Le mercredi 9 septembre 2026, Bazié, un militaire, a comparu devant la chambre correctionnelle du Tribunal de grande instance (TGI) de Ouaga I pour des faits d’excès de vitesse, de défaut de maîtrise et d’homicide involontaire à la suite d’un accident de la circulation ayant coûté la vie au contrôleur général de police Millogo, précédemment directeur de la Police judiciaire à la Direction générale de la Police nationale.
Les faits remontent au début du mois de juillet 2026. À quelques mètres de la devanture de l’hôpital Paul VI, le prévenu, qui revenait d’un maquis à Tampouy tard dans la nuit avec une amie qu’il avait remorquée sur sa moto de marque Exiter, cherchait à regagner son domicile à Kamboinsin. Au même moment, la victime traversait la voie à pied.
La victime avait réussi à franchir la voie devant des usagers avant d’être percutée par le prévenu. Trois semaines après l’accident, elle a succombé à ses blessures. Le prévenu a ensuite été convoqué devant le parquet avant d’être placé à la MACO.
« Je n’ai pas pu freiner »
À la barre, le tribunal a demandé au prévenu de revenir sur les circonstances de l’accident.
« J’ai bu une bouteille de bière au maquis avec des amis. L’accident s’est passé juste devant l’hôpital Paul VI. J’avais remorqué quelqu’un. La victime était en train de traverser la voie », a-t-il expliqué.
« Vous l’avez aperçu ? », lui demande le tribunal.
« Oui, je l’ai aperçu. »
« Vous n’avez pas pu l’éviter ? »
« Non, je n’ai pas pu freiner. »
« Étiez-vous en vitesse ? »
« Non, je roulais normalement. »
« Quelle heure était-il ? »
« Entre 23h et 00h. »
Interrogé sur l’état de la victime après le choc, le prévenu répond : « Il était vivant, couché. »
Le procureur revient alors sur la vitesse à laquelle circulait le prévenu : « Vous dites que vous n’étiez pas en vitesse, alors que le choc a provoqué la mort de la victime ? »
« Je n’étais pas en vitesse », maintient le prévenu.
La vidéo des caméras projetée à l’audience
Au cours de l’audience, une vidéo issue des caméras de surveillance de la zone a été projetée. Les images montrent la victime traversant la voie de la gauche vers la droite. Un véhicule lui laisse le passage, suivi d’une moto. La victime parvient à franchir une partie de la chaussée avant d’être percutée par la moto conduite par le prévenu.
Le tribunal donne ensuite la parole au représentant de la famille du défunt.
« C’est mon frère aîné. Il habitait à Rimkièta. Quand on m’a appelé, je suis allé à l’hôpital. Le choc était violent. Il délirait. De Yalgado à Tengandogo, nous avons fait des soins jusqu’à son décès, le 28 juillet 2026. Nous n’avons pas vu la famille du prévenu vers nous. », témoigne-t-il.
Le témoignage de la passagère
Zara, qui était remorquée par le prévenu au moment de l’accident, est également entendue.
« C’est mon ami, le prévenu. Je ne sais pas ce qui s’est passé. Nous avons quitté Tampouy. Nous étions dans un maquis. Il a pris une bière. Pour la vitesse, je ne sais pas. Moi, je me suis évanouie à la suite de l’accident », relate-t-elle.
Le parquet requiert six mois de prison ferme
Dans sa plaidoirie, l’avocat de la victime estime que la responsabilité du prévenu est établie.
« Il n’y a pas de doute, le défaut de maîtrise a provoqué la mort de la victime. Prière d’en tenir compte », plaide-t-il.
Dans ses réquisitions, le ministère public soutient que les faits sont établis.
« Le prévenu a reconnu les faits. Dans la vidéo, la victime a pu traverser avec les autres usagers. Arrivée au niveau du prévenu, elle a voulu traverser, mais comme il y avait de la vitesse, il a manqué de maîtrise, ce qui a causé la mort de la victime. Les faits qui lui sont reprochés sont établis », estime le parquet.
Le ministère public requiert ainsi six mois de prison ferme et une amende ferme de 250 000 FCFA.
La défense sollicite le sursis
Pour l’avocat du prévenu, il n’est pas question de contester l’accident.
« Au nom de mon client, nous présentons nos condoléances. Nous sommes conscients de la sensibilité de la situation. Nous ne contestons pas l’accident. Mon client comparaît pour la première fois devant un juge. Nous sollicitons le sursis », plaide-t-il.
Il ajoute que son client s’était rendu aux urgences le lendemain de l’accident et qu’il n’avait pas pu obtenir l’identité du défunt. Il indique également que la famille de son client entendait se rendre auprès de la famille du défunt pour présenter ses condoléances.
À la barre, le prévenu prononce finalement quelques mots : « Je demande pardon. »
15 mois avec sursis et 1 million de FCFA d’amende
Dans son délibéré rendu le mercredi 23 septembre 2026, la chambre correctionnelle du Tribunal de grande instance de Ouaga I a déclaré Bazié coupable des faits de défaut de maîtrise et d’homicide involontaire qui lui étaient reprochés.
En répression, le tribunal l’a condamné à 15 mois d’emprisonnement assortis du sursis, ainsi qu’à une amende ferme d’un million de FCFA.
Le tribunal l’a également condamné à payer un million de FCFA aux ayants droit du défunt Millogo, au titre des faits exposés.
Image IA
Par Reine Zongo | Zoodomail.com
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