Droits humains

Affaire Tanwalbougou: la CNDH livre les conclusions de sa mission

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La Commission nationale des droits humains (CNDH) après avoir effectué une mission sur les événements de Tanwalbougou à Fada a tenu une conférence de presse lundi 22 juin 2020 à son siège. Objectif, livrer les conclusions de cette mission à l'opinion publique.

«La question qui continue de tarauder tous les esprits est de savoir si les douze (12) personnes interpellés ont été l'objet d'exécution extrajudiciaire ou non ? Sur cette question, la CNDH estime qu'à la lumière des faits recueillis au cours de sa mission et des moyens d'investigation dont elle dispose, elle ne peut tirer aucune conclusion sur les circonstances exactes ayant entraîné les violations alléguées». C'est l'information majeure portée par la Commission nationale des droits humains (CNDH) suite à sa mission sur les événements de Tanwalbougou.

Ainsi, la CNDH dit avoir appris, par voie de presse le 13 mai 2020, que le Collectif contre l'impunité et la stigmatisation des communautés (CISC) faisait cas de l'exécution extrajudiciaire de 12 personnes issues de la communauté peulh par des éléments de la gendarmerie de Tanwalbougou. Toute chose, qui a conduit, la CNDH conformément à son mandat de suivi de la situation des droits humains à s'autosaisir de ces allégations de violation des droits humains, selon Kalifa Yemboada Rodrigue Namoano, président de ladite commission.

Mais «après avoir minutieusement évalué les risques de protection à Tanwalbougou, la mission a décidé contrairement à sa planification initiale de mener une mission d'établissements des faits à Tanwalbougou, de conduire plutôt ses entretiens dans le cadre d'une mission d'information et de monitoring à Fada», rapporte M. Namoano.

Les communautés et les forces de défense et de sécurité se rejettent mutuellement la responsabilité de la dégradation du climat sécuritaire et social dans la région

A cet effet, une trentaine d'acteurs ont été entendus au cours d'entretiens individuels ou de groupes avec des corps administratifs, judiciaires, municipaux, des forces de défense et de sécurité, de la société civile et des personnes ressources. Et les conclusions qui ressortent de cette mission d'après la CNDH sont que «les personnes arrêtées affirment avoir subi des actes de torture, elles étaient en jeûne, les cellules ne disposaient pas suffisamment d'aération et il n'y avait pas de gendarmes à coté  des cellules au moment de leurs appels au secours».

 Par ailleurs, affirme toujours M. Namoano les communautés et les forces de défense et de sécurité se rejettent mutuellement la responsabilité de la dégradation du climat sécuritaire et social dans la région. En plus de la présence des FDS aidées des Volontaires pour la défense de la patrie (VDP) constitue pour une partie des habitants une source d'insécurité note les représentants du CNDH.

De tout ce qui ressort, la Commission nationale des droits humains (CNDH) a conclu en formulant des recommandations aux différentes parties prenantes. Ce sont entre autres, l'invite de la justice militaire pour la manifestation de la vérité, le renforcement du maillage sécuritaire dans la région de l'Est, l'organisation d'un cadre de dialogue intercommunautaire.

Samiratou OUEDRAOGO

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