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Atelier du Rire : …et de deux pour l’humour

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Après le Collectif des Architectes du Rire (CAR), piloté par Moussa Petit Sergent qui a ouvert son espace de représentation en octobre 2018, c’est au tour de Gérard Ouédraogo dit Excellence Gérard de présenter le sien, toujours dans cette «cité» culturelle de Gounghin. Baptisé «L’Atelier du Rire du cercle des arts vivants», c’est un espace dédié aux arts vivants qui fait la part belle au métier du rire. Formation, création, partage, échanges, diffusion sont entre autres les grandes attributions de cet atelier qui vient une fois de plus, enrichir le paysage culturel de notre pays.

Celui qui aura été le théâtre de toutes les attractions hier lors de l’ouverture de cet atelier, n’était autre qu’un comédien, humoriste et auteur de cinéma très aguerris et très célèbre. Gérard Ouédraogo puisqu’il s’agit de lui, a participé à de nombreuses tournées théâtrales internationales. Mais c’est surtout à la télévision nationale en compagnie de Dani Kouyaté, qu’il a véritablement accédé à cette réputation en imitant l’ancien Président du Faso, Blaise Compaoré. D’où son nom de scène «Excellence Gérard». Toujours soucieux de contribuer au développement de l’humour dans son pays, il créa en 2014, le «Comedy Club» et partagea même la scène avec de jeunes humoristes qu’il a lui-même formé. Tels que : Philomène Nanema dite Philo Nanema, Mahamadi Sidibega dit Nifa, Romain Sawadogo dit Sandokan, Sylvain Yameogo dit Jaguar.

En ouvrant l’Atelier du rire du cercle des Arts vivants, Excellence Gérard, vient de socialiser le rire. Car c’est un mode de communication qui, non seulement permet l’affirmation en soi, mais joue aussi une fonction de sociabilité.

Personnellement, je l’ai remarqué hier à Gounghin, quand j’ai vu cette marée humaine assiéger cet espace. Chaque centimètre était convoité avec parcimonie. Tout le gotha (ou presque) de la culture et surtout des Arts vivants était présent. L’intervention du metteur en scène, écrivain et dramaturge Ildevert Méda en sa qualité de président de la fédération de la faitière, témoigne de l’estime et de l’exploit que Gérard Ouédraogo a consenti pour mettre sur pied ce projet. Quant à l’un des doyens parmi tant d’autres présents hier, en l’occurrence Prosper Kompaoré de l’ATB, il n’a pas manqué de philosopher comme lui seul sait le faire, sur l’importance de l’humour dans le milieu des Arts vivants et la nécessité d’ouvrir cet Atelier. Ce qui n’a pas empêché l’imprésario de la soirée Abass Hamidou Ouédraogo de lui rendre une fois de plus, des honneurs mérités.

Le rôle que commence à jouer l’humour au Burkina Faso devient de plus en plus enthousiasmant. D’ailleurs, il doit retrouver ses lettres de noblesse d’antan, au regard du climat délétère dans lequel nous nous trouvons en ce moment. L’humour à mon avis, est un phénomène culturel qui fonctionne différemment selon les sociétés. En effet, le rire est parfois prescrit, autorisé ou prohibé selon les sujets. Parfois, en fonction de l’âge, du sexe, du statut social, du cadre socioculturel, de l’objet du message, des émetteurs. C’est pour ça qu’il est polyfonctionnel et polysémique. En plus de nous permettre de mieux tolérer notre stress quotidien, il nous aide aussi à tisser des liens avec nos semblables.


Donc, l’Atelier du Rire est tombé pile-poil ! La formation devient de plus en plus récurrente dans cette discipline et les adeptes sont de plus en plus nombreux. La petite brochette de jeunes comédiens que Jean Aime Bayili dit Johness de Génération 2000 a présenté hier, en dit long. La demande devient de plus en plus forte et les courroies de transmission doivent s’agrandir.

Dommage que la culture à travers ses créateurs et ses acteurs, développe d’énormes initiatives tant sur le plan logistique qu’instructif, mais j’avoue que la volonté politique ne suit pas toujours!
Rendez-vous compte que ; depuis plus de vingt ans que les espaces culturels existent dans nos quartiers à Ouagadougou, ils ne bénéficient d’aucune accessibilité moderne digne de ce nom. Aucun aménagement goudron, pavé, macadam etc. Pas de canalisations. Les routes sont impraticables surtout en saison pluvieuse. De l’Espace culturel Gambidi à Dassahgo à l’Espace Culturel Barso en passant par l’ATB, les Récréatrales, Marbayassa, le CAR, l’EDIT d'Irene Tassembedo etc. pour y accéder, c’est un véritable parcours de combattant. Certes, l’Etat ne construit pas les routes pour les artistes, mais de grâce : que la construction de nos routes dans la capitale, s’active à vitesse Grand V.

Un baptême de feu qui aura connu donc toutes ses promesses. Le public diversement représenté n’a pas marchandé sa participation. Des comédiens, des hommes de culture, musiciens, le BBDA, le Ministère de la Culture des Arts et du Tourisme, les journalistes, les riverains et même les curieux sont venus découvrir le nouvel espace. Ce qui n’a pas empêché la plupart de se ruer sur le cocktail qui était prévu pour la circonstance. Pendant ce temps, ce qui captivait les journalistes, c’est cette fameuse feuille blanche de présence, considérée comme un précieux sésame qui circulait de mains en mains. Pendant que le public s’abreuvait et s’agglutinait autour des garçons du service traiteur, les hommes de médias pourchassaient la détentrice de cette feuille blanche. « Où est la liste de présence ? Je n’ai pas mis mon nom… » bourdonnaient certains entre les oreilles.

Sacré métier de journaliste ! Pauvre de nous.

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