Devant le Tribunal : profanation de tombes à Bigtogo

Soumis par Redaction le mer 01/06/2022 - 00:00
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C'est une affaire qui oppose le chef de village de Bigtogo, relevant de la commune de Pabré, ainsi que le ministère en charge de la culture, à  trois personnes pour destruction de biens et profanatoon de tombes. Ils étaient donc citées directement pour répondre de ces faits, le mardi 31 mai 2022 au Tribunal de grande instance de Ouaga1. 

Les faits se sont déroulées en l'an 2020, soit moins de trois ans pour la prescription. Les prévenus sont accusés de profanation de tombes, de destruction de biens en déterrant des bornes appartenant au ministère en charge de la culture, entre autres faits.  

Dans cette affaire il se trouve qu'en l'an 2020, le chef de village de Bigtogo à contacté le ministère en charge de la culture pour faire inscrire une partie du village dans le patrimoine culturel du Burkina Faso. Car sur ces lieux, il y a des tombes de personnes qui y ont été enterrées selon un certaine pratique, et qui date d'une certaine époque et d'une méthode ancestrale. 

Le ministère vient alors voir le site, et sensibilise la population afin de la prévenir de la préservation du site comme patrimoine culturel. 

Des bornes ont été ensuite fixées pour délimitation, puis les choses sont restées en l'état. Tout cela à eu lieu en septembre 2020. 

Selon l'un des témoins, tout le monde avait été informé de la chose. 

Même les 3 prévenus étaient présents lors de la rencontre avec le secrétaire général du ministère ainsi que la directrice en charge de la question. 

C'est donc à son grand étonnement que le chef voit venir des gens, dans le même mois de septembre et quelques jours après que les autorités aient croisé la population, s'entendre dire que les bornes ont été déterrées, et que les tombes qui se trouvent sur les lieux ont été saccagées car les balises les lieux et qui entouraient les tombes de certains notables pour les distinguer des autres ont été cassées, ainsi qu'une haie vive composée de nimiers qui a aussi été détruite. 

Le chef informe tous ceux qui devaient l'être, puis un constat est fait par la gendarmerie nationale.  Des photos sont prises pour preuves, puis les trois prévenus sont convoqués. Selon le procès-verbal d'audition, ils reconnaissent qu'ils sont les acteurs de ce fait. 

 

Nous sommes les légitimes propriétaires des lieux

 

Ils ne reconnaissent cependant pas à la barre qu'ils ont saccagé les tombes, mais seulement les balises installés sur les lieux par le ministère en charge de la culture, cela à deux reprises, puisqu'ils ont enlevé les bornes une première fois au mois de septembre pour les déposer chez le président du Conseil villageois de développement (Cvd), puis le ministère est revenu les replacer, et donc une récidive au mois de décembre. 

La raison selon eux est qu'ils sont les légitimes propriétaires des lieux, et rien ne doit se faire sans leur aval, même si c'est le chef qui a décidé cela de concert avec le ministère en charge de la culture. 

 

Ils expliquent que ces lieux sont un ancien site d'extraction métallurgique que les forgerons ont occupé pendant des décennies, qu'il y a des crevasses qui témoignent de cela, mais pas de tombe qu'ils auraient eu à saccager. Mais les témoignages de certaines personnes sont venus les confondre, car non seulement ceux-ci sont allés sur les lieux, ont tout vu, puis ont appelé la gendarmerie pour constat. Outre cela, ils ont reconnu les faits devant les pandores, pour ensuite vouloir se rebiffer devant le Tribunal.

La partie civile qu'est le chef de village réclame juste un franc symbolique pour leurs actes, et 500 000 FCFA comme frais exposés pour ce qui a été dépensé comme frais d'avocat. 

L'agent judiciaire de l'État, qui représente le ministère, réclame la somme de 517 000 FCFA pour les bornes détruites. Le délibéré est pour le 28 juin prochain.

 

P.Pillier

 

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