Devant le Tribunal : orpailleur,T.K, avortait de jeunes filles dans une villa à Kamboinsin

Soumis par Redaction le mer 22/09/2021 - 00:00
cdcef

T. K, 48 ans, père de six enfants, se présentant comme orpailleur comparaissait devant le TGI de Ouaga I, le 20 septembre 2021. Déjà condamné à 4 ans de prison ferme pour abus de confiance, il répondait de nouveau pour des faits d'usurpation de titre d'infirmier et d'avortement sur une soixantaine de jeunes filles. Procédant tantôt par des breuvages médicamenteux ou en introduisant quelque chose dans leur s**e. A ses côtés, B.S, sa secrétaire répondait des faits de complicité et Rabi et Margo (noms d'emprunt), "patientes" de T.K, répondaient elles des faits d'interruption volontaire de grossesse.

Les faits remontent au 24 juillet 2021. Une dénonciation anonyme faisait en effet cas à la gendarmerie de ce que plusieurs jeunes filles se rendaient dans une villa située au quartier Kamboinsin pour se faire avorter clandestinement.

La gendarmerie s'y étant rendue sur les lieux, trouvera effectivement 6 filles dans cette villa improvisée en cabinets de soins infirmiers. Et dans l'une des chambres de la villa, la gendarmerie constate une jeune fille baignant dans son propre sang.

C'est dans ce cadre que, le nommé T. K, orpailleur, qui a usurpé le titre d'infirmier à la retraite et qui pratiquait ces avortements clandestins; B. S, sa secrétaire ainsi que Rabi et Margo (noms d'emprunt), qui se sont faites avorter par T. K; seront tous interpellés puis déférés devant le parquet.

Ainsi, devant le Tribunal de grande instance de Ouaga I, ce mardi 20 septembre 2021, T. K, le principal accusé a reconnu tous les faits. Il dit ne détenir aucun diplôme d'infirmier, il aurait néanmoins acquis sur le tas des notions en médecine durant ses 2 ans de formation en scoutisme et auprès de religieuses. Le prévenu avoue également qu'il a avorté une soixante de jeunes filles depuis l'ouverture de son cabinet de soins en 2018, moyennant les sommes de 15 000 à 45 000 francs.

Et aucune de ces patientes, soutient T.K, n'a jamais perdu la vie au cours de ses interventions. En outre, T.K assure que la première fois qu'il a pratiqué un avortement, c'était pour venir en aide à une jeune fille qui avait tenté d'avorter et s'est vue refouler par toutes les maternités lorsqu'elle s'est présentée avec des complications. «Sa mère m'avait supplié de les aider», affirme T. K tout en faisant entendre que c'est la raison principale qui le poussait le plus souvent à faire ces avortements. «Elles avaient déjà commencé », lâche-t-il.

Mais pour le procureur cette supposée raison «humaniste» qu'avance T. K, ne tient pas la route. «C'est pour des raisons pécuniaires que vous le faisiez, une des filles que vous avez avorté a déclaré que vous le faisiez à raison de 30 000 par mois de grossesse. Vous vous êtes faits une renommée même à travers tout le pays avec cette pratique où point que des filles quittaient Koudougou pour venir s'y faire avorter. Et quand vous dites que vous avez pratiqué votre premier avortement parce que la fille avait été refoulée par toutes les maternités, c'est faux! Rabi qui baignait dans son sang lorsque la gendarmerie vous a interpellés c'est pas à Paul VI qu'elle a été prise en charge?», s'est indigné le procureur.

Tant qu'il y aura toujours des irresponsables pour fuir leur paternité et des coutumes qui voient la grossesse d'une jeune fille comme une honte au point de les bannir de la famille; les avortements persisteront toujours, selon le conseil de T. K

Effectivement, Rabi, 21 ans, serveuse, célibataire et mère d'un enfant confirme qu'elle a été prise en charge au CMA Paul VI après que T.K, lui ai fait boire un breuvage pour «couler sa grossesse » de cinq mois contre la somme de 15 000 francs.

Sa co-accusée, Margo, également la vingtaine, étudiante en géographie reconnait s'être fait avorter dans la "clinique" de T.K. Démunie, rejetée par l'auteur de la grossesse qui a renié la paternité et dont elle ignore la véritable identité, elle dit n'avoir pas eu d'autres choix même si elle regrette à présent son acte.

La dernière prévenue à la barre, B.S, mère d'un enfant elle aussi était la secrétaire de T.K. Poursuivie pour complicité, elle a reconnu les faits. «J'étais chargée de donner les tickets et installer les filles à l'accueil », confie-t-elle aux juges.

Aussi, le procureur a estimé que les faits reprochés aux prévenus étaient suffisamment graves et constitués à leur encontre. «La loi burkinabè n'autorise l'avortement que dans deux cas, lorsque la vie de la mère est menacée ou que le fœtus n'est pas viable. Le deuxième cas, c'est lorsqu'un tribunal a délibéré qu'il y avait eu viol ou inceste. En dehors de ces deux cas, la loi réprime sévèrement l'avortement », leur rappelle à cet effet le procureur.

Par conséquent, il a requis que T.K soit reconnu coupable et condamné à la peine maximale prévue par la loi, soit 10 ans de prison, plus une amende de 5 millions, le tout ferme. Pour ce qui est de B.S, la peine de 5 ans de prison, une amende de 2 millions, le tout également ferme. A l'encontre de Rabi et Margo, le procureur a requis 12 mois de prison dont 6 fermes et une amende de 200 000 avec sursis.

Cependant pour la défense, la peine requise contre T.K est exagérée. «Monsieur le procureur a demandé 10 ans de prison ferme contre mon client comme si en le condamnant aussi lourdement, l'avortement allait disparaitre au Burkina. Il y a des mères, des pères de famille qui font avorter leurs enfants», relève l'avocat dans sa plaidoirie. Les avortements persisteront encore selon le conseil de T. K, tant qu'il y aura toujours des irresponsables pour fuir leur paternité et des coutumes qui voient la grossesse d'une jeune fille comme une honte au point de les bannir de la famille.

Du reste, il dit plaider la clémence du Tribunal pour son client qui assure-t-il, reconnait la dangerosité des actes qu'il posait et regrette sincèrement.  

 Le verdict du Tribunal, 60 mois de prison dont 36 fermes, et 2 millions d'amende ferme à l'encontre de T.K. Quant à B.S, Rabi et Margo, le Tribunal a condamné chacune d'elle à 12 mois de prison, 500 000 francs d'amende, le tout assorti du sursis.

 

Florentin TAPSOBA-Zoodomail

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