Devant le tribunal

Devant le Tribunal : un contrôleur GSP indélicat

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Activités incompatibles, escroquerie et détournement. Tels étaient les faits reprochés à Paré R, contrôleur de la garde de sécurité pénitentiaire (GSP) au moment des faits. A la barre du Tribunal de grande instance de Ouagadougou où il a comparu le vendredi 27 septembre 2019, l’accusé a reconnu les faits.

Contrôleur GSP, Paré R( Photo illustrative ), pour arrondir ses fins de mois, grâce à des amis qui sont en Europe, s’est lancé dans l’achat et la revente de véhicules d’occasion communément appelés France-au revoir et des pièces détachées. Dans cette activité, Paré R vendait ses véhicules à ses collègues, c’est ainsi que B Ibrahim, inspecteur GSP entre en contact avec son collègue en janvier 2018 et lui fait savoir qu’il avait besoin d’un véhicule, l’accusé lui demande 3 millions 500 mille FCFA. La somme est remise. Plus tard, B Ibrahim change d’avis et rappelle Paré R pour lui dire qu’il avait besoin en fin de compte d’un camion de 22 cm3 car, il voulait commencer la construction de son bâtiment, un R+1. Sur ce, il demande à Paré R combien il doit ajouter sur les 3 millions 500 mille FCFA pour avoir le camion. Paré R lui fait savoir que le camion va coûter en tout 13 millions 500 mille FCFA. Les deux s’entendent donc sur ce prix, et le 6 avril 2018, le contrat d’achat est signé et B Ibrahim lui verse la somme de 12 millions 500 mille FCFA comme avance, le reste de la somme devrait être payé à la livraison. Paré R s’engage alors à livrer le camion dans les deux semaines qui suivent. De plus, B Ibrahim lui indique qu’il voulait également un autre véhicule et lui remet 600 000 FCFA, comme avance. Quelques mois plus tard, pas de véhicule, il appelle Paré R qui le rassure que le véhicule est là et l’envoi des photos du camion sans pour autant lui indiqué où, il pouvait venir voir le véhicule.

17 mois après, B Ibrahim ne voit ni véhicule, ni le vendeur. Malgré ses tentatives de joindre, son vendeur, celui-ci reste désespérément injoignable. Voici les faits tels que raconté par B Ibrahim à la barre.

A sa suite, une autre victime de Paré R, en l’occurrence Doamba I est passé devant le tribunal pour raconter comment l’accusé l’a aussi grugé. Selon  Doamba I, le 6 mars 2019, il a remis à l’accusé 3 millions de FCFA pour acquérir un véhicule. Paré R lui donne deux semaines pour la livraison.  Cependant, 7 mois plus tard, pas de véhicule et Paré R reste introuvable.

 

" un concours de circonstances malheureuses ", selon l'accusé.

 

A la barre pour s’expliquer, Paré R n’a pas nié les faits et à donner sa version. Etant contrôleur GSP, l’accusé a d’emblée reconnu être en porte-à-faux avec la loi en se livrant à l’achat et la vente des véhicules. Il a laissé entendre que cela fait plusieurs années qu’il est dans cette activité mais n’a jamais eu de problèmes. Du reste, il s’est vanté avoir vendu une quarantaine de véhicules à ses collègues sans avoir de problèmes.

Selon lui, le fait de se retrouver devant le Tribunal est un concours de circonstances malheureuses. Sur le cas de son collègue B Ibrahim, il a en effet, dit qu’il a reçu l’argent en plusieurs tranches, 9 au total et avait promis effectivement livrer le camion en deux semaines. Toutefois, lorsque le camion est venu, il a trouvé que le véhicule avait un problème et pour ne pas entaché sa réputation et altérer son amitié avec son collègue, il l’a demandé de patienter afin qu’il lui trouve un bon véhicule. Seulement étant donné que cela prenait du temps, B Ibrahim n’a pas accepté et à préférer être remboursé. Malheureusement, il n’avait plus l’argent à sa disposition car, l’avait injecté dans le circuit. Les mêmes explications ont été servies par l’accusé concernant le cas de Doamba I.

Le parquet a voulu savoir si l’accusé disposait de pièces prouvant qu’il a injecté l’argent dans le circuit comme il le prétend. Et à Paré R d’indiquer que dans son activité, tout est basé sur la confiance entre ses partenaires et lui et l’argent est remis main à main sans qu’il y ait besoin de signer un quelconque document. Cette explication a paru léger pour le procureur qui a estimé que l’accusé pouvait bien envoyer une partie de l’argent et garder une partie, tout comme il pouvait garder le tout. Mais l’accusé a rétorqué que dans les affaires du genre, lorsque le véhicule envoyé n’est pas bon, c’est une perte pour lui et en pareils circonstances, il peut prendre l’argent d’un client pour trouver un autre véhicule pour satisfaire le premier en attendant. Il explique également qu’il peut aussi prendre une partie pour investir dans l’achat et la vente des pièces détachées pour faire un bénéfice et pouvoir satisfaire la commande, il indique que justement dans ce cas de figure, la livraison du véhicule peut prendre du temps.

 

Des activités incompatibles avec la fonction.

 

A la lumière de ces explications, le conseil de B Ibrahim qui s’est constitué en partie civile, a estimé que l’argent de son client n’a pas été utilisé pour la destination finale, à savoir l’achat du véhicule. Il a laissé entendre que l’accusé, en réalité, a utilisé l’argent de son client pour faire ses propres affaires. Un avis partagé par le parquet. A cet effet, B Ibrahim a déclaré que le camion devrait lui servir dans la construction de son bâtiment et allait l’éviter certaines dépenses. De plus, à la fin des travaux, il allait remettre le véhicule à la famille pour qu’il puisse le mettre en location pour pouvoir subvenir à leur besoin. Il a demandé donc que les 14 millions 100 mille FCFA que l’accusé a perçus lui soient remboursé. Comme dédommagement, il a demandé 20 millions de FCFA, somme qui représente l’argent que devrait rapporter la location du camion. Pour sa part, Doamba I a demandé le remboursement des 3 millions de FCFA qu’il a perdu dans l’affaire.

Dans sa réquisition, le parquet a estimé que les faits d’activités incompatibles avec sa fonction et le détournement étaient établis. En ce qui concerne les faits d’escroquerie, le parquet a demandé au Tribunal de le requalifier en faits d’abus de confiance. En guise de répression, le procureur a requis 18 mois de prison et une amende de 500 000 FCFA, le tout ferme.

L’accusé quant à lui, a plaidé la clémence du Tribunal et cela pour pouvoir poursuivre son dossier de réintégration dans la garde de sécurité pénitentiaire car, l’accusé a été licencié en 2016 pour abandon de poste.

Le verdict a été mis en délibéré pour le 4 octobre .

Sam SISCO

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