Devant le tribunal

Recrutement frauduleux 2018 à la Cnss/" nous ne somme pas assis depuis le matin-là pour s'amuser "

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Le feuilleton sur les recrutement frauduleux à la Caisse nationale de sécurité sociale (Cnss) s'est poursuivi le mardi 30 juin 2020 au Tribunal de grande instance de Ouagadougou. Les 07 prévenus étaient présents à la barre, et c'était l'audition des témoins qui avait commencé par ailleurs depuis l'audience précédente. 

Un procès qui ressemble à une répétition, puisque lors des audiences précédentes, la femme de sieur Norbert Zèda, ex Directeur des ressources humaines (DRH), est revenue sur ses déclarations tendant à dire que ce n'est que lors du tirage au sort à l'Agence nationale de la promotion de l'emploi (Anpe) que son homme a su qu'elle participait au concours du fameux recrutement à controverse qui a eu lieu en 2018. 

Zèda Marc, le petit-frère du méme Drh, soutient aussi la même chose en expliquant que son grand-frère n'était au courant de rien. Toute chose qui a paru suspect, au regard de l'admission des deux et dont, selon les enquêtes, les copies ont été reprises sur la base de celle d'un certain Ouédraogo Abdoulaye, dans la composition en culture générale. Car il se trouve que tout ce qui est écrit sur la copie de celui-ci est recopiée au mot près sur la copie des deux personnes, lui qui a reçu par ailleurs la note de 13/20. Et sur les copies des deux prévenus, Dame Zéda, qui avait la note de 11/20, se retrouve avec une note de 12/20, idem pour Marc, le petit-frère. 

 

Celui-ci reconnait par ailleurs que sa copie, à la barre, donc pas de tripatouillage, puisque c'est son écriture et sa signature qui y figurent. Il déclare qu'il ne sait pas comment les notes ont été falsifiées, et n'en est pour rien. Dame Zèda déclare la même chose. 

L'avocat du Réseau national de lutte anti-corruption (Ren-Lac), Me Zida, qui trouve que c'est du temps perdu en tergiversations, intervient et estime qu'en fait, il s'agit de savoir à qui imputer la faute, même si la personne n'a pas été prise la main dans le sac. Il signale ainsi au passage que toute personne complice de ces fraudes est passible de poursuites judiciaires, et donc, il va falloir situer les responsabilités. 

 

Un autre témoin est venu à la barre. Il s'agit de Seydou Diarra, qui a 20 ans de service à la Cnss et qui a eu sa fille admise au concours. Il explique qu'il n'était pas dans le processus de recrutement et n'a fait qu'accompagner sa fille pour le tirage à l'Anpe, ainsi que tout le reste. Il se trouve cependant que selon les enquêtes de la gendarmerie, celle-ci ne reconnait pas son écriture ni sa signature qui a été apposée sur la copie corrigée. Le procureur estime de ce fait que le père a dû avoir une influence particulière sur le recrutement, cela depuis l'Anpe, même si celui-ci n'est pas poursuivi mais cité simplement comme témoin. 

 

Le cas le plus pathétique dans cette affaire est celui de demoiselle Tougouma Edith. Elle est citée aussi comme témoin, et a passé le concours puis admise. A la barre, on lui présente sa copie afin qu'elle identifie son écriture et sa signature. Elle regarde la copie, puis répond qu'elle ne peut affirmer que c'est son écriture. Pour la signature également. Toute chose qui met le tribunal et la partie civile sur leurs gongs qui lui disent qu'ils ne sont pas assis depuis le matin-là pour s'amuser. Finalement, elle avoue que c'est sa signature, mais pour l'écriture sur sa copie, elle émet un doute parce qu'il y a 3 ans de cela que les épreuves se sont déroulées. 

Coïncidence pour coïncidence, elle aussi a sa soeur et son beau-père qui travaillent dans la boîte. Et elle est aussi admise. 

Les débats ont ensuite été houleux suite à des numéros de candidats qui se retrouvent sans note, dont les copies Ab 22, 149, 177, entre autres.

Pis, il se trouve que la copie d'un certain Abel Sawadogo, qui avait le numéro 186, se retrouve avec le 177, après que l'on ait biffé sur la copie le numéro 186 en question. Idem pour demoiselle Tougouma qui se retrouve avec le numéro 168 et dont le numéro initial a été biffé aussi. Pendant que ce n'est pas l'attribution qui leur avait été faite. 

 

Le tribunal explique qu'en fait, si l'on veut bien y voir, il y a eu des erreurs dans ces attributions de numéros. Puisque quand l'on fait le décompte, il y a au total 190 candidats qui ont composé mais, l'on retrouve que sur certains documents, il est écrit 198. Ce qui suppose donc qu'il peut y avoir erreur et donc rectification. 

La sélection des copies incriminées a aussi été abordée par la défense qui estime que ce sont uniquement celle qui arrangent le parquet qui ont été transmises pour procès. Le procureur explique que c'est lors d'une conférence de presse d'un syndicat de la Cnss que la fraude a été dénoncée. La gendarmerie est venue, a saisi les copies et a auditionné les différents acteurs de la chaîne. Ce n'est donc pas lui qui a mené l'enquête, ni lui qui a sélectionné les copies à controverse. Et c'est sur un lot de plus de 800 copies que les enquêteurs se sont basés pour choisir celles qui semblent les plus flagrantes en fraude. 

 

Me Bama, avocat de la défense, estime pour sa part que dès lors que l'affaire a été signalée par le syndicat, il fallait illico presto mettre sous scellé les copies, car rien ne prouve qu'il n'y a pas eu tripatouillage entretemps.  Il réclame in fine que les copies en entièreté soient reversées à la défense, lors de le prochaine audience. 

 Dame Salamata Weda, la correctrice, a eu maille à partir avec la défense, car elle se plaignait chaque fois de revenir sur les mêmes questions que la défense lui posait. Ce qui parait intéressant dans ses déclarations aussi est que la meilleure note est 16/20. Mais lors des débats, il revenait chaque fois la note de 13/20 de la copie recopiée du candidat Abdoulaye Ouédraogo. Le procès continue le 10 juillet 2020 avec toujours l'audition des témoins.

 

Image illustrative

Flora TAPSOBA

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