Opinions

22 novembre : aux urnes citoyens !

Soumis par Redaction le sam 21/11/2020 - 14:43
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Le moment tant attendu est enfin là ! Ce 22 novembre, le Burkina Faso doit écrire une nouvelle page de son histoire politique et démocratique. Trêve de récriminations, de polémiques stériles et puériles, de tergiversations. La vérité se trouve dans les urnes. Il faut donc s’y rendre massivement pour opérer un choix judicieux. L’avenir du pays est en jeu.  Il ne faut point rester passif pour subir le choix des autres. C’est maintenant qu’il faut agir. Plus tard, ce serait trop tard…

Qui des 13 candidats en lice raflera la mise ? L’élection sera-t-elle pliée en un seul tour ou en ¼ de tour pour reprendre une formule chère à Salif Diallo ? Va-t-on assister à un second tour avec un bouleversement de l’establishment actuel ? Bien malin qui pourrait apporter des réponses définitives à ces interrogations. Au regard du nombre de candidats, les jeux sont ouverts. Toutefois, le Président sortant Roch Kaboré est largement favori au regard de l’émiettement de l’opposition et du constat fait sur le terrain en termes de mobilisation de l’électorat durant la campagne.  Une victoire de Roch Kaboré dès le soir du 22 novembre ne sera guère une surprise. En dépit des nombreux écueils et des limites de son action, son bilan parle pour lui-même en matière de réalisation d’infrastructures, de lutte contre le terrorisme, de créations d’opportunités d’emplois pour les femmes et les jeunes, d’amélioration de l’offre sanitaire, de commerce, d’industrie d’artisanat, de rayonnement international du Burkina Faso, … En plus de ses qualités intrinsèques, il a derrière lui une machine électorale (MPP) solidement implantée et qui a su ratisser large afin de consolider l’union sacrée autour de Roch Kaboré.  Il s’achemine donc vers une réélection sans ambages.

Duel serré entre le CDP et l’UPC pour le CFOP

En face, les deux principaux partis d’opposition le CDP et l’UPC ont connu de nombreux déboires avec des démissions spectaculaires de part et d’autre. Tous ces éléments joueront dans la balance au décompte final. Un parti comme l’UPC qui a perdu 13 députés au cours d’une législature et dont certains maires ont démissionné pour rejoindre d’autres chapelles politiques aura fort à faire pour colmater les brèches d’autant plus que son candidat s’est livré à des promesses pour le moins déroutantes durant la campagne…  En 2015, le parti avait bénéficié de l’enthousiasme de l’insurrection populaire.  Beaucoup d’eau a coulé sous les ponts depuis lors. Les certitudes d’hier ne sont donc plus celles d’aujourd’hui. La campagne nous a également permis de découvrir des candidats en panne d’imagination qui ne semblaient être là que pour amuser la galerie tant ce qui leur servait de programme politique était énigmatique et insaisissable pour eux-mêmes a fortiori pour un électeur. Mais diable que sont-ils allés chercher dans cette galère ? A présent, chaque acteur doit jouer pleinement son rôle pour des élections transparentes, crédibles et apaisées. Certains commencent déjà à crier à la fraude sans la moindre once de preuve.  Ils menacent d’en appeler à leurs partisans s’ils n’étaient pas élus. C’est vrai que la campagne électorale doit être animée. Mais certains propos et certaines postures peuvent mettre le feu aux poudres si l’on y prend garde.  Dans une élection, il y’a forcément un vainqueur et un vaincu.  C’est la règle du jeu. Le Burkina Faso a bataillé ferme pour avoir une CENI tripartite. En 2015, le travail de la CENI a été apprécié à travers le monde entier. Il n’y a pas de raison qu’il en soit autrement en 2020. Les acteurs politiques doivent donc se fier à la CENI et au Conseil Constitutionnel seuls habilités à proclamer et à valider les résultats. Des voies de recours juridiques existent pour d’éventuelles contestations. Nul n’est besoin de faire usage de la violence ou de précipiter le pays dans une crise post-électorale sans fondement.  Au stade où en est le Burkina Faso, le vaincu devrait avoir l’humilité de féliciter le vainqueur pour permettre au pays de se remettre rapidement au travail. Beaucoup de défis attendent les Burkinabè qu’ils ne peuvent se payer le luxe de sempiternelles querelles.  C’est pour cette raison que la réconciliation nationale doit figurer au rang de plus grandes priorités du Président qui sera élu. Au regard de ce qui a été fait durant ces 05 dernières années et au vu de la campagne, le titre de chef de file de l’opposition devrait se jouer dans un mouchoir de poche entre le CDP et l’UPC avec un léger avantage pour le CDP au regard de son implantation. Pour Roch Kaboré, ça devrait passer comme une lettre à la poste. Ce n’est point de la prestidigitation.

Jérémie Yisso BATIONO

Enseignant chercheur

Ouagadougou

 

 

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