Opinions

« l’incivisme à l’école »

Soumis par Redaction le Jeu 02/05/2019 - 14:23
nku

Décidément comme les temps changent ! dans un passé pas si lointain que cela le brave instituteur  avait droit à un gros coq  ou de nombreux œufs comme cadeaux de la part du parent d’élève ayant appris que son enfant avait été proprement corrigé la veille pour indiscipline notoire. De nos jours  tout a changé, j’allais dire « tout est gâté ! » : ce sont les parents d’élèves qui viennent s’en prendre physiquement à l’enseignant qui  ose lever la main sur leur cher enfant à moins que le pauvre ne soit trainé devant un tribunal. Ai - je besoin de revenir sur le lamentable  cas  des deux parents d’élèves venant corriger physiquement un instituteur dans une école de Bobo ?fort heureusement la justice, avec une célérité inhabituelle, a envoyé  ces incroyables parents d’élèves pour un long séjour en prison afin certainement qu’ils aient le temps  de réfléchir par rapport à eux-mêmes et par rapport à l’acte inqualifiable qu’ils ont commis, ce qui n’a pas manqué de calmer la colère des uns et des autres. Et que dire de cette autre affaire d’enseignant pourchassé cette fois ci dans la capitale par un parent d’élève machette au poing, et qui ne dut son salut qu’après une escalade très athlétique du mur de clôture de l’école ; une autre affaire qui, j’espère,  trouvera son dénouement devant un juge avec à la clé un verdict à la mesure de cette forfaiture. Heureusement et pour rester dans le volet  petites histoires  l’enseignant n’est pas toujours le dindon de la farce ; la preuve : écoutez cette histoire qui eut  lieu dans une école de Ouagadougou. Une mère d’élève mécontente d’une punition infligée à son cher enfant fit irruption à l’école de ce dernier ou elle traita les enseignants de tous les noms d’oiseaux ; réaction immédiate du directeur : il se saisit de cette mère poule à qui il infligea une copieuse correction au fouet ; tant et si bien que la bonne dame ne dut son salut qu’à une fuite désordonnée hors de la cour de l’école sans sandale ni foulard ;  suite de l’histoire : le lendemain c’est le mari de la dame fouettée qui se présente, à l’heure de la recréation demande à voir le directeur fouettard, pour, tenez - vous bien ! non pas pour se plaindre mais, le  féliciter chaleureusement et lui offrir un rafraichissement conséquent pour cette action à son avis pédagogique et citoyenne.  On pourrait avoir envie de rire s’il ne fallait pas plutôt pleurer de ces cas plus lamentables les uns que les autres et qui démontrent à souhait le niveau d’incivisme dans lequel baigne   l’école burkinabè. Qui est responsable ? Une chose est certaine : chacun de nous partageons une part de responsabilité dans ce qui arrive : pas seulement l’Etat qui, pourrait dire qu’il fait  de son mieux même si en l’occurrence  il devra reconnaitre que ici mieux ne rime pas avec assez. Pas seulement les élèves, surtout pas eux qui sont en fait plus à plaindre qu’à condamner eux les pauvres produits d’une société en manque de repère. Pas seulement les enseignants, dont la majorité s’efforce, qu’ il vente ou qu’il pleuve, d’accomplir sa tâche avec beaucoup de dignité et de courage dans des conditions souvent plus que déplorables ;efforts que semble cependant saboter le comportement de  certains éléments du corps, hélas de plus en plus nombreux, juste accourus à ce métier pour le salaire donc notoirement incompétents  et aux comportements de jeunes délinquants.Mais ceux qui endossent la plus grande part de             responsabilité de ce qui arrive, ce sont  nous les parents d’élèves nous qui, avons choisi de courir de façon effrénée à la recherche du confort matériel, préférant déléguer l’éducation de nos enfants aux bonnes et à la télévision. L’incivisme prendra t- il fin un jour dans nos écoles et comment ? J’avoue pour ma part que j’ai beau scruter fréquemment et longuement l’horizon je n’entrevois pas de signe annonciateur de salut. A moins d’un bouleversement total des mentalités et des comportements ; et là, convenez le avec moi, demain n’est surement pas la veille d’une telle perspective.


Bernard Kaboré

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