Éducation

Rentrée académique 2019-2020 : le message des étudiantes et étudiants

jiurewe

Camarades élèves,

Camarades étudiantes et étudiants,

Le 1er octobre 2019, les scolaires et les étudiants des universités et instituts d’enseignement supérieur ont repris les activités académiques. C’est l’occasion pour la CEEB de souhaiter une bonne rentrée académique 2019-2020 à tous les élèves ainsi qu’aux étudiants des universités et instituts d’enseignement supérieur privés. Aux étudiants des universités et instituts d’enseignement supérieur publics, confrontés depuis la mise en œuvre du système LMD aux chevauchements des années académiques et à un retard sans précèdent, la CEEB leur prodigue ses vifs encouragements.

Camarades élèves,

Camarades étudiantes et étudiants,

La rentrée académique 2019-2020 s’effectue dans un contexte difficile marqué par l’aggravation de la crise sécuritaire qui secoue notre pays avec la multiplication des attaques terroristes. Des pans entiers du territoire national sont devenus des sanctuaires des groupes terroristes qui y sèment la terreur et la désolation. Cette situation présente de multiples conséquences pour les populations des zones touchées avec des milliers de déplacés internes, la fermeture de nombreux établissements d’enseignement primaire, post primaire et secondaire dans certaines localités du nord, du centre nord, du Sahel, de l’Est et du centre-Est.

Une telle situation exacerbe la crise profonde qui secoue l’école burkinabé depuis l’application du Programme d’Ajustement Structurel (PAS) imposé à notre pays par les institutions impérialistes telles que la Banque Mondiale et le FMI. En effet, tous les ordres d’enseignement sont durement frappés par cette crise. Les problèmes traditionnels tels que le déficit en infrastructures (salles de classes, bibliothèque, laboratoires etc.) et en enseignants s’empirent d’année en année. Dans ces conditions, les taux d’échec ne peuvent qu’être élevés. En témoigne les résultats des examens du BEPC et du Baccalauréat. Pour l’année  académique 2018-2019, les taux de succès au plan national sont de l’ordre de 26,62% soit une baisse de 16.32 point comparativement à l’année académique 2017-2018 pour le BEPC et de 55.11% contre 64% en 2018 pour le baccalauréat. Mais il ne pouvait en être autrement avec les reformes barbares et antisociales qui tenaillent le système éducatif. Ces réformes qui consacrent la mise en œuvre des instructions des institutions impérialistes ont mis l’école burkinabè à genou. Ainsi le préscolaire est désormais l’affaire des privés qui spéculent sur les frais d’inscription. Au niveau du primaire, du post-primaire et du secondaire les salles de classes ploient sous l’effet des effectifs pléthoriques. Les élèves sont également soumis à des conditions sociales et académiques draconiennes liées à l’absence ou à la vétusté des infrastructures scolaires, des cantines scolaires, des bibliothèques et des laboratoires pendant que leurs parents doivent faire face aux frais de scolarité exorbitants ainsi que les cotisations APE et autres cotisations dites spéciales.  C’est dans ces conditions que les autorités politiques refusent d’adopter de manière concertée des franchises scolaires laissant un blanc-seing aux responsables d’établissements qui n’en demandent pas plus pour combattre les élèves et leurs organisations combatives.

Au supérieur, les chevauchements et les retards académiques constituent le triste quotidien des étudiants des universités publiques avec l’application mécanique du système LMD. Les autorités universitaires sont devenues des experts dans le bâclage de la formation avec notamment les cafouillages dans l’organisation des examens et délibérations, le tripatouillage des curricula de formation, la réduction drastique des volumes horaires, la suspension ou la suppression de certains travaux dirigés et pratiques ou des modules entiers de formation. A cette situation il faut ajouter la privatisation de certaines offres de formation ainsi que des masters dont le coût des frais de formation varie entre 300 000 et 1 200 000 F CFA.  En somme, nous assistons à une privatisation progressive de tous les ordres d’enseignements.

Sur le plan social, le constat est également amer. L’Etat et ses intellectuels de service juchés dans les administrations universitaires travaillent sans vergogne à la clochardisation des étudiants burkinabé. Les œuvres sociales à la charge du CENOU, du CIOSPB et du FONER sont constamment remises en cause avec des atteintes graves aux intérêts des étudiants.  

Non satisfait de toute cette situation chaotique, le pouvoir du MPP et alliés continue de violer les franchises et libertés avec des escalades répressives comme ce fut le cas le 6 juin 2019 au CUP de DORI où le chargé de mission a fait intervenir la police pour réprimer les étudiants qui dénonçaient la programmation cavalière de leurs évaluations.

Camarades élèves,

Camarades étudiantes et étudiants,

Au regard de tout ce qui précède, la CEEB :

  • Dénonce la privatisation de l’école burkinabé ;
  • appelle l’ensemble des scolaires et étudiants à s’organiser davantage pour défendre de façon ferme leurs intérêts matériels et moraux ;
  • invite les scolaires et étudiants à rester solidaires et à se tenir pour les luttes à venir au cours de cette année académique 2019-2020.

En avant pour la défense ferme de nos intérêts matériels et moraux !

En avant pour une école démocratique et populaire !

Vive la CEEB !

Pain et liberté pour le peuple

                                                                                                                    Le Bureau Exécutif National

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