Opinions

Les intellectuels africains et la politique

l;m

"Pourquoi les intellectuels africains ne réussissent pas en politique ?une question que je me suis posée à moi- même avec l’annonce de la récente disparition de l’ancien Président Congolais Pascal Lissouba. Vaste question qui mérite des heures d’émission débats ans pour autant même être sûr de pouvoir départager les points de vue. En attendant si on tentait un rapide coup d’œil sur quelques cas d’intellectuels africains « tombés » dans le marigot politique et qui n’y ont pas rencontré le succès escompté ?A commencer par le cas plus haut cité de Pascal Lissouba. Surnommé le professeur des professeurs, scientifique de très haut niveau, spécialisé dans une branche particulièrement pointue, celle de la génétique, Lissouba ,comme beaucoup de ses promotionnaires de l’époque entra évidemment en politique, devenant même 1er ministre de son pays alors que Dénis Sassou Ngesso en était le président ; mais il dut prendre ses jambes à son coup et s’enfuir à l’étranger accusé dans une sombre affaire de coup d’ état raté et par conséquent condamné à mort par contumace.

Revenu au pays plusieurs années plus tard à la faveur de la Conférence nationale, il réussit la prouesse de se faire élire calife à la place du calife, c’est – à dire président à la place de Sassou sur le fauteuil depuis une douzaine d’années ; mais il ne put terminer son mandat avec l’éclatement de la terrible guerre civile qui ensanglanta le Congo ;une fois encore Lisouba, pour sauver sa peau ,dut reprendre le chemin de l’exil; mais l’intellectuel ne comprit pas ou plutôt n’accepta jamais le sort qui fut le sien, 1er président démocratiquement élu, écarté ainsi du pouvoir avec sinon la complicité du moins dans un silence assourdissant de la communauté internationale. C’est en exil que Pascal Lissouba fit, à 88 ans, le grand saut dans les profondeurs insondables de l’au-delà ; donc un intellectuel qui ne sut ou qui ne put rencontrer le succès sur le terrain politique.Et il ne fut pas le seul loin s’en faut ; ici en Afrique de l’ouest deux autres intellectuels ont eux aussi, on peut dire, raté leur atterrissage à la fin de leurs mandats respectifs de chef d’Etat de leur pays : Abdoulaye Wade et Laurent Gbagbo ; Gbagbo qui signa une fin de mandat de Président des plus calamiteuses ; lui qu’on a dû exfiltrer manu militari des sous-sols de la présidence ou il s’était enfermé refusant mordicus de reconnaitre sa défaite aux présidentielles de 2010 ; quant à . Wade, sa fin de mandat fut elle aussi assez lamentable avec sa tentative ratée de jouer les prolongations à 90 ans ; tentative refusé par l’électorat sénégalais qui lui préféra un de ses fils spirituels à savoir l’actuel Président Macky Sall.

On peut rapprocher à ces deux cas ceux de deux autres brillants intellectuels africains ; ceux dont les noms se lisent aux frontons des deux plus grandes universités de leurs pays ; à savoir Cheikh Anta Diop pour le Sénégal et Joseph Ki Zerbo du Burkina. le 1 er Cheikh Anta, savant, égyptologue qui restaura la place du noir dans la civilisation mais dont le parti politique n’ a pas pour ainsi dire déplacé des foules dans son pays ; quant à Ki- Zerbo 1er africain agrégé en histoire, admiré, encensé, applaudi dans le monde entier le parti qu’il créa dans son pays ne rencontra pas non plus le succès à la mesure de l’immensité de la personnalité de son fondateur. On pourrait continuer de dérouler la longue liste des intellectuels africains qui se sont « cassés » la figure en politique. Fort heureusement émerge de ce lot un souvenir rafraichissant : celui de Léopold Sédar Senghor ancien premier Président du Sénégal ; non pas en raison, de ses succès éclatants mais à cause du panache avec lequel il a su quitter la scène politique ;une sortie marquée de empreinte de l’ artiste qu’il n’ a jamais cessé d’être en dépit de son passage en politique .Pourquoi donc jamais le succès pour nos brillants cerveaux ?en attendant la réponse de politologues avisés un constat s’impose d’ores et déjà :être une sommité dans le domaine des exercices de l’esprit ne fait pas forcément de vous un surdoué dans la chose politique ; la politique ou décidément il y beaucoup d’appelés mais très peu d’élus.

 

Bernard KABORE

Pour vos commentaires, éviter, tout message à contenu diffamatoire, vulgaire, violent, ne respectant pas la vie privée .

Ajouter un commentaire

Cette question sert à vérifier si vous êtes un visiteur humain ou non afin d'éviter les soumissions de pourriel (spam) automatisées.

11 + 9 =
Trouvez la solution de ce problème mathématique simple et saisissez le résultat. Par exemple, pour 1 + 3, saisissez 4.

Les trois dernières publications