Devant le tribunal

Devant le tribunal/UBA : un agent de liaison et six gestionnaires de compte accusés de...

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S. S est agent de liaison à UBA siège au Burkina. Accusé de faux en écriture remontant en juin 2020, il comparaissait devant le TGI de Ouagadougou  le vendredi 24 juillet 2020. A ses côtés, six (6) autres personnes, tous gestionnaires de compte de différentes agences de UBA sont également accusés de complicité de faux en écriture.

S. S est le premier à comparaître, il lui est reproché d'avoir paraphé, signé  des demandes de prêts et apposé des cachets de vérification sur les dites demandes. Des actes, qui ne relèvent pas de ces prérogatives d'agent de liaison.

Interrogé à la barre pour ses agissements, S. S déclare que c'est à la demande des gestionnaires qui comparaissent auprès de lui qu'il complétait, paraphait puis apposait le cachet. Il explique de ce fait, que les gestionnaires lui envoyait les dossiers incomplets, avec des champs à remplir, sans cachets et qu'il complétait.

Ce qui suscite l'incompréhension du tribunal et les interrogations qui suivent. Quel est spécifiquement votre rôle en tant qu'agent de liaison à UBA et quel service est chargé de mettre le cachet que vous apposiez, comment avez-vous eu ce cachet ?

A ces questions, le principal accusé répond qu'il a pour tâche de transmettre les courriers et de suivre le traitement des demandes de prêts à chaque étape au sein de la banque. Pour ce qui est du cachet de vérification, c'est le service clientèle qui a cette attribution de l'apposer. Et il dit avoir obtenu le cachet d'une des gestionnaires, Madame K., suite à son affectation au siège de UBA.

Pour, Me Ouamdaogo, le contrat de travail de son client ne comporte aucune attribution, par conséquent, il n'exécutait que les tâches confiées par ses supérieurs

D'où cette remarque du procureur, quand vous dites que les gestionnaires vous envoyaient des dossiers incomplets, ce n'est pas leur rôle de mettre le cachet mais au service clientèle comme vous l'avez vous-même dit.

Ainsi, l'interroge le procureur, en apposant le cachet vérification à la place du service clientèle, est-ce que cela ne vous posait pas un problème même de sauter le rôle d'un service? Et aviez-vous averti vos supérieurs de votre possession du cachet? Quelqu'un vous le demandait ou vous le faisiez gratuitement sans contrepartie? S. S rétorque, «c'est mon travail, c'est devenu une pratique habituelle à notre niveau» et fait-il savoir, c'est lui qui avait la charge des cachets du service.

En outre, suite à l'interrogation du tribunal sur les attributions relevant du poste d'agent de liaison de S.S au sein de la banque. Me Ouamdaogo, son conseil est intervenu pour clarifier que le contrat de travail de son client ne comporte aucune attribution et que par conséquent, il n'exécutait que les tâches confiées par ses supérieurs.

Les gestionnaires de compte appelés tour à tour à la barre, affirment tous n'avoir jamais demandé à S. S ni de parapher à leur place, ni d'apposer le cachet de vérification. Aussi, Madame M., gestionnaire de compte à UBA Bobo dont les dossiers ont été aussi paraphés et cachetés par S.S suscite l'étonnement du tribunal du fait de l'éloignement géographique. A cet égard, elle explique que par manque de réseau, il arrive qu'ils acheminent souvent des dossiers à Ouagadougou. Cependant, elle assure n'avoir jamais demandé à S.S de parapher à sa place ou de cacheter un dossier de demande de prêts.

M. K, gestionnaire de compte à l'agence UBA de Ouaga 2000 dont S.S soutient qu'il l'appelait souvent pour lui demander de pousser des dossiers est questionné à ce sujet. M. K confirme qu'il lui arrivait effectivement d'appeler S.S pour lui solliciter ce service mais qu'il n'a jamais demandé à ce dernier de parapher à sa place encore moins d'apposer le cachet de vérification.

«on a l'impression, que depuis ce matin ce qui est derrière là vous nous cacher», le procureur

Et le procureur de lui demander ce qu'il entend par pousser un dossier et pourquoi faire appel à un agent de liaison plutôt que d'appeler directement ses collègues.

M. K fait savoir que S. S travaille au siège de UBA depuis 2014 et qu'il est familier avec les responsables des différents services, c'est pourquoi il demande souvent son aide. Mais tient-il à souligner, le service qu'il lui demandait se limitait juste à vérifier que ses dossiers avancent rapidement. Et ajoute-il, «souvent, je me déplaçais moi même au siège, pour taper à la porte des responsables de services pour m'assurer que mon dossier avance».

Certes malgré ces explications des coaccusés de S.S, le ministère public soulève ces inquiétudes. Vous avez quoi à tous vouloir la célérité d'un dossier, parce qu'on a l'impression que depuis ce matin ce qui est derrière là vous nous cacher.

C'est enfin Madame K. dont S.S affirme avoir reçu le cachet de vérification de s'exprimer. Elle n'a jamais demandé à ce qu'un dossier soit paraphé et caheté par S.S. De plus, elle certifie qu'elle ne lui a pas non plus donné un cachet. Et pour étayer ses dires, elle relate qu'en 2016, elle travaillait au service clientèle à l'agence UBA de l'aéroport et elle avait à cet effet, un cachet de vérification en sa possession. Par la suite, elle a reçu une note l'enjoignant de quitter ce poste pour rejoindre le siège en tant que gestionnaire de compte le lendemain. Et continue-t-elle, elle a ramassé précipitamment son matériel de travail qu'elle a emporté dans un carton qu'elle notifie n'avoir toujours pas entièrement déballé jusqu'à présent.

S. S déclare qu'il mettait systematiquement les cachets puis se dédit pour affirmer que c'était à la demande des gestionnaires de compte

En ajout à ses déclarations, l'avocat de Madame K. attire l'attention du tribunal que c'est uniquement sur les déclarations de S.S, qu'on attribue ce cachet à sa cliente. Mais depuis les événements relève-t-il; sa cliente n'a pas encore vu le cachet ne serait que pour dire si c'est bien le sien ou pas.

S.S est rappelé à la barre. A la question du tribunal à savoir si Madame K lui a remis le cachet main à main. Il réagit ainsi « le cachet était au bureau à ma disposition, et ils savaient tous que j'avais le cachet ». Le tribunal un peu agacé lui fait comprendre que avoir à sa disposition est différent de quand il affirme que c'est Madame K. qui lui a remis le cachet. En réponse, il dit que Madame K. ne lui a pas remis main à main le cachet mais qu'ils utilisaient le cachet ensemble. Quant à la réaction de Madame K à cette affirmation de S. S, «ce n'est pas vrai». Elle n'a utilisé un cachet de vérification au siège qu'une fois et ce n'est même pas celui dont S.S parle, mais celui du service clientèle et ce dans leurs locaux, en présence des responsables.

 A cet effet, le procureur d'interpeller en ces termes S.S, «nous poursuivons les gens parce qu'on pensait que ce sont eux qui vous demandaient de parapher et mettre le cachet. Est-ce que ces personnes vous ont demandé ou vous le faisiez systématiquement».

S.S répond qu'il le faisait systématiquement avant de revenir plus tard au cours de l'instruction sur ces propos pour dire que ce sont les gestionnaires qui lui demandaient.

Les débats devraient se poursuivre le 4 août 2020.

 

Florentin TAPSOBA

 

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