Politique

ADF -RDA : " le Burkina Faso est devenu un pays laisse guidon "

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L'ADF-RDA  a animé le 30 mai 2020 une conférence de presse à Ouagadougou  . Voici la déclaration liminaire 

Merci de nous faire l’amitié de répondre présent à notre invitation.

Cette conférence de presse de l’ADF-RDA se tient hors du siège du parti dans le souci du respect des mesures barrières édictées afin de lutter contre la propagation du COVID 19.

En effet depuis le début de la pandémie, c’est la première fois que notre parti réunit physiquement les membres de son Bureau Exécutif National; nos sessions se tenaient auparavant par voie électronique.

 

Mesdames et Messieurs,

Je voudrais d’abord saluer la force de notre peuple éprouvé par tant de défis existentiels. Je veux parler de l’insécurité, de la santé notamment avec la pandémie COVID 19 et ses corollaires que sont entre autres la fermeture des établissements scolaires et universitaires, des frontières, des marchés et yaars, des bars, hôtels et restaurants, la quarantaine, le couvre-feu qui sont venus exacerber les autres maux que nous vivions déjà que sont la morosité économique et la vie chère.

Cette situation a conduit malheureusement à une plus grande paupérisation des burkinabè.

L’apparition de la pandémie à Coronavirus a fini par  mettre à nu les défaillances de tout notre système de gouvernance et l’incapacité des acteurs du moment à résoudre les questions qui se posent aux burkinabé.

Pas plus qu’il n’y a quelques jours on assistait à un mouvement d’humeur des agents de Tengandogo face au non-paiement des primes promises.

Ainsi donc on constate douloureusement que la gestion de la  COVID 19 comme celle du terrorisme est à l’image de la gestion de tout le pays.

Aujourd’hui, ceux qui clamaient haut et fort que le pays est gouverné nous donnent à voir un spectacle désolant laissant apparaître, des contrevérités et une cacophonie jamais égalée au sommet de l’Etat ; ce qui à n’en point douter a fini par convaincre même les plus optimistes d’entre nous de l’amateurisme du pouvoir en place qui chaque jour entraine le pays dans le chaos.

Pire, le Burkina Faso est devenu un pays laisse guidon.

 

Mesdames et Messieurs les journalistes,

Pour sa part, l’ADF-RDA tient à rappeler son implication dans la sensibilisation de nos concitoyens afin d’éviter la propagation du virus et l’appui  matériel et financier apporté à divers niveaux. Nous avons également invité le gouvernement dès les premières heures de l’apparition de la pandémie, le 9 mars dernier, à prendre non seulement des mesures urgentes pour empêcher la propagation du virus mais également à prendre les mesures d’accompagnement nécessaires pour soulager les populations vulnérables et accompagner les secteurs touchés par les répercussions des mesures liées à la pandémie.

Nous avons exhorté dans la même dynamique, le Chef de l’Etat à travailler à l’union sacrée des fils et des filles du pays, afin d’amener les populations à une synergie d’actions pour faire face à la pandémie.

De même, nous l’avons interpellé afin qu’il prenne des décisions fortes pour apaiser le climat social et la fronde sociale et engager toutes nos forces vives à l’unisson pour mener ce combat mais hélas nous ne voyons toujours rien poindre à l’horizon.

 

Mesdames et Messieurs les journalistes,

Aujourd’hui encore nous renouvelons notre appel au chef de l’Etat afin qu’il prenne ses responsabilités pour régler définitivement la question de l’IUTS pour favoriser un apaisement du climat social et la relance des activités économiques.

Le gouvernement à l’issue du Conseil des ministres du 27 mai dernier a pris un certain nombre de mesures à savoir la révocation d’agents, la validation de l’année scolaire pour le préscolaire, le primaire et le secondaire mis à part les classes d’examens.

A l’analyse, la révocation des agents, même si elle trouve son fondement dans  l’article 158 de la loi n° 081-2015/CNT  portant statut général de la fonction publique d’Etat, nous estimons que le gouvernement a manqué une fois de plus l’occasion d’être à l’écoute des travailleurs qui ne réclament que de meilleures conditions de travail et semble avoir trouvé là une opportunité d’ouvrir un autre front.

Loin de nous l’idée d’encourager des actes d’indisciplines au sein de notre administration, mais le gouvernement doit tenir compte des circonstances et du contexte afin de ne pas verser dans les sanctions tout azimut. Surtout qu’il n’est pas prompt à réprimer les manquements qui viennent de ses ouailles. J’aurai aimé par exemple qu’en application de l’article 44 de la Loi N° 081-2015 / CNT portant statut général de la Fonction publique d’Etat, le gouvernement ordonne au cours du même conseil le démantèlement de toutes les cellules MPP installées dans l’administration publique au mépris du droit applicable. Qu’il sache que c’est justement cette politique de deux poids, deux mesures qui est la source de tous les problèmes que nous vivons en ces moments.

La validation de l’année scolaire même si elle était attendue par l’ensemble des burkinabé, il n’en demeure pas moins que telle que la décision a été prise, cela ressemble plus à une fuite en avant, vu qu’aucune mesure d’accompagnement n’a été édictée notamment en ce qui concerne les frais de scolarité et les élèves appelés à passer des examens l’année prochaine alors même qu’ils n’ont pas fini leur programme de cette année.

 Enfin qu’en sera-t-il de l’année universitaire quand on sait que les enseignants chercheurs viennent à leur tour de sonner la mobilisation?

 

Mesdames et Messieurs,

L’avènement de la COVID 19 a été marqué un peu partout par une réduction des libertés individuelles et collectives, ceci pour éviter la propagation de la maladie et permettre son éradication.

En Afrique en général et malgré la mauvaise gestion de cette pandémie au Burkina Faso en particulier, des facteurs certainement naturelles ont contribué fortement à déjouer les pronostics macabres qui étaient prédits pour cette partie du monde. Si fait qu’à l’heure actuelle, nous assistons à une amélioration de la situation même si nous ne devons pas baisser la garde. De plus, de nombreuses mesures ont été prises notamment le port obligatoire du masque et le respect de la distanciation physique. Cela a permis la réouverture des marchés et yaars, des lieux de cultes, la levée de la quarantaine des villes, la reprise du transport interurbain et urbain.

Nous ne comprenons donc plus le rôle du couvre-feu à l’heure actuelle surtout que la plupart des activités qui pourraient se mener la nuit après 21 heures sont autorisées entre 4h et 21heures. C’est pourquoi nous demandons la levée pure et simple du couvre-feu.

Mesdames et Messieurs les journalistes,

Le 13 mai dernier nous avons appris la mort de 12 présumés terroristes détenus dans les locaux de la gendarmerie de Tanwalbougou, dans la province du Gourma. Cette situation fait rappeler les 11 victimes de la brigade anti-drogue de Ouagadougou, et récemment l’enseignant décédé à la gendarmerie de Bendogo. La répétition de tels évènements n’est pas de nature à créer les conditions d’un vivre ensemble et d’un retour à la paix dans un pays comme le nôtre en proie à des attaques terroristes quasi quotidiennes.

Si la rapidité avec laquelle l’enquête préliminaire pour le cas de Tanwalbougou a été menée est appréciable, il faut regretter le fait que les résultats de cette enquête préliminaire, communiqués par le procureur de Fada viennent créer plus de confusion sur cette affaire. En effet pendant que le collectif contre l’impunité et la stigmatisation des communautés déclarait qu’il s’agit d’exécutions sommaires et que certaines victimes le seraient par balle, le procureur annonce après l’enquête préliminaire qu’aucune trace de balle n’a pu être identifiée. Mieux des témoins occupant la même cellule que les victimes auraient déclaré qu’aucune des victimes ne l’a été par balle.

En tous les cas , cela n’enlève en rien la gravité de la situation vu  que la cause de leur mort demeure inconnue et qu’à supposer même que la mort ait eu lieu dans une cellule de détention, cela ne dégage en rien la responsabilité des auteurs.

L’ADF-RDA tout en encourageant les FDS pour le travail remarquable sur le terrain déplore cette situation qui fragilise la cohésion sociale, le vivre ensemble et porte gravement atteinte aux droits humains.

À L'ADF-RDA nous sommes profondément et viscéralement attaché au respect de la vie. La vie humaine est sacrée et on ne peut pas l'enlever impunément.

C'est pourquoi le Parti de l'Eléphant  condamne toute forme d’exécution sommaire d’où qu’elle vienne et exige la mise en place d’une commission d’enquête indépendante afin que toute la lumière soit faite sur ces massacres et que soit éradiqué a jamais de telles tragédies qui déshonorent  notre pays.

Mesdames et Messieurs les journalistes,

Il vous souviendra que courant février 2020 compte tenu de la situation sécuritaire qui prévalait dans notre pays et conformément à mon souhait de voir les conditions de vie et de travail des forces de défenses et de sécurité (FDS) s’améliorer considérablement, l’ADF-RDA a adressé une lettre à monsieur le Ministre de l’administration territoriale, de la décentralisation et de la cohésion sociale, aux fins de renoncer à la subvention hors campagne de l’État aux partis et formations politiques au titre de l’année 2019. Cette correspondance à été faite avec ampliation au Président de la Cour des comptes. Je voudrais porter à votre connaissance qu’en date du 22 avril 2020, nous avons reçu du Président de la Chambre chargée du contrôle des entreprises publiques de la Cour des comptes, la lettre N°2020-025/CC/CCEP nous informant que la chambre qui a siégé en audience le 21 avril 2020 a pris acte de notre renonciation.

Cette même correspondance précise que l’ADF-RDA est déchargé en conséquence de toutes obligations liées au bénéfice de ladite subvention.

 

Mesdames Messieurs les journalistes,

Le 22 novembre 2020, le Burkina Faso devra renouveler ses parlementaires à l’hémicycle et le Président du Faso, locataire du palais de Kossyam. Si nous sommes tous conscients des défis sécuritaires au moment où nous abordons ces consultations électorales, nous le sommes également pour la nécessité du respect de cette obligation constitutionnelle. Du coup, il revient à l’ensemble de la classe politique en générale et à ceux qui sont au pouvoir en particulier de prendre toutes les dispositions pour sécuriser le processus électoral et l’ensemble des acteurs. Nous ne voulons pas d’une élection bâclée, ni d’élection parcellaire. Nous voulons des élections inclusives, transparentes, apaisées et démocratiques qui aboutiront à la désignation d’un Président non seulement légal mais également légitime. Les difficultés que nous constatons déjà pour l’enrôlement dans certaines provinces sont interpellatrices. C’est pourquoi nous invitons le gouvernement pour une prise de mesures forte afin de permettre le bon déroulement du processus car, est-il besoin de le rappeler, voter est un droit constitutionnel. Et rien, en dehors du libre choix du détenteur de ce droit, ne devrait entraver l'exercice d'un tel droit.

Aux forces de défense et de sécurité nous leur adressons nos chaleureuses félicitations pour le travail accompli et nous les encourageons pour ce qui reste à faire. Nous implorons le Tout Puisant afin qu’ils les assistent dans leurs tâches quotidiennes. Nous renouvelons notre appel au gouvernement sur la nécessité d’équiper les FDS des moyens de combat et de protection à la hauteur des défis. Il est également urgent que des mesures incitatives et motivationnelles soient prises à leur égard.

 

Tels sont  Mesdames et Messieurs les journalistes les éléments que nous souhaiterions partager avec vous.

Merci de votre aimable attention

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Commentaires

Soumis par Zagla (non vérifié) le lun 01/06/2020 - 11:03

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C'est bien de critiquer mais, vous faites aussi partie de ceux qui y ont contribué à la détérioration de ce pays

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