Devant le Tribunal : deux chauffeurs de camions de CGE immobiliers trahis par le GPS ?

Soumis par Redaction le mer 26/10/2022 - 21:30
TRFG

Trois agents de la société immobilière CGE étaient devant le Tribunal de grande instance de Ouaga1 (TGI Ouaga1) le mercredi 26 octobre 2022, dont deux pour répondre de faits d’abus de confiance et l’autre, de complicité et non dénonciation.

 

Les deux qui sont poursuivis pour des faits d’abus de confiance sont Issiaka O. et Inoussa O., tous des conducteurs de camions-bennes au sein de la société. Ils sont en charge de transvaser des agrégats, surtout de la latérite, sur des sites en construction de CGE, cela pour le remblai de certaines infrastructures. Le troisième accusé de complicité est sieur Pierre B., de nationalité étrangère, est le chef de chantier.

 

Selon les faits, la société immobilière CGE a acquis un grand espace pour exploiter de la latérite. Les deux chauffeurs et le chef de chantier y travaillent, en compagnie, bien sûr, d’autres employés.

 

Les chauffeurs sont en charge de transporter la latérite pour certains endroits précis, cela sous la supervision du chef de chantier. Les camions sortent après enregistrement avec ce qu’ils transportent pour une destination précise, puis reviennent au garage.

 

Trahis par le GPS ?

 

Il se trouve que Sieur W. Dabilgou, qui est directeur des travaux au sein de la société, remarque par le GPS qu’il y a des choses louches qui se passent, car le trajet des camions-bennes que conduisent Issiaka et Inoussa ne sont pas conformes aux itinéraires qu’ils doivent emprunter.

 

À l’aide donc de ce procédé, les trajets des deux chauffeurs de camion ont été tracés, et il se trouve qu’ils sont allés dans des endroits qui n’ont rien à voir avec leurs tâches, notamment celles de la CGE.

 

Des trajets qui vont à près de 20 km de la ronde, ce qui est suspect, selon le directeur des travaux, qui explique au Tribunal, par une projection PowerPoint à l’appui, ce qui s’est passé, avec les différentes dates pour preuves.

 

Cependant, si le directeur des travaux pense que c’est de la latérite qui a été transportée illicitement, il demeure pour les deux chauffeurs que ce n’est que de la terre végétale. Car sur les lieux acquis par la société, il y a une couche de terre qui doit être décapée, afin d’atteindre la latérite qui est en bas. Et cette couche n’a pas d’utilité, donc il faut débarrasser cela des endroits, au lieu de les encombrer inutilement.

 

Ils maintiennent qu’ils ne sont jamais allés déverser de la latérite chez qui que ce soit, sinon de la terre végétale que certaines personnes ont demandé pour boucher les nids de poules dans leurs rues, surtout que c’était en saison pluvieuse.

 

Le Directeur des travaux explique par ailleurs qu’il est allé sur les lieux des livraisons, cela après avoir eu recours à la traçabilité, et les acheteurs ont expliqué que c’était de la mauvaise terre, donc pas une bonne affaire pour eux.

 

Le Chef de chantier, quant à lui, tient mordicus qu’il n’est, en aucun cas, complice de quoi que ce soit, et donc, ne se reproche rien par rapport à ces suspicions de fraude de latérite.

 

La partie civile estime cependant le contraire, et réclame la somme de plus de 39 millions FCFA comme dommages et intérêts.

 

La procureure a requis aussi pour sa part la peine de prison de 36 mois dont 24 fermes et une amende de 2 millions dont 1 million ferme contre les trois prévenus.

 

Me Yelkouni, du cabinet d’avocats Loyalties, défense des trois prévenus, n’est pas de l’avis de ce que la partie civile et la procureure pensent, car rien ne prouve que c’est vraiment de la latérite qui a été transvasée et revendue à des tiers. Il explique que jusque-là, des taxi-motos et autres personnes viennent emporter cette terre végétale pour laisser les lieux libres, donc, rien ne prouve que ses clients aient détourné de la latérite, même s’il y a eu la traçabilité par GPS. Le délibéré est pour ce 02 novembre 2022.

Image illustrative

P PILLERS

Zoodomail.com

 

 

 

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