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Relecture du Code des personnes et de la famille (CPF) : " nous ignorons les objectifs réels des initiateurs ", dixit Oummah Burkina

Soumis par Redaction le lun 24/06/2019 - 07:33
jjaj

La FAIB a appris à travers les médias, la relecture du Code des personnes et de la famille en cours. Par les mêmes canaux, elle a été informée qu'un atelier national de validation de l'avant projet de loi portant Code des Personnes et de la Famille a eu lieu du 17 au 21 juin 2019 à Koudougou.

Par lettre adressée au Ministère en charge de la Justice porteur du projet, avec ampliation au Ministère en charge du culte, la FAIB a fait part de sa préoccupation, au regard de la démarche estimée non participative du processus de la relecture de ce Code. La FAIB a déploré le fait qu'elle n'ait été ni impliquée ni consultée. C'est pourquoi elle a attiré l'attention du Ministère sur le risque d'adoption d'un Code non consensuel. Elle espère que les porteurs de cette révision reverront leur démarche pour plus de consensus autour du futur CPF, objet de toutes les attentions de notre part.

Par ailleurs, il nous a été donné de constater à travers les réseaux sociaux, un appel au public, à signer une pétition en vue du retrait d'une loi relative au code des personnes et de la famille ou encore à la question spécifique de l'âge minimum de mariage pour la jeune fille.

La FAIB voudrait informer le public du Burkina Faso en général et les musulmans en particulier qu'elle n'est nullement mêlée à cette pétition, dont elle ignore les objectifs réels des initiateurs.
Elle invite les fidèles musulmans à placer leur confiance en la FAIB qui a jusque là défendu les causes de la Oumma.

Qu'Allah bénisse le Burkina Faso!

La FAIB

Commentaires

Soumis par Mechtilde Guirma (non vérifié) le lun 24/06/2019 - 14:41

Permalien

Mon cher Oumah,

Merci de m’apprendre que le code des personnes et de la famille a été révisé. Moi aussi je suis d’autant plus étonnée sinon qu’autant que vous de l’apprendre. En effet j’ai été la première à manifester mon désaccord dès le début. J’en ai même fait la critique dans une des conférences qu’organisait le ministère de la culture sous son Excellence Mahamoudou Ouédraogo. Nous étions deux Co-conférenciers, Monseigneur Der qui a examiné la question sociologique et moi la question juridique dans sa doctrine et non dans sa jurisprudence, quand bien même dans ma conclusion j’ai évoqué une question jurisprudentielle.

Bref, quoiqu’il en soit, je rejoins vos inquiétudes, en ce sens que, pour moi, il n’est pas pensable de mettre la charrue devant les bœufs. Je veux dire qu’une révision éventuelle ou obligatoire du code des personnes et de la famille, ne peut se faire avant celle de la Constitution.

En effet, la Constitution devrait reconnaître les bien-fondés du code, c’est la lettre. Ensuite le code définit les critères et les modalités. C’est l’esprit. Je m’explique :

La Constitution est le fondement d’un organisme vivant dans une grande échelle : la grande famille d’une Nation par exemple en l’occurrence burkinabé. Or la famille est cellulaire ou nucléaire. La grande famille est cellulaire. En effet la Nation burkinabé est composé de plusieurs cellules familiales : à commencer par les ethnies, ensuite les religions. Ces cellules se divisent à leur tour en familles atomiques pour ne pas dire les ménages régis par la loi du mariage. Or tout le poids de la société burkinabé (tant du point de vue social, économique ou politique) se repose sur le ménage car sans elle il n’y a pas de famille ni cellulaire ni nucléaire. Et c’est ce monde que les Constitutions visent ou ont vocation d’organiser en un ensemble harmonieux et cohérent en tenant compte bien de la culture, du contexte, du milieux , en reconnaissant leurs valeurs propres et en les protégeant.

En conclusion, si la Constitution pose comme principe premier le respect de ces valeurs à la lettre. Donc il faut qu’à l’esprit, on leur accorde la liberté des pratiques ou des cultes. Il ne sert à rien de reconnaître la liberté religieuse dans la Constitution pour supprimer par la suite leur pratique dans le Code des personnes et de la famille.

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