Le Café : le message de Blé Goudé à Ouattara ou la logique du « Faites ce que je dis, mais ne faites pas ce que je fais »

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Charles Blé Goudé, actuellement en liberté conditionnelle à La Haye, ne manque plus d'occasion pour clouer Alassane Ouattara et son équipe gouvernementale au pilori. Il a chaussé les gants le samedi 4 janvier dernier pour fustiger dans une « adresse aux Ivoiriens (…) un régime qui crucifie le processus de réconciliation nationale sur l’autel de ses intérêts ». Il a aussi dénoncé « les arrestations arbitraires des opposants, l’interdiction de meeting de l’opposition, la justice expéditive » et « aux ordres » en Côte d’Ivoire. Celui qui se faisait appeler ministre de la rue en Côte d'Ivoire entre 2002 et 2010 a affirmé que « la météo politique (…) n’est pas rassurante pour l’année 2020, année électorale, année décisive, année sensible ». Et a appelé à « la mise en place d’une commission électorale véritablement indépendante(...)d’un découpage électoral qui réponde aux standards internationaux », à « la révision du listing électoral » et à « la gratuité de la carte nationale d’identité ». Il a pour finir dénoncé le « harcèlement judiciaire » qui a pour « seul but de m’écarter du débat politique dans mon pays ». Au total, il n'a nullement fait cadeau au numéro un ivoirien et son régime. Après de tel propos du premier responsable des ex-jeunes patriotes, l'on est curieux de savoir s'il s'agit effectivement de Blé Goudé. Lui, le ''Zadi Gbapè'' qui traitait autrefois d'étrangers Alassane Ouattara et ses hommes et chassait ou détestait tous ceux qui s'y apparentent. Et tous ceux dont les patronymes sonnaient malinké. Lui et ses hommes qui ne se gênaient pas à chanter autrefois « On est xénophobes, on est xénophobes, on s'en fout !!! ». Lui encore face à qui de 2002 à 2010, ni la justice, ni l'armée, encore moins les ministres et tout autre citoyen en Côte d'Ivoire ne pouvaient apporter de contradictions. Blé Goudé qui ordonnait parfois aux jeunes patriotes de déchirer tous les journaux mis sur le marché et dont la ligne éditoriale était contraire au point de vue de son mentor Laurent Gbagbo. C'est donc cet homme qui parle aujourd'hui d' ''une justice aux ordres''. Ou d' ''un harcèlement judiciaire''. Lui qu'aucun pays n'a accepté d'accueillir après sa mise en liberté conditionnelle par la Cour pénale internationale (Cpi) pour des raisons propres à chaque dirigeant. C'est ce ''loup'' qui est aujourd'hui vêtu d'agneau et s'adresse aux Ivoiriens. Propos sincères d'un homme façonné par cinq années de geôle ? Ou simple stratégie pour enfariner l'opinion internationale afin de rentrer en Côte d'Ivoire et reprendre plus déchaîné que jamais là où il a arrêté ''son'' combat de chasse aux étrangers et d'exclusion de certains citoyens ? Dans tous les cas, avec Charles Blé     Goudé, sans se mentir, c'est du « Faites ce que je dis, mais ne faites pas ce que je fais ».

Bonne dégustation !!!

 


Zoodyinga

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