Devant le Tribunal : procès « Kamao », le procureur estime qu’il a bel et bien eu outrage contre le chef de l’Etat

Soumis par Redaction le sam 24/09/2022 - 07:02
uyo^

Le procès Mathias Ollo Kambou dit « Kamao » a effectivement eu lieu le vendredi 23 septembre, au Tribunal de grande instance de Ouagadougou, après un premier report. Le prévenu est poursuivi pour des faits d’outrage, notamment au chef de l’Etat, Paul Henri Sandaogo Damiba. Sans broncher et après lecture des faits qui lui sont reprochés, celui-ci tient mordicus que c’est bien lui qui a fait des posts sur sa page Facebook, avec des propos assez barbares, selon le procureur, qui estime que les actes sont graves et dignes de poursuites judiciaires.

 

Kamao explique que les mots employés peuvent être aux antipodes de ce qui doit être interprété, mais il demeure que depuis l’avènement du Mouvement patriotique pour le salut et la réconciliation (MPSR), les choses semblent aller de mal en pis. Le tribunal lui demande en premier terme, pourquoi il a traité Damiba de « Traitre ». Il explique tout simplement que l’accueil de l’ex-président Blaise Compaoré, en juillet dernier, qui a été condamné à perpétuité, et qui a été reçu par l’actuel chef d’Etat, Paul Damiba, cela au vu et au su de toutes les autorités politiques, judiciaire, coutumières, entre autres est comme un acte de traitise. Toute chose qui parait comme un parjure, parce que celui-ci a prêté serment en s’engageant à respecter la Constitution du Burkina Faso. Autre terme employé, le terme « déshonneur » du MPSR, faisant allusion au premier terme « Traître ».

 

S’ensuit le terme « incompétent ». Kamao estime que depuis que Damiba est aux rennes du pouvoir, la sécurité ne fait que régresser et aucune localité envahie par les forces des ténèbres n’a encore été récupérée.

 

Il ajoute que c’est une « promotion de criminels », en acceptant d'accueillir Balise Compaoré qui est sous mandat d’arrêt depuis longtemps. Pis, il traite le président de « cancre », parce qu’il aurait dit lors d’une rencontre à Bobo-Dioulasso qu’il ne comprend pas pourquoi le prix du carburant augmente de 100 FCFA et que les vendeuses de fruits et légumes en font autant.

 

Outre cela, il traite le MPSR de « Dangalén », qui signifie en langue bambara « maudit ». Par ailleurs, le prévenu estime que le président actuel est un démon, parce qu’il cautionne des actes de barbarie entre organisations de la société civile, puisque lors d’une manifestation, des pro-MPSR s’en sont pris à une activité anti française de dame Monique Yhéli Kam, en agressant ses militants. Sans oublier que certains militants du Balai citoyen dont il en fait partie ont également essuyé des affronts et barbaries.

 

Il y a bel et bien outrage, selon le procureur.

 

Là n’est cependant pas la question, selon le procureur. Car il est clair et net qu’il y a eu outrage, étant donné qu’il est inconcevable que des termes du genre soient publiés sur les réseaux sociaux et surtout, contre tout un chef d’Etat, qui incarne certaines valeurs cardinales. Il explique qu’il n’est pas contre la liberté d’expression, mais quand il y a des critiques, il va falloir en toute conscience et diplomatie faire passer son message. Il donne pour exemple certaines critiques qui ont été tenues par des internautes, mais qui n’ont pas été aussi virulents dans leurs propos. Donc, il y a bien eu outrage, et il requiert que le prévenu soit condamné à une peine de prison de 06 mois, dont 03 fermes, ainsi qu’une amende de 500 000 FCFA. Les avocats de la défense ont dénoncé une sorte de musellement de la liberté d’expression, entre autres, estimant qu’en aucun cas il y a eu outrage, mais, que, seulement, le prévenu a fait ressortir ce qu’il ressentait, dans un Etat qui se veut démocrate. Le délibéré est attendu pour le 30 septembre prochain.

 

A .SIMPORE

Zoodomail.com

 

Pour vos commentaires, éviter, tout message à contenu diffamatoire, vulgaire, violent, ne respectant pas la vie privée .

Ajouter un commentaire

Cette question sert à vérifier si vous êtes un visiteur humain ou non afin d'éviter les soumissions de pourriel (spam) automatisées.

2 + 11 =
Trouvez la solution de ce problème mathématique simple et saisissez le résultat. Par exemple, pour 1 + 3, saisissez 4.

Les trois dernières publications