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Sit-in suspendu temporairement à l’Hôtel Silmandé : l’Unité d’action syndicale (UAS) invite les travailleurs à examiner le piège tendu  8 septembre
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ZOODOINFOS.Un sit-in était prévu ce jeudi 7 septembre 2017 dans la matinée au niveau de l’hôtel Silmandé. Les protestions des travailleurs licenciés allaient reprendre de plus belle. Ces derniers étaient restés sans suite par rapport à leurs revendications, malgré les interventions du Ministre en charge du tourisme, et celui de la Fonction Publique. Grande surprise, à la veille de la manifestation, hier, le mercredi 6 septembre, le ministère de la Fonction Publique envoie une correspondance à la bourse du travail. Cette note qui comporte des recommandations délivrées par la direction de l’hôtel, fait des concessions unilatérales, inadmissibles, selon l’UAS. Mais pour que les travailleurs n’aillent pas se mettre l’opinion nationale sur le dos, l’UAS a organisé d’urgence avec le groupe syndical, une assemblée générale cette matinée du jeudi 7 à la bourse du travail, pour, disent-ils, éviter le piège.

Le but de cette assemblée général est suite à la crise qui prévaut à l’Hôtel SOPATEL Silmandé, crise débutée depuis le mois de mai 2017. Le syndicat des travailleurs voulaient en finir une bonne fois pour toute. Ils en avaient marre d’attendre, surtout après les multiples interventions des autorités qui n’avaient porté aucun fruit. C’est ainsi qu’ils avaient prévu de reprendre les grèves et sit-in, actions auxquelles l’Unité Action syndical (UAS) leur avait demandé de sursoir. Subitement la veille de leur sit-in prévu ce jeudi 7, le ministère de la fonction publique transmet une correspondance au niveau de la Bourse du Travail. Une correspondance qui comporte des décisions qui ne sont pas du tout partagées par les syndicalistes. Un piège, selon eux, pour manipuler et monter l’opinion contre eux. En tout cas, la grande salle de rencontre de la Bourse de travail, a connu une importante mobilisation, avec le soutien de l’UAS et de plusieurs groupements syndicaux, ce jeudi 7 septembre 2017 à l’assemblée général.

Cette correspondance, un piège, selon eux
Selon Bassolma Bazié, Secrétaire Général de la CGTB, Président de Mois des centrales syndicales, présidant par ailleurs la présente assemblée, cette correspondance n’est pas acceptable, et n’est pas compréhensible. « Comment un ministre qui dit gérer une crise entre deux parties, une lui envoie ses propositions, et du haut de son autorité il n’émet aucune appréciation, mais se permet de nous les balancez comme cela. Normalement il devait analyser le contenu du document, ensuite joindre une correspondance, puis nous l’adresser quitte même à convoquer une rencontre pour qu’ensemble nous puissions échanger », a-t-il expliqué. Aussi, a-t-il ajouté, dans la correspondance, concernant les premiers licenciements qui étaient à l’origine du problème et ont occasionné la solidarité des travailleurs, la direction général de l’hôtel nous impose des décisions irrecevables. Elle indique que tout en acceptant reprendre un certains nombres de travailleurs, les 4 travailleurs qui à l’époque auraient tenue des propos diffamatoire ou des injures dans la presse ou sur les réseau sociaux, ne jouiront pas de cette décision. « Il n’appartient pas au Directeur Général de Silmandé de dire je te licencie parce que tu as eu à tenir des propos diffamatoire dans la presse ou sur les réseaux sociaux » a défendu le Sécrétaire Général de la CCTB. Poursuivant ses propos, il évoque également le cas des deux personnes qui avait été incriminé pour soit disant, être plongé dans des malversations. « L’UAS ne peut admettre, ni protéger un travailleur qui est plongé dans des malversations .Mais nous disons qu’il faut toujours utiliser les voix habilités légales, compétentes pour indiquer les preuves de cette plongée et prendre des décisions qui siéent » a-t-il exprimé avant de poursuivre « On ne peut pas s’assoir dans son bureau, en tant que patron, faire son propre audit et prendre des décisions comme si on était une voix judiciaire légale, compétente, officielle et reconnue ». Ce document pose véritablement un problème, car les travailleurs qui ont été licenciés pour des raisons de malversations, ne peuvent plus être réintégrés d’après la correspondance. Chose impensable selon l’UAS, puisque jusque-là, ces derniers n’ont pas encore été entendus par une structure compétente en la matière.

Ils voient le sit-in et transmettent la correspondance : c’est de mauvaise foi

Selon Bazié Bassolma, la Direction Générale de l’Hôtel, ayant vu l’annonce du sit-in, s’est permis d’envoyer une correspondance rapidement au niveau du ministère. « Cela montre et prouve que ça été fait de mauvaise foi » a-t-il dit. L’UAS, se disant habituée des coups souvent fourrés des autorités et du milieu privé, a estimé qu’il avait un piège à quelque part. Le but, selon elle, c’est consister à réprimer le sit-in et à s’adresser à l’opinion nationale en disant que la direction de l’hôtel a fait des propositions, de ce fait, elle ne peut donc pas comprendre pourquoi les travailleurs vont encore en sit-in. Voyez-vous un peu ? C’est la raison pour laquelle, l’UAS a demandé de sursoir au sit-in, pour prendre compte du contenu de cette correspondance. Salif Sawadogo, délégué à la parole des travailleurs licenciés, se réjouissant de la tenue de cette rencontre, à remercier l’UAS, pour le piège, dit-il, qu’ils ont pu éviter de justesse. Il faut une solution, a-t-il poursuivi. « Cela fait 4 mois que nous souffrons, la rentrée s’annonce et cette année ce n’est pas sûr que nos enfants aillent à l’école. Nos familles souffrent. Rien ne va. Nous voulons la réintégration pure et simple » a-t-il exprimé. Une collecte a été faite à la fin de l’assemblée pour soutenir les travailleurs licenciés de l’hôtel Silmandé. Il ont également indiqué qu’une correspondance sera adressée au ministre de la fonction publique pour lui demander de convoquer dans les meilleurs délais une rencontre tripartite pour statuer sur les point du document qui n’est pas acceptable à leur avis. Une autre sera aussi adressée au président du Faso pour rappeler le contenu de la correspondance du 1er juin qui lui avait été adressé. Tout le processus engagé depuis lors, lui sera rappelé. Les travailleurs licencié de leur côté, se sont mis à se concerter automatiquement pour convoqué une nouvelle date de sit-in. L’UAS en plus des autres groupements syndicaux présents, promettent de grandes mobilisations très prochainement, si toute fois les autorités ne réagissent pas.

Rappelons les faits…
Suite aux licenciements des travailleurs à Silmandé, il y a eu des rencontres qui avaient été initiées par le Ministère de la Culture, du Tourisme et de l’Hôtellerie. La suite, une correspondance le 29 mai, avait été transmise à la direction de l’hôtel demandant la réintégration de l’ensemble des travailleurs. A l’endroit aussi des travailleurs, il avait été instruit de sursoir à toute revendication. Une décision que les travailleurs ont exécuté. A la grande surprise, la Direction Générale de l’hôtel avait poursuivi les licenciements. Près de 80 licenciements. Face à ces licenciements, la Direction Générale du travail a tenu une rencontre avec les licenciés et la direction général de l’Hôtel. Une correspondance avait été encore produite. Dans celle-ci, la Direction Générale de travail avait aussi estimé que les licenciements étaient vraiment abusifs et qu’il fallait réintégrer l’ensemble des travailleurs, quitte à poursuivre la procédure normale de licenciement. Selon les plaignants, le directeur général de l’Hôtel Silmandé , ne voulant pas s’exécuter et pour les narguer s’est donner la joie de tenir des propos xénophobes comme suite : « Je ne suis pas burkinabè. Je n’ai pas de femme burkinabè, ni aucun parent. Je connais le système judiciaire du Burkina et l’affaire pourrait faire 5 ans dans les couloirs de la justice, d’ici peu, mon contrat fini, je vais partir donc ça ne m’engage pas » .Des propos vraiment déplacés. « Vous savez très bien qu’au Burkina, les gens sont tellement éduqué, rangé et discipliné .Nous n’avons pas l’habitude de toiser un étranger parce qu’il n’est pas du pays, parce que nous considérons que nous sommes tous africains .Même si cet étranger n’est pas un africain, ici, nous n’avons pas l’habitude de toiser quelqu’un parce qu’il est étranger sur notre territoire. » défendra Bassolma Baziè, lors du récit des faits qu’il livrait à la presse cette matinée du jeudi. Mais, préviendra-t-il, il ne faut pas avoir des comportements qui vont inciter les uns et les autres à sortir de leur réserve et poser des actes qui pourraient être assez regrettable. Poursuivons. Donc à l’issue de la rencontre avec les travailleurs le 1er Juin, l’Unité d’Action Syndicale a fait un déplacement pour leur apporter du soutien. Après cette date, une correspondance a été adressée au Président du Faso pour attirer son attention sur les décisions qui ont été prises par le ministre de tutelle, la Direction Générale du travail et le Ministre du Travail, décisions, qui, contre toute attente ont toutes été piétinées. Pire. Le premier ministre a même demandé à rencontrer les 2 parties, mais la Direction Générale de l’Hôtel, selon les propos de Bassolma Baziè, a estimé qu’elle n’avait pas le temps. Partie donc à Genève pour une rencontre, l’UAS, le 11 juin, rencontrera la délégation gouvernement avec le ministre de la Fonction Publique en tête et ce fut l’occasion d’évoquer le problème. C’est inadmissible, leur dira le ministre, en les rassurant que de retour au pays, au prochain conseil de ministre, ce problème serait réglé. Rien de tout cela. Ne voyant rien venir, l’UAS, a envoyé encore une correspondance au ministre de la fonction publique pour exiger la convocation d’une rencontre tripartite. Cette rencontre aura lieu le 26 Juin. A la fin de la rencontre, la délégation gouvernement s’est retiré et est revenu livré des résultats qui était que, tous les travailleurs devraient être réintégré d’autant plus qu’ils n’ont pas été licencié conformément aux textes. Aussi les travailleurs aussi devraient sursoir à leur revendication. Ensuite de ce fut un long temps de patience et de silence. Donc du 27 juin jusqu’à l’heure où nous vous parlons ce n’est qu’hier, le 6 septembre, à la veille du sit-in prévu que l’UAS reçoit une correspondance de la part du ministère de la fonction publique en provenance de la Direction Générale de l’hôtel.

Hermann Guingané

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