Élections

Pacte de bonne conduite du CSC: " cela ne résout pas l'ensemble des questions qui peuvent entacher la transparence et apaiser les élections" (Zéphirin Diabré )

Soumis par Redaction le mar 27/10/2020 - 06:52
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Candidats à l'élection du président du Faso et aux législatives, représentants de partis politiques, acteurs de la société civile, médias et agences de publicité ; s'engagent à bannir de leurs discours toute violence, pour des élections apaisées le 22 novembre prochain. Ils l'ont tous solennellement acté dans l'après-midi du 26 octobre 2020 à Ouagadougou, en signant le Pacte de bonne conduite initié par le Conseil supérieur de la communication.

Au delà des dispositions législatives et réglementaires d'encadrement du discours politique électoral, le Pacte de bonne conduite est apparu au CSC, depuis 2002, comme un moyen juridique supplémentaire qui consacre l'engagement sur l'honneur des acteurs politiques, médiatiques et de la société civile, à conformer leur conduite aux aspirations profondes de paix et de cohésion. Après sa phase d'élaboration le 29 septembre dernier, il est désormais une réalité.

Ainsi c'est un engagement solennel des candidats aux élections à interdire à leurs militants toute attitude, tout comportement ou tout propos susceptible de porter atteinte à la cohésion sociale.

Pour les bloggueurs, une saine utilisation des réseaux sociaux en y proscrivant la haine, la stigmatisation. Quant aux médias et les agences de publicité, c'est rester équitables vis-à-vis des candidats dans l'éthique et la déontologie.

Aussi, pour Clément Sawadogo, représentant du candidat Roch Marc Christian Kaboré qui s'est exprimé à l'issue de la signature du Pacte de bonne conduite, «nous nous engageons à réaliser une campagne apaisée dans la courtoisie, dans la considération mutuelle. Quand on regarde ce qui se passe ailleurs, c'est à l'honneur de notre pays, que les candidats à la présidentielle et aux législatives s'engagent à mener une campagne civilisée, respectable».

Et d'ajouter, qu'ils avaient déjà balisé cette question au niveau de l'Alliance pour la majorité présidentielle (APMP), en adoptant à l'interne, un code de bonne conduite pour mener une campagne qui respecte les principes de la démocratie.

A entendre, Zéphirin Diabré «c'est bien qu'on ait signé ce pacte mais, cela ne résout pas l'ensemble des questions qui peuvent entacher la transparence et apaiser les élections»

Zéphirin Diabré, chef de file de l'Opposition politique a lui laissé entendre, que l'Opposition burkinabè a toujours été républicaine et cette signature symbolise pour eux, une promesse à se conformer à un certain nombre de règles et à éviter tout comportement de nature à entacher le caractère apaisé des élections.

Cependant, a-t-il souligné, c'est une bonne action, mais le problème c'est que la pratique politique sur le terrain amène parfois des paramètres qui ne sont pas d'une certaine manière pris en compte dans le pacte. Ce pacte met essentiellement l'accent sur le langage et les comportements, fait-il savoir.

Or, ne manque-t-il pas de noter et de s'interroger, «il y a des comportements qu'on voit actuellement sur le terrain qui nous posent problème et qui ne semblent pas être pris en compte. Quand on voit ce qu'il y a comme corruption électorale, où on prend des cartes d'électeurs de femmes pour leur promettre de l'argent sur leurs comptes orange money. Cela rentre dans quel contexte? Quel est le cadre qui nous permet de nous assurer que cela est pris en compte?».

Avant de conclure, que c'est bien qu'on ait signé ce pacte mais cela ne résout pas l'ensemble des questions qui peuvent entacher la transparence et apaiser les élections. D'où, il a déclaré qu'il faudrait qu'il y ait une réflexion plus approfondie afin que toutes les «pratiques malsaines»,  de nature à polluer le climat démocratique en cas d'élections soient aussi prises en compte dans les engagements futurs.

Le CSC entend jour un rôle de veille dans la mise en œuvre en garantissant, au niveau des médias publics, l'égal accès et dans les médias privés, l'équilibre de l'information aux candidats

En outre, le président du CSC pour sa part, a félicité tous les acteurs qui viennent de démontrer que les burkinabé ont trouvé leur voie pour conduire leur processus électoral. C'est selon lui, un engagement moral que les uns et les autres ont pris pour polisser leurs propres discours politiques.

Tenant ainsi compte,  a-t-il affirmé, que «notre pays traverse des difficultés, c'est à nous pendant cette compétition électorale de savoir utiliser et manier le langage qu'il faut afin d'éviter d'exacerber encore cette tension socio-sécuritaire».

Sur la question d'une éventuelle sanction en cas de non-respect de ce Pacte de bonne conduite, Mathias Tankoano répond que, «la sanction suprême pour quelqu'un, c'est quand on le considère comme ne tenant pas compte de sa parole donnée. Cette sanction morale est largement suffisante». Par ailleurs, il se dit rassuré à ce sujet, vu que tous les acteurs ont fait montre d'une volonté manifeste de concrétiser leurs engagements et ont tous signé librement .

Du côté du Conseil supérieur de la communication, c'est un rôle de veille dans sa mise en œuvre qu'il entend jouer. Notamment, en accompagnant les acteurs dans cette volonté. Et ce, en travaillant de façon correcte à ce qu'au niveau des médias d'Etat, l'égal accès soit respecté, et en ce qui concerne les médias privés l'équilibre de l'information soit garanti pour tous les candidats en lice.

Dans les grandes lignes du Pacte de bonne conduite, les partis se sont engagés à éviter tout propos haineux stigmatisant, à sensibiliser leurs militants à avoir un langage apaisé et rassembleur. Également à recourir aux moyens légaux en cas de conflit.

Par ailleurs, quatre des candidats à la présidentielle n'ont pas signé le pacte, mais rassure le président du CSC, cela est dû à des contraintes de temps sinon aucun candidat n'a remis en cause la signature du pacte. Ils sont tous partants.

Samiratou OUEDRAOGO

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