur privé, dans des infrastructures qui font aujourd’hui cruellement défaut. Les besoins du continent en la matière sont estimés à 93 milliards de dollars par an, soit environ 15 % de son PIB. L’Afrique investit à l’heure actuelle 45 milliards de dollars dans les infrastructures, dont plus de la moitié est financée par le secteur public. On voit donc que le manque de financements est immense, alors que l’on sait que les investissements dans l’infrastructure ont un impact considérable sur la croissance à long terme.

Par ailleurs, le monde développé dispose de milliers de milliards de dollars de capitaux qu’il cherche à faire fructifier. Les pays en développement offrent d’immenses opportunités d’investissement pour le secteur privé, notamment dans le secteur des infrastructures, qui joue un rôle capital pour l’emploi et la croissance. Nous nous efforcerons de combler le grave déficit de financements dans ce secteur en travaillant main dans la main avec les pouvoirs publics et en utilisant nos ressources pour atténuer les risques et attirer plus d’investissements privés.

Le 20 mars, j’entame une visite en Tanzanie et au Rwanda afin de mieux comprendre les succès de ces deux pays et de tirer des leçons de leurs innovations. J’espère que ce voyage nous donnera l’occasion de trouver des moyens de renforcer la coordination avec le secteur privé, dans le cadre des efforts que nous menons pour aider nos pays clients à améliorer le climat des affaires et à mobiliser de nouvelles ressources.

En ces temps incertains, le Groupe de la Banque mondiale va intensifier son appui aux pays d’Afrique subsaharienne afin de les aider à réformer et diversifier leur économie pour renouer avec la croissance. Les dirigeants vont lancer des réformes de troisième et de quatrième générations qui conduiront à une transformation structurelle de l’Afrique. Ils sont conscients que ces réformes seront difficiles, mais qu’ils devront les mettre en œuvre sans plus attendre et en agissant parallèlement sur de nombreux fronts.

Ce sentiment d’urgence animera l’ensemble des activités du Groupe de la Banque mondiale en Afrique au cours des trois prochaines années. Ensemble, nous pouvons aider les pays africains à accélérer leur transformation économique et à répondre aux attentes des populations au service desquelles nous travaillons.

Jim Yong Kim est le président du Groupe de la Banque mondiale.

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