Devant le tribunal

Devant le tribunal: "Je suis un "indic" des douanes, pas douanier!"

Soumis par Redaction le jeu 21/02/2019 - 22:42
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Il s'appelle O. Seydou. Il se dit "indicateur" œuvrant pour les services de la lutte contre la fraude. Il comparaissait cependant ce mercredi 20 février 2019, devant le tribunal de grande instance de Ouagadougou, pour répondre de faits d'escroquerie, de tentative d'escroquerie et d'usurpation de fonction. 

 

 

 

Pour la petite histoire et selon le chef de Brigade Ouaga-mobile en charge de la douane Ky Hilaire, sieur O. Seydou est venu le voir un jour pour se présenter comme un indicateur qui a travaillé avec ses prédécesseurs. Le Chef de Brigade, l'écoute et lui donne ensuite sa carte de visite. Plus tard, il entend que le prévenu, Seydou, a intercepté un taxi-moto qui convoyait des poulets de chair avariés et a conduit le chauffeur à un commissariat de police de la place. 

Le chef de brigade l'appelle et lui explique que pour des raisons de sécurité pour sa propre personne, il ne doit pas agir de la sorte. 

 

 

Il se trouve cependant que Seydou avait une habitude pas propre aux yeux des gabelous. Pour son dernier forfait et selon sieur Nikiéma, agent des douanes, Seydou a poursuivi sieur Kaboré S., commerçant, qui conduisait son camion. Ledit camion avait à son bord le même sieur Nikiéma, qui est douanier. 

 

 

Dans une voiture de marque Mercedes, Seydou arrive donc et bloque le passage au commerçant en question, pendant que la douane avait déjà saisi ses marchandises. 

Celui-ci le reconnait aussitôt et dit au douanier Nikiéma à bord que ce douanier aussi lui cause tous les ennuis possibles en lui demandant de l'argent, sinon il sera dénoncé pour ses activités frauduleuses. Nikiéma lui dit alors de s'arrêter, afin qu'il voit qui est ce douanier en question. 

 

 

Sieur Kaboré s'immobilise, et Seydou vient lui demander ce qu'il transporte puis, de surcroît, de faire la même chose qu'il en a l'habitude, sinon il va le dénoncer pour fraude. 

 

 

Kaboré lui dit que les marchandises ne lui appartiennent pas, mais qu'il aille voir le propriétaire qui est dans le camion, faisant croire à Seydou que c'est le vrai "proprio", pendant que c'est un douanier qui conduisait le véhicule à leur brigade dite mobile...

 

 

Seydou arrive donc et voit le douaner Nikiéma qui descend du véhicule avec un aérosol. Il reconnait directement que c'est un agent des Douanes. Il se se permet de lui faire une ration de gardes-à-vous, et se présente comme un agent de la coordination nationale de lutte contre la fraude. Le douanier lui demande ses papiers, dont la Carte de commission d'emploi, mais celui-ci exhibe une Carte nationale d'identité où il a pour profession "chauffeur", et explique qu'il travaille avec la coordination. 

 

Le douanier, sieur Nikiéma, qui veut y voir plus clair, l'oblige à le suivre à la brigade, malgré les cartes de visite que celui a présenté comme des personnes ressources. 

 

C'est ainsi donc que sieur Seydou a été conduit devant la gendarmerie, entendue et déféré à la Maison d'arrêt et de correction de Ouagadougou (MACO). 

 

 

Le Chef de brigade mobile, Hilaire Ky, ne réclame cependant rien au titre des dommages mais explique que c'est juste une leçon pour le prévenu qui ternit l'image des agents des douanes. Outre cela, un "indic" ne doit même pas s'exposer ainsi aux contrevenants, au risque de sa vie. Il raconte que sieur Seydou a conduit de son propre chef un tricycle transportant des poulets de chair avariés dans un commissarit de la place, et quand l’information lui est revenue, il l'a appelé pour expliquer que c'était dangereux pour sa propre sécurité. Outre cela, ce n'est pas normal pour un indic qui doit cependant se faire le plus discret possible. 

 

 

Mais Seydou a outrepassé ses prérogatives, et se retrouve donc devant le tribunal. Le procureur a requis contre lui la peine de prison de 24 mois ferme. Le commerçant fraudeur a été rabroué par l'avocat du prévenu qui estime que celui-ci est en infraction en contournant les douanes par des pots-de-vins, pour venir ensuite réclamer la somme de 175 000 FCFA versée à son client.  Une affaire qui est mise en délibéré pour ce 06 mars 2019 par le tribunal...

 

 

Claire Leboeuf     

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