Devant le tribunal

Devant le Tribunal : « L' argent avait disparu de mon sac, à la place, il y avait des coupures de journaux», se défend Y. Odette à la barre.

DT

Y. Odette est prévenue d'abus de confiance. Elle répondait devant le TGI de Ouagadougu, le lundi 3 août 2020.

C'est une affaire de tontine communément appelée "cauri d'or" qui a conduit Y. Odette devant le tribunal. Elle est accusée par quatre de ses anciens clients de leur avoir escroqué des sommes qu'ils épargnaient quotidiennement auprès d'elle.

Appelée à s'expliquer à la barre, Y. Odette assure que l'argent a été volé. Mais comment  ? l'interroge le tribunal. A cet effet, la prévenue raconte qu'un vendredi de décembre 2018, elle se rendait à la caisse pour déposer la somme d'un million trois cent mille francs. Cette somme étant le cumul des épargnes qu'elle percevait.

Et continue-t-elle son récit, «deux personnes à moto m'ont accosté pour demander le chemin d'une mosquée et je leur ai indiqué, c'est après cela qu'arriver à la caisse pour faire le dépôt, je me suis rendue compte que l'argent avait disparu de mon sac, à la place, il y avait des coupures de journaux».

Interloqué, le tribunal lui demande alors si ces personnes l'ont agressé ou si ils ont arraché son sac? Y. Odette répond que non. D'où le tribunal de lui demander si elle pense que l'argent peut vraiment disparaître de cette manière ? Mais Y. Odette ne cessera de soutenir que c'est ainsi que les faits se sont produits.

Pour N. Idrissa, « elle ment, nous ne sommes pas des enfants ».

De même, le procureur attire l'attention de dame Y. Odette à les prendre au sérieux car même un enfant de cinq ans ne croirait pas à son histoire. De plus, relève le parquet, est-ce exact que vous avez déjà eu un problème similaire ou vous n'avez pas pu rendre l'argent de vos clients? Dame Y. Odette rétorque que « oui, mais je leur ai remboursé. Et pour ce cas, c'est quelqu'un qui m'avait demandé de la monnaie sur les lieux de la caisse, et après lui avoir donné la monnaie, je me suis aperçue que tout mon argent s'était transformé en billets de 500 francs».

Quant à la partie poursuivante, elle fait entendre que Y. Odette leur avait servi une toute autre version. B. Germaine, une des victimes indique que leur créancière l'avait assuré qu'elle déposait l'argent en banque et que c'est après avoir fait le retrait que l'argent a disparu. Pour N. Idrissa, une autre victime, qui ne croit pas non plus à l'histoire de Y. Odette, «elle ment, nous ne sommes pas des enfants».

Et ajoute-il, après le commissariat, nous n'avons plus pu rentrer en contact avec elle. Par ailleurs, les victimes qui se sont constituées partie civile réclament leur dû. Ainsi, ce sont pour N. Idrissa, 154 000 francs, B. Germaine 45 000 francs, S. David 105 000 francs et C. Hamadou 105 000 francs.

Le parquet pour sa part a estimé que l'infraction d'abus de confiance est entièrement caractérisée à l'encontre de Y. Odette. Il requiert de ce fait, 12 mois de prison assorti d'une amende de 300 000 francs, le tout ferme avec un mandat de dépôt.

Le verdict livré par le tribunal est de 8 mois de prison plus une amende de 300 000 francs, le tout ferme. Un mandat de dépôt a également été déposé à son encontre et elle devra payer les sommes dues aux victimes.

 

Florentin TAPSOBA

 

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