Devant le Tribunal : des peines de 36 mois et de 12 mois ferme requis contre les militants de « Le mouvement Sauvons le Burkina »

Soumis par Redaction le Jeu 03/11/2022 - 00:00
dcfvsf

Traoré Abdoul Aziz, Zongo Souleymane, Ganamé Karidiatou, Compaoré Mahamady et Seynou Issouf étaient au Tribunal de grande instance de Ouaga 1 pour répondre de faits de participation à une manifestation illicite, participation à une rixe et coups et blessures volontaires (CBV). Ils n’ont cependant pas pu s’expliquer parce qu’une question de temps s’imposait aux juges, ce mercredi 19 octobre 2022. Une semaine plus tard, soit le 26 octobre, le procès a encore été renvoyé à ce mercredi 02 novembre 2022.

 

 

 

En rappel, tout remonte au mardi 06 septembre dernier. Un groupe de manifestants se réclamant de l’organisation de la société civile, le « Balai citoyen », est allé manifester devant le siège de la Brigade centrale de lutte contre la cybercriminalité (BLCC), au Stade municipal, Joseph Conombo, parce que l’un des leurs, Kambou Ollo, alias Kamao, a été arrêté et déféré suite à des publications sur Facebook la veille, soit le lundi 05 septembre, et qui portaient atteinte à l’intégrité de l’ex chef de l’Etat, Paul Henri Damiba.

 

Kamao était poursuivi pour des faits d’outrage contre un dépositaire de l’autorité publique, faits punis par l’article 352-1 du code pénal. En rappel, il a écopé d’une peine de prison de 06 mois et une amende 300 000 FCFA avec sursis, le 04 octobre dernier.

 

Le 06 septembre 2022, pendant que les militants du Balai citoyen étaient sur les lieux, d’autres membres d’une autre OSC, le mouvement Sauvons le Burkina, est entré en scène pour contrecarrer ceux du Balai citoyen. S’en est donc suivi des échauffourées, et les cinq personnes sus-cités ont été appréhendées et déférées.

 

Guiro Massirou, le plaignant, est du MPRESCA…

 

Voici une histoire qui se retrouve à être jugée, et le plaignant est sieur Massirou Guiro. Il explique qu’il est bel et bien membre du Mouvement plus rien ne sera comme avant (MPRESCA) mais s’est retrouvé sur les lieux, au stade municipal où est logée la BLCC, par hasard, parce qu’il a l’habitude d’y aller tous les jours. Comme justificatifs, il dit qu’il a un ami non loin qui vend de la friperie et qui l’appelle quand il y a de nouveaux arrivages.

 

Le jour de la manifestation, il était sous le hall de la porte 12 du stade, lorsqu’une personne s’approche de lui et demande si c’est bien lui Guiro Massirou. Pendant qu’ils sont en train de parler, d’autres personnes accourent en disant que « le voilà, le nommé Guiro, il ne faut pas le laisser, tabassez-le, tuez-le s’il le faut !».

 

Guiro explique qu’il a été molesté, sans savoir qui a fait quoi, surtout que c’était un mouvement de masse, puis, entretemps, il a perdu connaissance. Il s’est réveillé plus tard et c’était un certain Drabo qui lui tenait la main, qui l’a transporté jusqu’à son véhicule pour le conduire au domicile de son ami commerçant de friperie, habitat qui était non loin des lieux.

 

Plus tard, il est conduit à une clinique de la place, puis, s’en suivent des visites médicales, et jusque là, il doit encore se rendre, à la fin de ce mois de novembre, pour d’autres examens à l’hôpital Saint-Camille.

 

Il réfute le fait qu’il se soit rendu exprès pour la manifestation du Balai citoyen. Car c’était juste pour voir son ami commerçant, mais n’avait pas du tout l’intention de participer à une manifestation qui n’était pas autorisée. Et s’il a été aperçu sur les lieux, ce n’est que le fait du hasard, et encore, même s’il avait voulu s’enquérir de la cause de cette manifestation, il ne connaissait aucun membre du Balai citoyen pour s’informer de la légalité de la chose.

 

Contrecarrer la manifestation, parce que nul n’est au-dessus de la loi…

 

Les 05 prévenus expliquent qu’ils sont sortis suite à une information qui disait que le Balai citoyen comptait se rendre au siège de la BLCC pour exiger la libération de Kamao, un de leurs militants. Pour contrecarrer cet état de fait, étant donné que la justice a été saisie et que nul n’est au-dessus de la loi, il était inconcevable que les choses soient ainsi. Car pour un seul militant, il n’y a pas de quoi mettre en branle tout un arsenal de militants. Ils expliquent qu’ils auraient compris que ce soit pour un soutien aux FDS et VDP, et pour la libération des zones occupées, mais ce n’était pas du tout le cas.

 

D’où donc cette manifestation, illégale aussi par ailleurs, et qui a envoyé toutes ces échauffourées. Le procureur a requis contre 04 prévenus la peine de prison de 36 mois et une amende de 250 000 FCFA ferme, estimant ceux-ci coupables des faits qui leur sont reprochés plus haut. Il requiert cependant contre Seynou Issouf la peine de prison de 12 mois et une amende de 250 000 FCFA ferme, coupable de faits de participation à une manifestation illicite.

 

La défense des prévenus estime que ce procès a l’air d’une procédure de deux poids deux mesures, étant donné qu’aucun militant du Balai citoyen n’a été inquiété, cela durant près de deux mois que les 05 personnes sont à la Maison d’arrêt et de correction de Ouagadougou (MACO). Alors que c’est ceux-ci qui doivent être poursuivis pour des faits de manifestation illicite. Le délibéré est pour ce 09 novembre prochain. 

Image d'archive(wakasera)

 

P PILLERS

Zoodomail.com

 

 

 

Pour vos commentaires, éviter, tout message à contenu diffamatoire, vulgaire, violent, ne respectant pas la vie privée .

Ajouter un commentaire

Cette question sert à vérifier si vous êtes un visiteur humain ou non afin d'éviter les soumissions de pourriel (spam) automatisées.

3 + 5 =
Trouvez la solution de ce problème mathématique simple et saisissez le résultat. Par exemple, pour 1 + 3, saisissez 4.

Les trois dernières publications