Le Café/Côte d’Ivoire : la classe politique bousculée

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La déclaration d'Alassane Ouattara du 5 mars dernier de ne pas briguer un autre mandat à la tête de l’État ivoirien est venue comme un coup de pied qu'il a donné dans une fourmilière. Depuis qu'il a fait l'annonce, des réactions ne cessent de pleuvoir. Les acteurs de l'opposition ivoiriennes sont même divisés sur la question. Pour le président du parti Liberté et démocratie pour la République (lider) Mamadou Koulibaly par exemple, sur son compte twitter on a pu lire « Une annonce pour détourner de l’essentiel », Puis il ajoute « rien dans le serment du président ne lui demande de modifier la Constitution et le code électoral, sans consultation du peuple, de désigner son successeur, jeune ou vieux, et de se féliciter de ne pas briguer un troisième mandat anticonstitutionnel ». Il est allé plus loin pour indiquer « Peut-être que la clameur publique liée à notre dénonciation de ses velléités l’aura fait évoluer dans ses ambitions. Quand sous les cris l’aigle lâche sa proie… ». Guillaume Soro, ex-président de l'Assemblée nationale qui en veut terriblement déjà à Alassane Ouattara après sa démission de la tête de la première chambre du parlement a été plus long et plus rude : «Renoncer à violer la Constitution, excusez du peu, est la moindre des choses. Cela n’en rend pas moins condamnable le dessein présidentiel, totalement assumé, de transférer le pouvoir à un successeur choisi...Appelons-les choses par leur nom : c’est le scénario d’une véritable forfaiture qui se met en place. Le pouvoir appartient au peuple, c’est indéniable. Ce n’est ni un héritage, ni un legs. Il ne se transfère pas. C’est au seul peuple de Côte d’Ivoire d’élire le président de la République. C’est son droit inaliénable. Le schéma qui se présente à nous est celui d’un projet de dévolution successorale du pouvoir suprême, par le biais d’une manœuvre constitutionnelle». Puis sortant carrément du cadre de la déclaration de Ouattara sur sa non candidature,  l'ex-chef rebelle ivoirien ajoute : «ce régime ne se contente pas de museler ses opposants, d’emprisonner des députés sans la levée de leur immunité parlementaire ni de mettre la Justice à sa botte : il manipule notre Loi fondamentale, trois ans seulement après son adoption par référendum, en la triturant au nom de petits calculs électoralistes». Pour sa part, Simone Ehivet Gbagbo, épouse de l'ex-chef de l’État Laurent Gbagbo en liberté conditionnelle en Belgique s'est voulue objective et reconnaissante : « Cette décision très importante est très courageuse de sa part. Mais pour la nation ivoirienne, c’est une décision salutaire qui va contribuer à consolider la démocratie, le respect de nos textes fondamentaux et la paix des cœurs en Côte d’Ivoire. De la manière j’ai salué et remercié Monsieur Alassane Ouattara d’avoir pris l’ordonnance d’amnistie qui nous a rendu la liberté en aout 2018, de cette même manière aujourd’hui je lui adresse mes félicitations et mes sincères remerciements pour cette décision forte qu’il vient de prendre », a dit Simone Gbagbo. Lorsque le Front populaire ivoirien (Fpi) parti fondé par Laurent Gbagbo et dirigé en ce moment par Pascal Afi N'guessan « salue le respect de l’engagement pris par le Président Ouattara qui est un signal fort pour le renforcement du jeu démocratique.  La configuration d'un État moderne suppose la consolidation de la démocratie. De plus, elle permettra de donner la chance d'une alternance dans le respect des règles institutionnelles. En effet, cette décision pourrait permettre une passation des charges et assurer de façon plus efficace la continuité de l’État. En outre, le Fpi pense que cette décision du Président Alassane Ouattara va atténuer les crispations nées des incertitudes ainsi que de leurs conséquences politiques, économiques et sociales. Par ailleurs, le Fpi invite le Chef de l’État à prospérer dans cette voie et à se tenir à équidistance des chapelles politiques. Mais surtout à « saisir cette opportunité pour faire aboutir le processus électoral pour une alternance crédible en abordant résolument les questions qui restent en suspens au nom de la paix sociale ». Au total, toute la classe politique ivoirienne a été bousculée durant toute cette semaine après la déclaration du Chef de l'Exécutif ivoirien.

Bonne dégustation !!!

Zoodyinga

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