Devant le Tribunal : le chimiste auto proclamé de l'eau de javel Madar...

Soumis par Redaction le mar 12/10/2021 - 23:48
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Pour avoir contrefait de  l’eau de javel de marque Madar, Pafadnam comparaissait devant le Tribunal de Grande Instance Ouaga 1 le 12 Octobre 2021,  pour répondre de ses actes. A ses côtés, comparaissaient également  les sieurs  Ouedraogo et Kaboré poursuivis pour complicité de contrefaçon.

Entre le laboratoire de chimie et la boutique du grand marché, il n’y a pas qu’un seul pas. En  tout cas, Pafadnam l’aura bien  compris à l’issu de ce procès. Lui, boutiquier de son état, qui après avoir suivi une vidéo explicative sur les réseaux sociaux s’est érigé en chimiste - fabricant  de désinfectant communément appelé eaux  de javel. Dans un cadre formel et normalisé, bien de personnes auraient salué cette initiative qui du reste, est entrepreneuriale. Mais,   seulement si elle respectait  les normes en vigueur. En effet, ayant appris le mode de fabrication du produit, Pafadnam  a lui-même installé  son  propre mini-laboratoire  à son domicile, en procédant lui-même à la fabrication du javel. Composantes chimiques nécessaires, dosage, contrôle qualité, etc., il se chargeait de tout. Mais là n’est pas encore le sujet qui l’a conduit devant le Tribunal. En outre, lorsque le produit fini est obtenu,    dans le souci de se  faire du bénéfice,  le chimiste auto proclamé conservait son produit dans des boîtes vides des eaux de javel de  la marque Madar qui du reste, est une entreprise réputée distributeur officiel d’eau de javel sur le marché depuis  2013.  Le produit, intériorisé dans ces bidons de la marque Madar, ne peut susciter aucun doute chez  le client  qui lui, croit s’être procuré  un produit Madar alors qu’il est en possession d’un produit  de Pafadnam qui quant à lui, se frotte les mains.  Pour la vente de ces bidons de javel soigneusement regroupés dans des cartons Madars après la fabrication,  Pafadnam traite avec sieur  Ouedraogo,  commerçant de son état. La livraison dans la ville de Ouagadougou, elle, est   assurée par sieur Kaboré qui  lui est un conducteur de tricycle. Le système est bien ficelé, les choses tournent normalement et les bénéfices se font gros.…du moins, jusqu’au contrôle qui permettra de démasquer  le petit réseau malin.

Au Tribunal, Pafadnam reconnaît sans ambages les faits. Il est  même étonné de ce que son acte puisse  constituer un délit car, dit-il, il n’a fait qu’utiliser des boîtes vides de Madar et pas le produit Madar lui-même.  « C’est justement ça le délit », de lui rétorquer le procureur.  « Pourquoi vous n’avez pas utiliser d’autres bidons à part les bidons Madars ? C’est justement parce que vous saviez que  les produits Madar se vendaient bien ! », appuie le Tribunal. Du Tic au tac et avec son air  des plus étonné, Pafadnam répondra, «  c’est parce que c’est la seule marque d’eau de javel que je connais. Je ne savais pas qu’utiliser leur bidon pouvait me créer des problèmes ». Il ne nie pas cependant que son objectif était de faire des bénéfices avec les bidons de cette marque.

« S’ils achètent, c’est parce que c’est bon ! » lance Pafadnam

Interrogé sur la qualité de ses produits, il répondra n’avoir jamais eu de problème avec un client après usage de sa fabrication. « S’ils achètent, c’est parce que c’est bon » lance t’il. Toutefois, il n’a aucune garantie sur la fiabilité du produit puisque n’ayant pas été contrôlé dans  un laboratoire approprié.

 Dans son système, Pafadnam a entraîné avec lui,  Boukary. Ce dernier à la barre, avoue avoir réceptionné à plusieurs reprise dans sa boutique des cartons d’eaux de javel Madar des mains de Pafadnam, mais seulement, il confie  n’avoir guère su qu’ils étaient contrefaits. Il l’aurait su seulement le jour où il a été interpellé. Cette  déclaration semble pourtant être en déphasage avec ses dires devant le juge d’instruction. Ce que le procureur ne manque pas de lui rappeler.  En effet, il avait en enquête préliminaire reconnu qu’il était au courant du fait  que Pafadnam fabriquait de l’eau de javel à son domicile. Sa déclaration n’est donc pas vraie, selon le magistrat débout.

Après lui, c’est  au tour de sieur  Kaboré de se présenter à la barre. Jeune homme d’une vingtaine d’années au chômage, il gagne sa vie par la conduite d’un   tricycle ( taxi moto). C’est donc tout naturellement selon lui, qu’il offrait ses services à Pafadnam  lorsque celui-ci l’appelait pour des livraisons. Vu cela, il dit  ne même pas savoir la raison de son arrestation. Comment pouvait-il savoir que Pafadnam  lui faisait livrer des produits contrefaits ? Lui, simple conducteur de tricycle qui ne cherchait que  du marché pour « rentrer ses journées ». Le moins que l’on puisse dire, c’est que sa situation a été très vite comprise par les différentes parties qui du reste, ont unanimement clamer son innocence avant même le verdict des juges.

C’est d’ailleurs en  cela que le parquetier dans ses réquisitions, a souhaité qu’il soit relaxé au bénéfice du doute, s’étant retrouvé impliqué dans une situation dont il ignorait tous les ressorts. Mais pour ses autres compairs à savoir Pafadnam et Ouédraogo, la réquisition a été tout autre.

Contre les deux,  le procureur a requis une peine d’emprisonnement de 24 mois et une amende de 10 millions de francs le tout ferme, conformément a ce que stipule  la loi dans ce cas de figure.

Le délibéré est renvoyé au 19 Octobre prochain.

Image illustrative

Georges TOE-Zoodomail

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