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Assassinat des deux responsables de l’ODJ : des obstacles rencontrés dans le dossier

Soumis par Redaction le ven 16/08/2019 - 14:14
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L’Organisation  Démocratique de la Jeunesse du Burkina(ODJ), le Collectif contre le l’Impunité et la Stigmatisation des Communautés (CISC) et le Mouvement Burkinabè des Droits de l’Homme et des Peuples(MBDHP) a tenu une conférence de presse le vendredi 16 août 2019 au siège de l’ODJ à Ouagadougou. Il a s’agit d’informer l’opinion nationale et internationale « du refus manifeste », font il savoir  de l’autopsie des corps de Fahadou CISSE  et Hama Balima et bien d’autres crimes.

 

L’ODJ, le CISC et le MBDHP, le vendredi 16 août 2019 à travers cette conférence de presse, unis pour dénoncer une lenteur des procédures judiciaires sur des dossiers saignants qui ont endeuillé le pays. En effet, par rapport aux assassinats de certains de leurs militants, ils soutiennent  qu’il y a un refus manifeste des autorités de faire des autopsies. Il s’agit de  « l’autopsie de Fahadou Cissé et Hama Balima, deux responsables de l’ODJ assassinés le vendredi 31 mai 2019 à Sebba dans la région du Sahel, pendant qu’ils se rendaient à une audience avec le haut-commissaire dans la province du Yagha, et celle du corps de Diakité Saliou mort entre les mains de la gendarmerie , et Abdoul Karim Diallo mort à l’hôpital Yalgado après y avoir été transféré par la gendarmerie de Barsalogho ».

Les conférenciers expliquent que dans le cas de des deux militants de l’ODJ, après avoir réalisé les examens scénographiques, le médecin légiste a déclaré que l’opération ne pouvait se réaliser parce que les corps ont été manipulés et formolés. Tandis que pour les deux cas demandés par le CISC, aucun acte n’a été posé sur les corps jusqu’à leur inhumation le 28 juillet 2019 par les familles respectives suite à des pressions multiformes exercées par la gendarmerie notamment.

Pour Chrysogone Zougmoré, Président du MBDHP, il fallait s’attendre à de telles situations. Il soutient que l’alerte avait déjà été lancée par sa structure lorsqu’il y a eu les exécutions sommaires à Kain. C’était, dit-il, pour éviter par la suite des exécutions ciblés, comme c’est le cas actuellement avec les deux responsables de l’ODJ. Les deux ont reçu des menaces, et après ils ont été assassinés. Au lieu du crime, on voit que les auteurs ont essayé d’effacer les traces, les preuves. Au Burkina, de toutes les attaques terroristes que nous avons connues, il n’y a jamais eu ce type de procédé. Il est clair, soutient-il, qu’il s’agit d’assassinat plutôt que du fait des terroristes.

Selon le Docteur Gabin Korbéogo, président de l’ODJ, ce qui est le plus navrant c’est que les lignes ne bougent pas du côté de la justice. Ni le caractère ignoble et odieux de ces assassinats, ni l’indignation et la réprobation légitimes exprimées par des citoyens et des organisations à l’échelle nationale et internationale n’ont fait bouger les autorités en charge de ces dossiers et leurs maîtres. En revanche, ont fait savoir les conférenciers, en lieu et place d’un traitement diligent et sérieux des dossiers, des responsables de leurs organisations et des proches des victimes font face à la stigmatisation, à des intimidations, à des menaces et à des manœuvres dilatoires. «Les familles des victimes et nos organisations attendent impatiemment que la lumière soit faite sur les assassinats de nos compagnons et ceux de masse tels que de Bahn, Kain, Yirgou et Ziniaré », dira le Docteur, et de souhaiter que les auteurs et les commanditaires de ces différent crimes soient identifiés et punis à la hauteur de leur forfaiture.

 

A qui profitent ces assassinats ?

 

Selon le trio, au regard des obstacles rencontrés dans les procédures judiciaires, il y a lieu de se demander à qui profitent ces assassinats ? De leur avis, le MPP et ses alliés, qui gèrent l’appareil politico-judiciaire et militaire, jouent sur le temps et la lassitude des parents et compagnons de lutte des victimes. « Il mettent les démocrates, progressistes et révolutionnaires à l’épreuve, avec le secret espoir que le temps érode leur moral et leur détermination. En outre, ils tentent de contenir et d’étouffer les aspirations profondes des masses à la liberté, à la justice sociale et bien-être, à travers la répression, la criminalisation des luttes populaires, et les assassinat ciblés et de masse », lira Gabin Korgéogo dans la déclaration liminaire. Il ajoute que l’adoption des nouveaux textes relatifs au Code pénal sur la liberté de la presse illustre bien la volonté de musèlement des organisations authentiques de la société civile, des organes de presse et des défenseurs des droits humains.

 

Malgré tout, rassurent les conférenciers, la lutte ne sera pas abandonnée. Le 31 de ce mois, une marche-meeting est prévue à cet effet dans la capitale. D’autres tiendront dans les différentes régions des activités dans le ce sens.

 

 

Hermann Guingané

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