Devant le tribunal

Devant le tribunal/CNSS : « Vos déclarations et celles de votre père sont contradictoires, alors qui de vous deux ment ? »

CR

Le procès de recrutements frauduleux à la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) a repris le vendredi 10 juillet 2020 au Tribunal de grande instance de Ouagadougou.

Le procès de la CNSS s'est poursuivi aujourd'hui avec l'audition des témoins. Au nombre d'une dizaine, ils sont pour la plupart les candidats admis au concours à l'exception de trois personnes.

Madame Nikièma, agent à la CNSS, n'ayant pas pris part à l'organisation du concours a vu sa fille admise. Sa fille qui par ailleurs lors des audiences passées a dit ne pas reconnaître la copie qui lui était attribuée. Occasion pour le procureur de demander à Madame Nikièma si quelqu'un au sein de la CNSS avait connaissance que sa fille prenait part au concours. Ce à quoi à cette dernière répond par la négative.

Le procureur se voit ainsi de lui rappeler ses déclarations lors de l'enquête préliminaire à la gendarmerie. «Selon le procès verbal signé par vous, vous avez déclaré avoir informé le DRH de ce que votre fille participait au concours et vous lui avez demandé une faveur». Est-ce exact Madame Nikièma? Questionne le procureur. «Je ne me rappelle plus», retorque-t-elle avant de s'excuser auprès du Tribunal et de répondre qu'elle a effectivement informé le DRH et sollicité un service de sa part.

Et quel est ce service? Enchaîne le ministère public. Dame Nikiéma reste sur ces mêmes termes à plusieurs reprises, «je lui ai demandé de m'aider» sans préciser la nature de cette aide. D'où le procureur de lui rappeler qu'elle a juré sous serment.

Une remarque qui ne laisse pas muets les avocats de la défense qui charge le procureur. Le témoin a tout a fait le droit de revenir sur ses déclarations données à la gendarmerie, ces procès verbaux ne sont qu'à titre de renseignements. Et c'est pourquoi poursuivent Maîtres Bambara et  Zongo, le Tribunal consigne leurs propos à la barre.

Au tour de Ouédraogo Raymond qui était l'un des quatres personnes chargés d'anonymer les copies est ensuite appelé à témoigner. Pour une première copie, que le Tribunal lui présente dont le numéro d'anonymat est barré et remplacer par un autre. M. Ouedraogo dit reconnaître que c'est son écriture « c'est moi qui est barré parce qu'il y avait une erreur et on a dû reprendre la numérotation ».

Le chargé d'anonymat ne reconnaît pas les chiffres barrés sur les copies

Mais quand le procureur lui présente d'autres copies ayant connu le même procédé, le chargé d'anonymat à l'époque dit tout autre chose. « Je reconnais les lettres CGAD et les chiffres barrés, mais je ne reconnais pas les chiffres non barrés», sauf pour la 3ème copie où M. Ouedraogo dit ne reconnaître uniquement que les lettres comme étant son écriture. Toute chose qui laisse, le procureur dubitatif, «vous est-il arrivé d'anonymer une copie uniquement avec des lettres sans chiffres ? ». «Non» répond-t-il.

S'en est suivi la comparution à la chaîne de candidats admis. Tous répondent invariablement de la même manière. Ils ont leurs proches qui travaillent à la CNSS, un époux, soit un oncle ou une sœur ou encore un ami de leur parent. ils ne reconnaissent également ni les signatures ni le corps du texte comme étant leur écriture sur les copies qui leur sont attrtibuées. Des copies qui du reste sont identiques dans les réponses et ne comportent pas les mêmes notes données par la correctrice. Par exemple, pour des notes de 13 ou 14 sur les copies, la correctrice avait attribué respectivement 10 et 12. Et à la question de savoir, si ils savent qui auraient faciliter leur admission, même constance de réponse «je ne saurai vous dire».

Tel est le cas, de Diarra Aminata, candidate admise qui a déclaré que son père est aussi travailleur à la CNSS. Cependant affirme-t-elle à la barre, elle n'avait pas informé son père de sa participation au concours, quant à l'inverse, son père lui, pendant l'audience antérieure a soutenu le contraire. Il aurait accompagné sa fille à l'ANPE pour la phase du tirage.

Certes, réaffirme tout de même Diarra Aminata, « je ne l'ai pas informé, c'est quand j'ai fini de faire le tirage à l'ANPE que je l'ai croisé à la porte». Le Tribunal de signifier au témoin qu'elle peut être poursuivie pour faux témoignage. «Vos déclarations et celles de votre père sont contradictoires, alors qui de vous deux ment?»

Seul Yanogo Sandrine candidate admise aussi, assure reconnaître, son écriture et sa signature sur la copie qui porte son nom. « j'ai ce problème même avec les chèques que je signe, on me reproche de signer différemment ». Telle est son explication quand le procureur lui fait remarquer que sa signature est différente sur le relevé de présence.

 A l'issue des débats des avocats, la CGTB section CNSS et les "candidats malheureux" du concours se sont constitués partie civile.

Rendez-vous est pris le 21 juillet pour la poursuite du procès.

Flora TAPSOBA

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