Devant le tribunal

Devant le Tribunal : « il a demandé que je lui montre mes cuisses… »

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Le mardi 8 octobre 2019, Ilboudo A était devant le Tribunal de grande instance de Ouagadougou pour répondre des faits de viol et de vols. A la barre, l’accusé a reconnu les faits de vol et a demandé la clémence du Tribunal mais, il a renié les faits de viol dont on l’accuse.

Tout a commencé le 25 juin 2019 quand Ilboudo A a été conduit à la gendarmerie par mademoiselle G A pour vol de son téléphone portable. A la barre, l’accusé est passé s’expliquer.

 

« Il a proposé de me déposer… »

 

Selon la déclaration de la victime, Guira A(photo illustrative) lue par le Tribunal, elle partait à un rendez-vous médical lorsque Ilboudo A l’a abordé et a proposé le déposer à mon rendez-vous, mais en cours de route, il lui raconte qu’il était vendeur de sac à main au marché 10 yaar et le jour qu’elle aura besoin de sac de lui faire signe et à proposer de lui donner son numéro. Il s’est alors arrêté pour qu’elle puisse prendre le numéro en question. Lorsqu’elle a fait sortir son téléphone de son sac, l’accusé l’a arraché de ses mains et lui a demandé de pleurer avant qu’il ne lui rende lui. Chose qu’elle a refusé de faire, sur ce, il demande à la victime de lui montrer ses cuisses avant de rentrer en possession de son téléphone mais elle a refusé et a menacé de crier « au voleur », pris de peur, il a démarré sa moto et s’est fondu dans la nature avec le portable. Malheureusement pour lui, demoiselle, G A avait pris le soin de mémoriser sa plaque d’immatriculation et est allée à la gendarmerie porter plainte. Ainsi, après les investigations, il est apparu qu’effectivement la moto appartenait à l’accusé et rapidement il est localisé et appréhendé. Cette version n’est pas contestée par Ilboudo A qui a demandé la clémence du Tribunal. 

 

« Je voulais m’amuser avec elle »

 

Toutefois, le Tribunal n’était pas au bout de sa surprise, car une autre affaire de vol au préjudice de Nathalie N accablait Ilboudo A.

Selon la version de cette deuxième victime, l’accusé l’a croisé devant la gendarmerie de Saaba faisant semblant de vouloir la draguer, il a demandé son numéro de téléphone, le temps de sortir son appareil, Ilboudo A s’est emparé du téléphone et a pris la poudre d’escampette sans qu’elle ait eu le temps ni de crier ni de voir sa plaque d’immatriculation. Par chance, elle a eu vent de l’interpellation de l’accusé à la lumière de son mode opératoire et s’est déportée à la gendarmerie où elle a reconnu formellement Ilboudo A. L’accusé pour cette fois va nier les faits. Il a reconnu avoir abordé demoiselle Nathalie N, voulant s’amuser avec elle, il a pris son sac. Il a confié que la victime s’est fâchée sur le coup et est partie sur son vélo, lui laissant le sac, pensant que celle-ci allait faire demi-tour pour revenir prendre son sac, il est resté sur place en l’attendant. Ne la voyant pas revenir, il a pris la route pour la rechercher et lui remettre son sac mais il ne l’a pas retrouvé et c’est ainsi qu’il est parti avec le sac.

Une version tirée par les cheveux qui ne va pas convaincre le parquet qui a estimé que le vol était bel et bien constitué.

 

« elle a pris mes 20 000 et ne voulait pas… »

 

Décidément, l’accusé semble n’être vraiment pas un enfant de chœur car, après Nathalie N, demoiselle Ouattara E a accusé Ilboudo A de l’avoir violé. Elle a expliqué que l’accusé l’a croisé dans un maquis et après avoir pris un pot avec lui, l’accusé a proposé de la raccompagner et en cours de route, il a pris son numéro de portable. Selon la victime, quelques semaines après, l’accusé l’a donné un rendez-vous et elle est allée et ils ont pris un pot. Après le pot et en la raccompagnant, l’accusé a pris son sac et lui a dit que si elle ne couchait pas avec lui, il ne remettra pas le sac. L’ayant supplié en vain, la victime cède au chantage. Cependant, l’accusé ne remet pas le sac, une fois avoir eu ce qu’il voulait et disparait donc avec le sac de demoiselle Ouattara.

Une version contestée par l’accusé, selon lui, il a donné rendez-vous à la victime et ils sont allés dans une chambre de passe. Arrivé, il a remis 20 000 FCFA à Ouattara E et est allé régler les frais de la chambre, à cet instant a-t-il indiqué, demoiselle Ouattara a reçu un appel et est venue lui dire de laisser prochainement car, elle devait partir. C’est ainsi qu’il a exigé que la victime lui remette son argent mais, celle-ci a rétorqué qu’elle ne l’avait pas sur elle et pour se dédommager, il a pris le portable de la victime.

Dans les réquisitions, le parquet a estimé que les faits de vols étaient constitués et a requis, 60 mois de prison ferme et une amende d’un million FCFA ferme contre l’accusé. En ce qui concerne les faits de viol, le procureur a estimé qu’il y avait un doute raisonnable sur la constitution de l’infraction et a plaidé la relaxe de l’accusé au bénéfice du doute.

Le Tribunal dans sa délibération a reconnu l’accusé coupable de vols et l’a condamné à 48 mois de prison et un million de FCFA d’amende le tout ferme. Pour les faits de viol, le Tribunal a suivi la réquisition du parquet et à relaxer l’accusé au bénéfice du doute.

 


Sam SISCO

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