Devant le Tribunal : " Je ne savais pas que c’était interdit par la loi.", indique l'accusé

Soumis par Redaction le mar 11/01/2022 - 06:44
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Ils étaient quatre  à comparaître devant le TGI Ouaga 1 dans la matinée du lundi 10 janvier 2022, pour répondre de plusieurs chefs d’accusation chacun. Eux, ce sont Salif, Nestor, Adama et Adja, tous impliqués dans une affaire de contrebande de poulet de chair.

     

La tête de file dans cette affaire est vraisemblablement Salif. Transporteur de profession, il s’est rendu coupable à lui seul, de six chef d’accusation : contrebande de poulet de chair,  violation de domicile, menace de mort,  outrage à un agent des forces de l’ordre et destruction volontaire de biens.  Nestor et Adama quant à eux, sont poursuivis pour complicité de contrebande. Dame Adja, elle, répond des faits de  commercialisation de poulets de chairs issus de contrebande et de mise en danger de la vie d’autrui.

Les faits à l’origine de cette série de poursuite remontent au 05 décembre 2021,  avec Salif à la cause. En effet, alors qu’il revenait de la ville de  Dakola pour rallier Ouagadougou, il a  été intercepté par la douane qui l’a sommé  de s’arrêter.  Un ordre auquel il va répondre par l’accélérateur, se défilant pour échapper à la douane. Il s’en est alors suivi une course poursuite entre lui et l’un des péager (Sawadogo) commis à ses trousses. Cette course poursuite va aboutir à une collision entre les deux véhicules  causant sur le coup, des dommages au véhicule du douanier. Dans la mêlée, Salif qui a réussi à s’enfuir, va s’introduire de force avec son véhicule, dans le domicile de Dame Rosine pour prétend-t-il,  se réfugier. Ce faisant, il va une fois de plus  endommager au passage, le portail de cette dernière. Et là-bas, il fera appel à son collègue Adama pour lui venir en aide. Tous les deux  seront appréhendés quelques instants plus tard, alors qu’ils s’apprêtait à prendre la poudre d’escampette. La fouille de la douane dans le coffre du véhicule va permettre de saisir plusieurs cartons de poulets de chair impropres à la consommation que Salif s’apprêtait vraisemblablement à liquider sur le marché.

Conduits à la gendarmerie, ses révélations vont permettre de mettre la main sur dame Adja commerçante, à qui il allait livrer ces poulets. Et aussi, d’interpeller Nestor qui se trouve être le patron de Salif.

Devant le Tribunal ce jour, c’est Salif qui comparait en premier. De tous les faits qui lui sont reprochés, il ne reconnaît que celui de la dégradation volontaire de biens. Transporteur de profession basé à Dakola, commence t’il dans ses explications, il a pour habitude de rallier Ouagadougou avec des passagers à bord de son véhicule personnel. C’est ainsi  qu’il a été approché le 04 décembre dernier,  par un passager qui souhaitait convoyer sa marchandise (des cartons de poulets de chair)  vers une  cliente à Ouagadougou. Salif dit avoir accepté de transporter ladite marchandise sans se douter qu’il pouvait s’agir d’une marchandise de contrebande. De tout le trajet, il dit n’avoir  aucunement été interpellé par un quelconque douanier sur la voie.  Et subitement à son arrivé à Ouagadougou, alors qu’il était stationné à un feu rouge, explique-t-il, un individu en civil avec cache-nez à la bouche, est arrivé par  derrière avec un couteau et a percé le  pneu arrière de son véhicule. Pris de peur, soutient-il, il a accéléré mais le monsieur, remonté dans son véhicule, l’a également poursuivi jusqu’à l’échangeur de Ouaga 2000 où il est venu le cogner par derrière. Ce choc a endommagé le véhicule du poursuivant et lui, en a profité pour disparaître et  s’introduire  dans le domicile le plus proche c’est-à-dire celle de dame Rosine pour se refugier. « Je ne savais pas qu’il était douanier. Il était en civil et rien ne prouvait qu’il était vraiment de la douane. J’ai donc eu peur quand il a sorti le couteau et a percé mon pneu» raconte t’il au Tribunal. Ainsi donc, Salif ne reconnaît pas les faits de contrebande à lui reproché, puisqu’il dit n’avoir pas su que la marchandise qu’il transportait était impropre à la consommation. Tout ce qu’il reconnaît dans cette affaire, c’est la destruction du portail de dame Rosine. Lequel portail, il dit avoir d’ailleurs réparé. Quant au fait de menace  de mort, le prévenu affirme ne même pas savoir à quel moment il les a proféré et à qui il l’a fait. Il se dit donc innocent.

Je ne savais pas que c’était interdit par la loi.

De leurs côtés également, Nestor et Adama  ont nié les faits qui leur sont reprochés. Ils ne reconnaissent  pas les faits de complicité de contrebande qui leur sont reprochés. Ils ont  été mêlés à cette histoire à leur totale insu, se défendent-ils, soutenu par leurs avocats.

Dame Adja quant à elle a reconnu les faits. Elle est propriétaire d’une poissonnerie qu’elle gère depuis maintenant quelques années. Et il y a quelques temps, l’un de ses clients lui a proposé de lui fournir des poulets de chair qu’il élève depuis Dakola afin qu’elle les revende. Adja dit avoir accepté sans se douter de rien. « Il m’a dit que c’est lui-même qui les élève et moi je ne pouvais pas savoir que c’est des poulets de  contrebande», explique la prévenue, avant de se confondre en excuses, implorant la clémence du Tribunal. « Je ne savais pas que c’était interdit par la loi. Je demande pardon. Je ne vais plus recommencer», implore t’elle.

Dans cette affaire, sieur Sawadogo qui s’est constituée partie civile a fait des réclamations. Son conseil a notamment réclamé la somme de 250 000 francs à titre de préjudice matériel ; 500 000 francs à titre de préjudice moral et 500 000 à titre de frais d’avocat.

Pour madame le procureur,  les accusés sont bien au courant  des faits qui leur sont reprochés. Cela, d’autant plus  qu’ils ne sont pas à leur premier acte. Surtout Salif qui, selon elle, est un parfait habitué du transport des marchandises de contrebande. Pour le parquet, quand il affirme que  de Dakola à Ouagadougou, il n’a pas fait l’objet d’interpellation de la part de la douane, c’est justement parce qu’ils ont des déviations qu’ils empruntent pour éviter les douanes. Elle a requis contre lui, une peine d’emprisonnement de 60 mois dont 38 fermes et une amende de 10 millions fermes. Contre dame Adja, elle a requis 60 mois de prison dont 24 femme et une amende de 07 millions ferme et enfin 24 mois de prison dont 12 fermes et une amende de 1 million ferme contre Adama et Nestor.

Le délibéré de cette affaire est renvoyé au 17 janvier prochain.

 

Georges TOE.

 

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