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ASSASSSINAT DU JOURNALISTE NORBERT ZONGO : Le lieu du drame immortalisé  23 décembre 2012
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ZOODOINFOS.En marge de la commémoration du 14è anniversaire de l’assassinat du directeur de publication de L’Indépendant, Norbert Zongo, le lieu où s’est produit le drame, 7 kilomètres de Sapouy environ 70kms de Ouagadougou a été marquée par une plaque. C’était le 20 décembre 2012 sur le lieu de l’assassinat.


Route Ouaga-Sapouy, dimanche 13 décembre 1998. A 7 kilomètres de Sapouy en allant à Léo (170 kilomètres de la capitale burkinabè), sur une voie non bitumée et en mauvais état, un véhicule avec quatre occupants dont le directeur de publication de l’Indépendant, Norbert Zongo est forcé à l’arrêt par cinq à six personnes cagoulées en arme qui tirent sur le véhicule. Le récit est fait ce 20 décembre 2012 par Cherif Sy, un des membres de la Commission d’enquête internationale sur l’assassinat de Norbert Zongo. Après les tirs, le véhicule fut incendié poursuit Sy, qui relève qu’un éleveur fut le témoin oculaire du drame. 14 ans après, le lieu du quadruple meurtre a été immortalisé par une plaque en attendant la pose de la stèle.

Trois corps calcinés étaient à l’intérieur du véhicule et un autre, celui du chauffeur était à terre à quelques mètres du véhicule qui a tenté de s’extirper de la voiture. Visible par son positionnement, la plaque dressée à quelques mètres du bitume représente une caricature de Norbert Zongo et le symbole du sabre d’où coule le sang. Dorénavant, les passagers et les riverains devront s’habituer avec. Du reste, les regards des usagers de la route Léo-Sapouy se montraient hagards et curieux sur le petit monde composé pour l’essentiel de journalistes au pied de la plaque.

Visages crispés, regards parfois cachés sous les lunettes de soleil, crachats, des morceaux de kleenex qui tombent par ci par là, de timides applaudissements après les témoignages ; le 20 décembre 2012, 14ans après le quadruple meurtre de Sapouy, les souvenirs demeurent et les prières de l’association des femmes en noir sont pour le repos des âmes des défunts et pour que justice soit faite. « Les guignols ont décidé autrement de la vie de Norbert Zongo » a déclaré le frère du défunt, Aubin Zongo porteur du message de la famille de Norbert Zongo. Ce qui est sûr, il y aura justice avec ou sans les Compaoré ». Pour ceux qui ont mené les manifestations et était au devant du collectif des organisations démocratiques et de masse, c’est une revanche et une satisfaction d’immortaliser le lieu de la tragédie. « En 2000, ça a été extrêmement difficile de poser la stèle, le convoi amenant les gens de Ouagadougou a été bloqué par les forces de l’ordre à cinq kilomètres de Sapouy » se remémore Me Halidou Ouédraogo, pendant longtemps président du collectif. « J’ai pitié de ce lui est arrivé. Un humain ne doit pas ça à un autre humain. On m’a traumatisé » a affirmé Abou Nama qui s’est engagé sous une voie tremblotante et pleine de chagrin à veiller sur la plaque. « C’est un devoir de mémoire » souligne pour sa part le fils ainé de Norbert Zongo, Guy Zongo qui avait 18ans le 13 décembre 1998, le jour du drame. La meilleure manière de perpétuer l’œuvre de Norbert Zongo, il faut que les jeunes journalistes cultivent l’excellence, le professionnalisme et d’être les avocats de la veuve et l’orphelin conseille Cheriff Sy.

Norbert Zongo, directeur de publication de L’Indépendant a été assassiné le 13 décembre 1998 en compagnie de trois compagnons d’’infortune. Sa mort a provoqué une vague de manifestations pacifiques et violentes qui a abouti à la mise d’une commission d’enquête indépendante. Après des investigations, la CEI a estimé que Norbert Zongo a été tué parce qu’il enquêtait sur le meurtre de David Ouédraogo, chauffeur du frère cadet du président du Faso, François Compaoré et désigna six suspects sérieux. En 2006, le dossier fut classé faute de preuves pour inculpé les suspects. Entre temps, le meurtre de David Ouédraogo, dossier sur lequel enquêtait Norbert Zongo fut jugé et des peines d’emprisonnement ont été prononcées contre des militaires. Tous était en service au service de sécurité présidentielle.

Henry BOLI

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