Politique

Chef de File de l’Opposition Politique(CFOP) : " éviter d’autres « Yirgou », et dire « stop » à la stigmatisation "

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Déclaration liminaire du point de presse du mardi 03 décembre 2019 animé par M. Amadou Diemdioda DICKO, vice-Président de l’UPC, et M. Alphonse-Marie OUEDRAOGO, Président de l’URD/MS.

Nous vous souhaitons une chaleureuse bienvenue au siège du CFOP, pour le premier point de presse du mois de décembre. Nous sommes au 336ème jour des massacres de Yirgou, lors desquels le Chef de ce village, ses proches et 210 Burkinabè de la communauté peule ont été tués. Nous invitons à nouveau la Justice à juger ce dossier avec célérité et diligence, pour éviter d’autres « Yirgou », et dire « stop » à la stigmatisation des communautés et à la banalisation de la vie humaine.
Ce matin, nous échangerons avec vous sur trois sujets d’actualité, à savoir:
-la crise sécuritaire dans notre pays ;
- la lettre du CFOP au Président du Faso sur le contrôle du Ministère de la défense par l’ASCE/LC ;
-et l’inauguration du barrage de Samandéni.

Chers amis de la presse,
La situation sécuritaire dans notre pays se dégrade de jour en jour avec ces tristes informations diffusées dans vos médias :
-la tuerie de 14 fidèles d’une église protestante en plein culte à Foutouri dans la Komondjari le 1er décembre dernier,
-la mort d’un gendarme et la blessure de sept autres à Arbinda le 20 novembre,
-l’attaque contre le poste de police de Yendéré le 30 novembre,
-l’assassinat d’un infirmier dans la province de l’Oudalan le 1er décembre,
-les déplacements massifs de populations fuyant les violences,
Tous ces faits très graves montrent que la crise s’enracine, et que toutes les frontières du pays sont désormais sous menace.
Cet échec est de la pleine responsabilité du MPP, qui a fait un mauvais diagnostic et qui gère mal, jusque-là, cette crise. Et, le comble, c’est l’incident malheureux qui a eu lieu entre FDS à Bobo-Dioulasso le 30 novembre.

Cependant, on note une lueur d’espoir avec la mise hors d’état de nuire de plusieurs terroristes à Bagré et à Pô, dont un leader de groupe auparavant recherché. L’Opposition félicite nos FDS pour cet exploit, et les encourage à aller encore à l’offensive et à arracher plus de victoires.
Mesdames et Messieurs, toujours sur le même sujet, l’Opposition politique a appris, comme tous les Burkinabè, que des incidents sécuritaires ont eu lieu à Sollé dans le Loroum et dans plusieurs localités du Gourma. Ces incidents auraient causé la mort de plusieurs personnes. S’agit-il d’affrontements entre terroristes et Kogl-Wéogo ? S’agit-il plutôt d’un massacre communautaire ?
Interrogé par la presse en marge du Conseil des ministres du 27 novembre dernier, le porte-parole du Gouvernement a usé de la langue de bois. Les médias, eux, donnent des informations contradictoires.
Sur la question, l’Opposition politique demande au Gouvernement de dire officiellement aux Burkinabè ce qui s’est passé dans ces deux provinces. L’Opposition encourage les populations à vivre dans la cohésion, à combattre le terrorisme dans l’unité, et à se garder de toute stigmatisation communautaire.


Mesdames et Messieurs les journalistes,
Dans une interview qu’il a accordée au journal en ligne Libre Info et publiée le 27 août 2019, L’Inspecteur général d’Etat, Luc Marius IBRIGA, se plaignait des obstacles que l’Autorité supérieure de Contrôle d’Etat et de Lutte contre la corruption (ASCE/LC) rencontrait dans sa démarche de contrôle du ministère de la Défense.
L’Inspecteur général disait, je cite : « Un des problèmes que nous posons chaque fois au Gouvernement, est la question du secret-défense. Normalement, nous sommes fondés pour contrôler l’utilisation de l’argent public. Or, quand nous sommes en contrôle au ministère de la Défense, on nous sort chaque fois le secret-défense. Et quand nous demandons les documents légaux qui montrent que tel ou tel aspect tombent sous le coup du secret-défense, on nous dit: c’est comme ça. » Fin de citation.
Il a ajouté, je cite : « Nous avons écrit au Président du Faso pour lui dire que l’augmentation du budget de la défense devrait s’accompagner d’un contrôle plus serré de l’utilisation de cet argent. Lors de l’attaque de l’état-major, le soldat qui était en garde a vu son arme enrayée et, quand on gratte un peu, il s’avère que ce sont des armes qui ont été achetées dans un pays où les armes ne supportent pas la chaleur. » Fin de citation.
S’appuyant sur ces graves révélations, l’Opposition politique a d’abord appelé, sur cette même tribune des points de presse, à la levée du secret-défense sur le contrôle du ministère de la défense par l’ASCE/LC. Ensuite, par lettre datée du 28 novembre 2019, le Chef de file de l’Opposition politique a interpellé le Président du Faso sur la nécessité de lever le secret-défense opposé à l’institution de lutte contre la corruption.
Pour l’Opposition politique, aucune disposition connue ne permet d’opposer le concept de « secret-défense » aux missions de contrôle de l’ASCE/LC. L’Inspecteur général d’Etat et ses collègues sont assermentés et soumis au secret professionnel. D’ailleurs, les rapports de l’ASCE/LC, avant d’être rendus publics, sont toujours amputés des informations jugées trop sensibles.
Au moment où le budget de l’Armée augmente dans des proportions considérables en raison de l’effort de guerre, l’Opposition politique est d’avis avec l’ASCE/LC qu’un contrôle plus serré de l’utilisation de cet argent est d’une grande nécessité.
Le Chef de file l’a dit au Président du Faso : ce contrôle est d’autant plus nécessaire que le Gouvernement s’apprête à solliciter de nos compatriotes une contribution citoyenne à l’effort de guerre.
Il a aussi rappelé au Président du Faso qu’un ex-ministre de la défense, nommé par ses soins, est actuellement l’objet d’une procédure administrative pour avoir érigé dans son village une résidence d’un très grand standing dont le coût est sans commune mesure avec ses revenus déclarés.
Dans le même registre, on se souvient aussi des révélations faites par la Lettre du Continent, sur l’achat d’un hélicoptère de combat auprès d’un homme d’affaires franco-libanais, M. Rafi DEMARDIROSSIAN, qui n’a apparemment aucune compétence en la matière. La Lettre précise que l’intéressé est un ami du Président Roch Marc Christian KABORE et que ce dernier se rend chez lui tous les week-ends pour boire du champagne.
Preuve que des motifs de suspicions ne manquent pas !
Au regard de ce qui précède, l’Opposition, par la voix de son Chef de file, a demandé au Président du Faso de bien vouloir autoriser l’ASCE/LC à faire le contrôle du Ministère de la défense, particulièrement celui des marchés d’équipements entrant dans le cadre de l’effort de guerre, afin d’assurer la nation que l’utilisation des deniers publics en la matière se fait dans le respect des normes établies.


Mesdames et Messieurs,
L’Opposition a pris connaissance, avec satisfaction, de l’inauguration du barrage de Samandéni le samedi 30 novembre dernier. Un vieux rêve de notre peuple devient ainsi une réalité. L’Opposition observe que pour une fois, nos autorité ont eu l’élégance de mentionner que ce projet avait été initié par leurs devanciers, notamment le régime du Président Aboubacar Sangoulé LAMIZANA, et qu’il avait connu le début de ses travaux sous le régime du Président Blaise COMPAORE. L’Opposition souhaite que ce projet booste le développement économique de la région et, partant, de tout le Burkina.
Chers journalistes, c’est tout pour la déclaration liminaire. Merci pour votre oreille attentive. Vos questions et suggestions sont les bienvenues !

 

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