Opinions

Burkinabè de tous les bords, vous êtes des anges

Soumis par Redaction le dim 02/12/2018 - 23:08
dr

La sagesse des sociétés traditionnelles burkinabè invite au bon usage de la langue. Il suffit de lire ou d’écouter attentivement les propos des autorités en place et des responsables de l’opposition pour comprendre que cette sagesse n’est pas valorisée. Il ne se passe pas une semaine sans qu’un membre de l’élite politique, intellectuelle, syndicale ou de la société civile ne diabolise d’autres membres appartenant à une tendance opposée. Des premiers responsables aux simples adhérents de partis politiques passent le temps à se dénigrer.

Tout comme un père qui passe son temps à déclarer à ses enfants qu’ils sont des vauriens et ne réussiront pas dans la vie et voit ses malédictions se réaliser, le processus de diabolisation de Burkinabè par d’autres Burkinabè se concrétise. Pourquoi l’intelligence collective ne se rend pas compte que nos mots se transforment en maux ? Pourquoi une catégorie de Burkinabè peut croire qu’elle appartient à la race des élus alors qu’une autre partie appartient à celle des maudits ? N’est-il pas temps de se rendre à l’évidence en comprenant qu’en chaque Burkinabè dort l’ange et le diable ? Tout comme les fruits du jardin, les plantes de la haine produiront des diables et les plantes de l’amour produiront des anges. Quelles plantes allons-nous choisir de soigner ? Nous avons le choix.

La loi de l’attraction enseigne que nos pensées sont des faits. Nous attirons ce que nous prononçons par la bouche. Les choses qui se ressemblent s’attirent. J’ai la conviction que les Burkinabè sont des anges. Ils/elles sont des êtres divins qui vivent une expérience humaine. Par ignorance ou par intérêt, les Burkinabè, tout comme les êtres humains qui peuplent la planète, cèdent souvent à leurs stéréotypes, à leurs préjugés, à leurs perceptions et construisent un monde manichéen composé de de l’Axe du Mal et de l’Axe du Bien. Cette construction mentale invite chaque personne à choisir son camp, celui du Bien. La réalité est qu’il n’y a pas un camp absolument bien et un camp absolument mal. Dans le Bien, on peut trouver une dose de Mal et dans le Mal, on peut trouver quelques traces de Bien.

Pire, en fonction de la position, des intérêts et des besoins, le Bien et le Mal sont mouvants. Dans l’espace politique burkinabè, il n’est pas rare de voir des allers-retours d’un camp à l’autre. Tout cela démontre qu’il n’y a pas de Bien absolu ni de Mal absolu. Le Bien et le Mal cohabitent et s’influencent. Les religions révélées et les traditions consacrées se donnent pour mission d’aider toute personne à s’élever pour cultiver le Bien et pour taire le Mal.

Ce propos est loin d’être une volonté délibérée de berner les consciences et de les empêcher à voir l’évidence. Il s’agit d’une vérité puisée dans les enseignements de l’Univers. Il s’agit d’une vérité qui se distingue de la réalité. Car tout le monde est convaincu que « la vie est un combat ». Et tout le monde a raison car il s’agit d’une réalité vécue et observée. Mais dans son essence, en vérité, « la vie est un jeu » avec des règles strictes à respecter. La violation des règles de la vie transforme la vie en combat. La diabolisation n’est qu’un aspect de la violation des règles de la vie. En vérité, chaque personne est faite à l’image de Dieu et est donc un ange potentiel. Il doit simplement se révéler.

J’ai la conviction que les Burkinabè sont toutes et tous des anges. Je rêve de voir chaque Burkinabè apprécier son semblable, reconnaître en chaque Burkinabè un modèle d’amour pour la patrie. Je rêve de voir les autorités politiques trouver en chaque opposant un ange. Je rêve de voir chaque opposant découvrir en chaque membre de la majorité présidentielle un ange. Les anges voient des anges, les diables voient des diables car ceux qui se ressemblent s’assemblent. Le Burkina Faso est le territoire d’anges qui doivent se reconnaître et s’apprécier comme telles/tels.

Allons-nous encore continuer à perdre notre temps à construire des diables pour nous autodétruire ? Lorsque vous avez de la haine contre une autre personne, sachez que cette haine ronge votre propre âme et non celle sur qui porte votre haine. Combien de personnes souffrent de maladies incurables parce qu’elles sont des supports de haine et de colère ? Tous les scanners du monde ne peuvent pas détecter les ravages de la haine. Il est d’ailleurs plus facile d’aimer que de détester.

Ce message est un appel à l’amour, un hymne à la cohésion sociale, une convocation d’anges pour le salut du Burkina Faso. Etre anges, c’est être épris de justice, de vérité et de paix. Etre ange, c’est reconnaître l’identité d’ange de l’autre. Etre ange, c’est être Burkinabè.

Zoob-noogo SILMANDE, Analyste/IACDI

Commentaires

Soumis par The Peace Man Brice (non vérifié) le lun 03/12/2018 - 08:04

Permalien

Une très bonne analyse qui traverse toute l'histoire de notre cher pays le Burkina Faso. Il est cependant important et nécessaire de voir et de donner une considération à notre côté ange que celui du diable.
Encore merci Dr

Ajouter un commentaire

Vérifions que vous n'êtes pas un robot

8 + 7 =
Trouvez la solution de ce problème mathématique simple et saisissez le résultat. Par exemple, pour 1 + 3, saisissez 4.

Pour vos commentaires, éviter, tout message à contenu diffamatoire, vulgaire, violent, ne respectant pas la vie privée .

sni long

Les trois dernières publications