Opinions

Le palu : une guerre sans fin...

Soumis par Redaction le Jeu 09/05/2019 - 11:45
PALU

« La loi est dure mais c’est la loi » aiment à dire les juristes ; comme eux j’ai envie de dire : la vérité est dure, implacable mais c’est la vérité : le paludisme est la maladie qui envoie le plus de monde de vie à trépas ici- bas, surtout en Afrique ; quand on prend le temps de se pencher sur les statistiques, les chiffres donnent le vertige : 250 mille morts par an, rien qu’en Afrique ; plus simplement dit 1 enfant meurt du palu toutes les deux minutes quelque part ; pour vous donner une idée plus concrète cela veut dire que depuis que je vous parle quand j’aurai cessé on aura pas le tps de passer à une autre émission que 2 enfants seront déjà morts de palu. C’est fou, n’est- ce pas ? Ce qui est curieux c’est que plus les années passent, plus cette maladie devient difficile à soigner ; fini le temps où il suffisait de se laver de deux ou trois bains de décoctions de feuilles diverses accompagné tout au plus de quelques comprimés et vous voilà rétabli. Mais que se passe- t – il dc ?pourquoi la recherche pour trouver le remède miracle ou le vaccin fatal contre le paludisme met tant de temps de se concrétiser ? pourquoi les populations sont toujours aussi fragiles face à la piqure de ce minuscule insecte ?simples questions de profanes, réponses certainement compliquées. On peut être tenté de jeter la pierre à l’occident à qui l’on peut reprocher de ne pas faire plus et mieux ; on pourrait se demander pourquoi les bailleurs de fonds sont si réticents à délier le cordon de la bourse au profit des chercheurs ; on pourrait relever qu’il n’ a fallu aux grosses fortunes françaises que 72 petites heures pour rassembler la rondelette somme d’un milliards d’euros ce qui fait, si je n’ai pas omis un ou deux zéro dans ma o combien pénible tentative de conversion monétaire, ce qui fait dis-je, la somme astronomique d’un peu plus de 655 milliards de f CFA pour restaurer la cathédrale notre dame de paris ravagé par les flammes d’un bien mystérieux incendie; mais…que voulez-vous à chacun ses priorités. Et puis que font nos milliards à nous face à ce fléau car ce n’est plus un secret, il y en a de plus en plus des milliardaires dans ce pays ? Avant de jeter la pierre aux autres je pense qu’il nous faut d’abord balayer devant notre porte à nous .parce que dans cette affaire, nous non plus, nous ne sommes pas sans reproches ; par exemple on ne peut pas dire que nos populations soient très réceptives aux multiples campagnes de lutte contre le palu régulièrement lancées par le gouvernement ; autre exemple : on ne peut pas dire que le prix de la moustiquaire imprégnée soit au-dessus des moyens du citoyen lamda mais on n’a jamais signalé de bousculades aux lieux de vente de ce produit, présenté pourtant comme l’arme fatale de prévention contre la maladie; même quand c’est gratuit, ce qui est souvent le cas, on n’ a pas l’impression que tout le monde est convaincu de son utilité ; par ailleurs d’autres mesures comme celles concernant l’hygiène sont bien souvent foulées aux pieds de façon consciente et ou inconsciente ; un exemple : voyez-vous-mêmes, combien de citadins, sourds eux injonctions et aux mises en garde de la mairie, continuent d’ entretenir des champs de maïs ou de mil en plein Ouagadougou, au moment de la saison des pluies, juste pour le plaisir de jouir de cette satisfaction villageoise de récolter quelques épis de maïs semés dans sa maison ou à coté, oubliant ou préférant faire semblant d’oublier les crises de palu des membres de sa famille ou des familles voisines provoquées justement par la population de moustiques qui s’épanouissait impunément dans ce fameux champ. En deux mots comme en mille la lutte contre le palu ne peut aboutir que si elle est menée de façon concertée ; a chacun donc de jouer correctement sa partition, en adoptant rapidement un changement de comportement citoyen dans cette affaire ; c’est urgent parce que c’est une question de vie ou de mort pour les plus fragiles éléments de la société : les enfants ; dois-je rappeler l’ampleur des dégâts causés par le palu ?Un cadavre toutes les deux minutes.
Bernard KABORE

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