Devant le tribunal

Devant le Tribunal /Atteinte à l'intimité de la vie privée: «On discutait et il m'a demandé si j'étais couché nu»

Soumis par Redaction le mar 02/03/2021 - 23:09
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O comparaissait devant le TGI de Ouagadougou le 1er mars 2021 pour avoir partagé des nudités de l'amant de sa femme qu'il a eue en usurpant l'identité d'une femme sur facebook. Il répondait des faits d'atteinte à l'intimité de la vie privée.

A la barre, O reconnait les faits. «Il sortait avec ma femme», lance-t-il d'emblée. Ainsi, il relate en substance que S, la victime était l'ancien partenaire de sa femme M. Hélas, en fouillant le téléphone de sa femme un jour, il va découvrir que celle-ci est toujours en contact avec son ex. Interrogée, sa femme se défendra en disant que c'est S qui continue de la harceler. D'où dit-il, il a mis en garde S à plusieurs reprises de s'éloigner de sa femme. Mais quelle ne fut pas sa surprise lorsque de retour d'un déplacement, il trouve sa maison déserte. Sa femme M avait ramassé tous ses bagages et quitté le domicile conjugal.

Se doutant que sa femme a dû rejoindre son amant, O jaloux et furieux, il va se résoudre à tendre un piège à son rival. Pour cela, il usurpe l'identité d'une amie de sa femme sur facebook et lance une demande d'amitié à son rival. Désormais ami avec celui-ci sur facebook, O va séduire S sous couvert de l'identité de l'amie de sa femme jusqu'à obtenir des photos de S, nu. «On discutait et il m'a demandé si j'étais couché nu», fait entendre O avant de poursuivre que de là est partie l'envoie des photos. Des photos que le prévenu indique avoir partagées avec ses deux frères et sa femme M.

Des déclarations qui sont partiellement corroborées par la victime elle-même. S affirme que c'est O en se faisant passer pour l'amie de M qui lui a envoyé en premier des nudités et n'a cessé de lui mettre la pression pour qu'il lui en envoie également. C'est souligne-t-il des photos de son entrejambe qu'il a envoyées à O sans que son visage n'y paraisse.

Après les déclarations des deux parties, la procureure de les interpeller. S'adressant à S, elle lui demande s'il n'a pas suivi l'affaire de "Allons à la patte d'oie" ou celui de "Mouni". C'est, leur fait-elle observer des petits égarements qui peuvent avoir de lourdes conséquences sur votre vie et celle de votre famille. Elle leur rappelle également, que l'image d'une personne fait partie des données personnelles. «On ne prend pas l'image de quelqu'un prise en privée pour publier même si c'est sur whatsApp», martèle le parquet. Et pour clore ses observations, le ministère public de leur demander si finalement à l'issue de cette histoire pour M, l'un deux a pu la garder? «Pendant que vous êtes là, M est dehors avec quelqu'un d'autre qui va la prendre vous laisser», lance la procureure.

Pour ses réquisitions, Madame la procureure a requis que O soit reconnu coupable et condamné à 8 mois de prison, une amende d'un million, le tout ferme. Dans sa plaidoirie, le conseil de O a plaidé la clémence du Tribunal, estimant que son client a juste été victime des excès de son amour pour sa femme.

Le dossier est mis en délibéré pour le 15 mars 2021.

Image illustrative

Florentin  T

 

 

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