Devant le tribunal

Kaboré est ligoté et tabassé à mort ...

Soumis par Redaction le lun 29/06/2020 - 22:03
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Y. Kouanda et F. Zongo, tous deux employés de commerce, étaient à la barre devant le Tribunal de grande instance de Ouagadougou le lundi 29 juin 2020 pour répondre de faits de coups et blessures volontaires ayant occasionné la mort de la victime, qui est X. Kaboré, seulement âgé de 14 ans.

Il s’agit en fait d’un groupe de jeunes gens qui ont l’habitude de faire les 400 coups ensemble et, s’il est tard, certains dorment chez d’autres, pour rentrer le lendemain.

Kaboré X., qui est ami des deux prévenus, passe souvent le temps avec ceux-ci, soit en prenant du thé, soit en faisant d’autres hobbys. Une nuit de ce mois de juin donc, il était en compagnie de ceux-ci, avec bien-sûr d’autres jeunes gens, dans leur lieu de retrouvailles couramment appelé « Grin ». Ils restent ensemble jusque tard dans la nuit, puis, étant donné que c’est devant  la porte d’entrée des deux prévenus qu’ils se rencontrent et que certains restent pour y passer la nuit, Kaboré, qui voit qu’il se fait tard, décide d’y dormir en compagnie d’autres jeunes gens.

Tôt le matin, il se réveille et rentre chez lui. Zongo F., qui est le colocataire de Kouanda F., se réveille ensuite et constate qu’il a perdu son téléphone portable. Il réveille à son tour tous ceux qui étaient dans la maison pour les questionner. Personne, dans le lot, ne reconnait avoir dérobé quoi que ce soit. Les soupçons sont alors portés sur Kaboré, qui est parti très tôt, sans préavis. Les deux colocataires  demandent ensuite aux autres jeunes de le retrouver et le ramener. Ils le rejoignent chez lui, à la maison, et le conduisent au lieu du présumé vol.

Kaboré est ligoté et passé à tabac par ses bourreaux…

Là-bas, il est questionné et ne reconnait pas les faits. Il est alors mis à tabac par les autres, et peu après, les deux prévenus sont sommés par leur employeur de rejoindre vite leur lieu de travail parce qu’on a besoin d’eux.

Ils laissent alors le petit Kaboré aux soins des autres, afin qu’ils lui fassent avouer son vol et retrouver le portable.

Après leur départ, Kaboré est ligoté des mains et des pieds. Il est tabassé avec des bouts de bois ainsi qu’avec des coups portés à la main. Tout de même, il ne reconnait pas être l’auteur du vol de l’appareil téléphonique.

Après donc avoir tabassé le malheureux sans succès, les tortionnaires l’abandonnent sur les lieux. C’est à leur descente de travail que les deux colocataires et prévenus vont découvrir l’enfant ligoté et  très amoché. Ils font cette découverte par ailleurs avec un autre jeune, qui les aide à enlever les liens de la victime, puis ils décident de le conduire à l’hôpital. Malheureusement, quelques temps après, l’enfant meurt avant que les premiers soins n’aient commencé.

C’est donc ainsi que les deux se retrouvent à  répondre des faits. Ils expliquent néanmoins qu’ils n’ont pas participé à la torture. Kouanda explique qu’il lui a administré une seule gifle, avant qu’ils ne s’en aillent au boulot, le laissant aux soins de le cuisiner par ceux qui sont restés sur les lieux. Le propriétaire du téléphone, Zongo, déclare qu’il ne l’a même pas touché.

Pour le procureur, les deux prévenus sont bel et bien coupables des faits qui leur sont reprochés. Car il est inconcevable que ceux-ci séquestrent ainsi un enfant de 14 ans, le laissent aux mains d’autres personnes plus âgées que lui afin qu’on le torture pour qu’il avoue un délit qu’il n’a pas commis. Il requiert de ce fait la peine de prison de 07 ans, dont 04 avec sursis, pour les deux prévenus, et une amende ferme de 500 000 FCFA chacun. Le père de la victime, quant à lui, ne réclame rien et estime que tout est entre les mains de DIEU. Une affaire mise en délibéré pour le 03 juillet prochain.       

Image illustrative

Flora TAPSOBA

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