Devant le tribunal

Chantage affectif de publier des photos nues sur les réseaux sociaux

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C'est de quatre faits d'accusation que répondait B. S. Il s'agit de faits de viol, d'atteinte à la vie privée d'autrui, de harcèlement et de chantage. Devant le Tribunal de grande instance de Ouagadougou, le prévenu, qui est par ailleurs pére de 02 enfants, s'en expliquait ce mardi 07 juillet 2020. 

Voici un bonhomme qui fait la connaissance de deux filles, en l'occurrence demoiselles Ilboudo et Kabré. Selon les chefs d'accusation, et ce qui est écrit sur le procès-verbal qui a été brièvement résumé par le président du tribunal, il est dit en substance que B.S. abusait des deux filles après leur avoir promis de leur trouver un travail et surtout de les avoir pris en photo toutes nues qu'il menaçait de publier sur les réseaux sociaux.  

Ce qui a provoqué cette affaire qui est l'objet de procès est qu'un jour, les deux filles que le prévenu fréquentait sont allées se plaindre à la gendarmerie de Boulmiougou parce qu'il y a une de leur connaissance qui menace de publier des photos de leur nudité sur les réseaux sociaux. Elles ajoutent que celui-ci les a pris en photos, leur fait du chantage chaque fois qu'il veut coucher avec elles, tout cela grâce aux images qu'il a en sa  possession. 

Elles racontent aussi que celui-ci les a pris en photo à leur insu. Outre, elles déclarent que le prévenu les a dépouillées de la somme de 6 000 FCFA entretemps, avec toujours le même chantage des photos. Par ailleurs, elles ajoutent que B. S. a donné leurs numéros de téléphone à deux hommes qui devaient les appeler pour des relations sexuelles et elles ne devaient pas refuser, sous peine de voir encore leurs photos publiées. 

Bref, assez de charges contre le prévenu, en résumé. Mais la version de celui-ci est tout autre. Il explique qu'il connait bien les deux filles, qui sont par ailleurs ses copines. Il sort avec toutes les deux,  font des parties de jambes en l'air puis, il lui arrive de prendre de photos de celle qui est présente avec lui. Cela dans des positions différentes, avec leur consentement.  

Le hic cependant est que bien avant que celui-ci ne commence à les prendre en photo, c'est elles-mêmes qui ont été les premières à lui envoyer leurs photos où elles s'étaient dénudées. La suite donc a été que c'est lui même qui a pris le relais quand il se trouvait avec l'une ou l'autre. 

Le prévenu reconnait tout de même qu'il les a menacées de balancer leurs photos sur les réseaux sociaux. Il cite surtout demoiselle Ilboudo, avec qui il a une relation assez particulière. Il explique que cette menace est survenue parce qu'il avait rendez-vous avec celle-ci, mais elle n'est pas venue. Ce n'était pas la première fois par ailleurs que celle-ci lui posait un lapin, mais cette fois-ci, c'en était trop. Dans l'énervement, il a donc brandi cette menace afin qu'elle s'exécute, d'autant plus qu'il trouvait des excuses avec son employeur pour ne pas aller travailler. Des risques de perdre son emploi donc. 

Rien n'y fit, rétorque l'avocat du ...

Selon l'avocat du prévenu, il s'agit d'une histoire d'amour entre deux personnes qui a mal tourné. Car en fait, demoiselle Ilboudo voulait quitter B. S., et comme celui-ci a deviné les dessous de son comportement, il a voulu ainsi la faire revenir, puis a brandi la menace de balancer les photos. 

Sauf qu'il n'allait jamais le faire, et c'est ce que le prévenu reconnait aussi. Outre cela, les accusations de viol dont les filles ont fait cas ne sauraient être prises pour argent comptant, car c'est délibérément que les deux se laissaient prendre en images, pis, ont été les premières à lui envoyer leur photos intimes. 

Pour ce qui est du chantage pour réclamer la somme de 6000 FCFA, il se trouve que la seconde victime, Kabré, est sortie de son plein gré avec le prévenu, qui a payé des sommes d'argent lors de leurs deux passages dans des maisons closes. Et comme celle-ci aussi est devenue distante envers lui, il a tout simplement réclamé son argent en brandissant encore la menace de mettre à exécution les photos sur Facebook. 

Il demeure cependant que beaucoup de temps s'est passé sans que le prévenu s'exécute, et c'est donc à sa grande surprise qu'il se voit interpellé. Il confie qu'il n'allait jamais commettre un acte de ce genre, mais c'était seulement de l'intimidation ainsi que la voie de la colère qui l'a fait parler ainsi. 

Les deux plaignantes n'étaient pas présentes à l'audience, par ailleurs. Le tribunal a mis l'affaire en délibéré pour le 17 juillet prochain...

Image illustrative

Flora TAPSOBA

 

 

 

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