Devant le tribunal

Devant le Tribunal : sa femme l'a quitté, l'abandonnant seul avec ses enfants, qui eux sont indexés du doigt à l'école

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Mademoiselle O comparaissait, devant la chambre correctionnelle du TGI de Ouagadougou lundi 13 juillet 2020. Elle est accusée d'atteinte à l'intimité de la vie privée de C. S., notamment en ayant publié sans son consentement sa photo sur un groupe whatsap dénommé "les astucieuses".

C. S, le plaignant explique au Tribunal, que courant janvier 2020, il est interpellé par plusieurs de ses proches par rapport à une photo de lui qui circulerait sur un groupe whatsap et ce accompagné de propos diffamatoires. Suite à quoi, il demande à ses amis de l'aider à en savoir un peu plus.

Ces derniers lui envoient à cet effet des captures d'écrans de sa photo et des commentaires publiés dans le groupe. Des commentaires qui salissent son honneur car il est incriminé par ces propos de séduire des femmes aisées sur les réseaux sociaux, de les entraîner ensuite chez lui pour des relations sexuelles, suite à quoi, il prendrait des photos nues d'elles pour leur faire du chantage. Face à cette situation C. S. décide de porter plainte contre x à la gendarmerie avec les captures d'écrans qu'il a imprimé à l'appui.

C'est à l'issue de l'enquête préliminaire menée par la gendarmerie que Mademoiselle O sera interpellée comme l'auteur de la publication de la photo.

Appelée à la barre, Mademoiselle O dit ne pas reconnaître les faits. Et pour étayer sa défense, elle relate que le 28 janvier 2020, elle faisait partie d'un groupe whatsap du nom de "les astucieuses". Et continue-t-elle, au fil de la discussion, il y avait une photo qui circulait faisant cas d'un homme qui habite à Ouaga 2000, qui a une Range Rover et qui séduirait les femmes sur les réseaux sociaux afin de leur faire du chantage après avec des photos d'elles nues. Et l'affaire faisait même le buzz sur les réseaux sociaux précise Mademoiselle O.

« J'ai reconnu la photo de C. I, qui est un de mes bons clients parce que j'ai une boutique de vente d'articles. Et j'ai voulu faire comprendre à mes copines que je connais bien ce monsieur, que ce ne pouvait pas être lui mais qu'il a un grand frère qui lui ressemble beaucoup, que ce pourrait être lui».

Le Tribunal demande ainsi à Mademoiselle O si ces commentaires accompagnés de la photo sont bien d'elles. " Il y a erreur sur la personne, c'est plutôt son grand frère, ils se ressemblent trop trop. J'ai eu affaire à lui, il a m'a fait des avances et j'ai refusé. Il est très arrogant, j'ai failli être sa victime".

 

Pour Me Kam, il faut faire la différence entre l'atteinte à la vie privé et le droit à l'image

Oui reconnaît la prévenu. «Il était venu dans ma boutique pour commander des chaussures et par la suite, il m'a fait des avances en me proposant de venir chez lui, et j'ai refusé». C'est pourquoi, ajoute-t-elle, «j'ai enregistré sa photo de profil sur whatsap pour leur montrer, je voulais juste attirer leur attention pour qu'elles soient vigilantes. J'ai cru bien faire».

Mais aviez-vous demander le consentement de C.S avant de publier sa photo dans ce groupe?, s'enquiert le Tribunal. La prévenue y répond par la négative.

Le ministère public pour sa part, estime que M. O a mis en pâture C.S au monde entier. C'est pourquoi, il affirme que l'infraction est constituée et requiert 2 mois d'emprisonnement avec sursis assorti d'une amende de 250 000 francs ferme.

Pour leurs plaidoiries, le conseil de C.S fait savoir à la cour, que son client a subi de nombreux dommages. A cause de la publication de cette photo, ses partenaires, puisque le plaignant est entrepreneur dans le domaine des forages, lui ont tourné dos. Sa femme l'a quitté, l'abandonnant seul avec ses enfants, qui eux sont indexés du doigt à l'école. Et partout, où C.S passe désormais, on chuchote dans son dos.

Raison pour laquelle, son client et lui réclament 100 000 000 de francs au titre de dommage ainsi qu'1 million pour les frais de procédure. Ils demandent également le retrait de la photo assortie d'excuses publiques.

Quant au conseil de Mademoiselle O, Me Kam, il estime que sa cliente comparaît pour des faits contenus dans l'article 524-9 du Code pénal. Et pour sa part, il faut faire la différence entre l'atteinte à la vie privé et le droit à  l'image. Un point essentiel, car fixer une image en droit veut dire, faire une photo. Ce qui n'est pas le cas à son avis de Mademoiselle O, puisqu'elle n'a pas elle-même photographié C.S.

Le délibéré est prévu pour le 20 juillet 2020.

Image illustrative

F.TAPSOBA

 

 

 

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