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Tribune : « Hommes forts, institutions fortes »

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Sommes- nous en train de vivre le crépuscule des hommes forts en Afrique ? Le continent n’a-t-il pas tourné un peu trop vite la page  de ces dirigeants à poigne ?des questions qui peuvent se poser avec la disparition de l’ex président   Tunisien ben Ali juste après celle de Mugabe du Zimbabwé.      Bref rappel du cas Ben Ali : Ben Ali, alors tout puissant ministre de l’intérieur était devenu pdt de son pays un soir de 1987 après un putsch qualifié à l’époque de coup d’état sanitaire puisqu’il arracha sans effort le pouvoir des mains tremblotantes du pdt Bourguiba. Habib Bourguiba, authentique père de la nation tunisienne devenu un pitoyable vieillard complètement sénile qui ne se décidait pourtant pas à raccrocher. Sans état d’âme, Ben Ali imprima à la Tunisie  un incontestable bond en avant sur le plan du développement  économique ; ce que même ses détracteurs les plus teigneux lui concèdent. Avec cependant, deux taches noires : d’abord le peu de cas qu’il fit du respect des droits de l’homme et ensuite la bonne gouvernance qui ne faisait manifestement  pas partie de ses principaux soucis.

Conséquence de  ce 2è point : son épouse, la 1è dame et son importante parentèle et leur clan d’amis ne se gênèrent pas de faire main basse sur les morceaux les plus viandeux du boom économique tunisien ; épilogue : la révolte populaire top départ de ce qui fut appelé le printemps arabe qui obligea l’homme fort du palais de  Carthage à un décollage en catastrophe à destination de Djedda non loin de la Mecque pour un voyage sans retour ; Djedda ou, à 83 ans, celui qui régenta la vie des tunisiens un quart de siècle durant rendit l’âme l’autre jour.   Un décès qui ramène à l’ordre du jour cette question »faut -il à l’Afrique des hommes forts ou des institutions fortes « ?une question, un débat qui s’était invité ici au Faso, certains s’en souviennent n’est- ce pas au temps fort ou les burkinabè étaient divisés entre ceux qui voulaient la modification de l’art 37 et ceux qui étaient contre ; les uns et les autres se combattant à coups de marche et de contre marches, à coups de stades remplis recto verso ; à l’époque cette déclaration « l’Afrique a besoin d’institutions fortes, pas d’hommes forts » faite par le chef de la maison blanche, Barak Obama n’ avait pas été appréciée par tous ;le camp des pro modification ne s’était pas prier pour répliquer en disant que pour avoir des institutions fortes il faut pourtant des hommes forts.   

De toutes les façons il suffit que de jeter un coup  d’œil sur la RDC actuelle, anciennement Zaïre depuis si longtemps bouleversé, et sur le cas d’autres pays comme la Lybie tourmenté et en complète implosion ou le Burkina quotidiennement endeuillé et méconnaissable pour que la tentation soit forte, n’est- ce pas, de regretter amèrement cette époque des hommes forts, des dirigeants qui  avaient su, quoiqu’on dise, garantir à leurs compatriotes la  paix ! Pas si vite !  Répliquent les chauds partisans de ceux qui pensent mordicus que toute façon la chute des hommes forts est un signe des temps : inévitable !  Ajoutant que  nul n’est  suffisamment fort pour demeurer toujours le plus fort ; donc  qu’il faut se résoudre à faire son deuil de cette forme de gouvernance relevant d’un passé  bel et bien  révolu et qui ne pouvait plus marcher nulle part. Mais alors que faire et que dire des quelques hommes forts que comptent toujours le continent et qui, continuant à faire de la résistance, ne veulent pas entendre parler d’institutions fortes……  suivez mon regard ! jusqu’à quand tiendront –ils encore ? se demandant leurs détracteurs ?

Bernard KABORE

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