Burkina : l’impétrant Seydou Coulibaly se planche sur l’errance des malades mentaux à Boussé

Soumis par Redaction le mer 23/11/2022 - 15:48
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L’étudiant en fin de formation, Seydou Coulibaly a soutenu le mardi 22 novembre 2022 à Ouagadougou, son mémoire pour l’obtention du diplôme d’attaché de santé, en santé mentale. A cet effet, il s’est planché sur les facteurs explicatifs de l’errance des malades mentaux à Boussé, une localité située à une cinquantaine de km au Nord de Ouagadougou.

Choqué par la situation d’un fou dans la ville de Boussé (province du Kourwéogo), l’étudiant en fin de formation en santé mentale, Seydou Coulibaly a orienté ses recherches sur l’errance des malades mentaux dans ladite localité.

Le nouvel attaché de santé, en santé mentale a, au cours de sa soutenance du mardi 22 novembre à Ouagadougou, déploré le cas d’un fou qui recevait régulièrement de l’huile ou de l’eau chaude que certaines restauratrices à Boussé jetaient sur son corps.

Le travail sur les «Facteurs expliquant l’errance des malades mentaux dans la ville de Boussé», ambitionne d’apporter des solutions à la problématique de la prise en charge de ces personnes à Boussé en particulier et au Burkina Faso en général.

Seydou Coulibaly a fondé sur recherches sur trois hypothèses.

Il a d’abord pensé que les représentations socioculturelles de la maladie mentale expliquent l’errance des malades mentaux dans la ville de Boussé.

Ensuite Seydou Coulibaly a voulu vérifier si l’insuffisance de l’offre de service de santé mentale à l’Unité de Soins Psychiatrique (USP) l’hôpital du district sanitaire de Boussé pouvait expliquer l’errance des malades mentaux dans la ville de Boussé.

Et Enfin, l’impétrant a voulu savoir si l’insuffisance de la collaboration intersectorielle dans la prise en charge des malades mentaux est responsable de l’errance des malades mentaux dans la ville de Boussé.

Au terme de ses recherches, toutes les hypothèses ont été confirmées.

Selon M. Coulibaly, beaucoup de malades mentaux subissent des sévices corporels et aucune attention n’est accordée à leur égard.

D’après Seydou Coulibaly, 60% des enquêtés pensent que la maladie est mystique et font plus recours aux soins traditionnels qu’à ceux modernes.

Il a invité les gouvernants à réfléchir sur le sort des personnes qui ont des troubles mentaux pour leur prise en charge et leur réinsertion sociale.

L’impétrant a également appelé à l’opérationnalisation, au financement et à la promotion de la politique nationale, en matière de santé mentale au Burkina.

Il a recommandé la collaboration entre les différents acteurs intervenant dans le domaine pour un mieux-être des malades.

Selon le président du jury, Dr Pegdwendé Maurice Sawadogo, l’étudiant en fin de formation a évoqué un problème crucial de la société, relatif à l’errance des malades mentaux.

Dr Sawadogo ailleurs démographe et épidémiologiste, a expliqué que le fait que ces personnes errent dans les villes et campagnes, traduit un manque à gagner.

Il a noté que l’étude révèle une insuffisance d’actions préventives à l’endroit de la population pour une meilleure compréhension et meilleure prise en charge de la maladie mentale.

Le directeur de mémoire, Léonard Koffi Palé et spécialiste en santé mentale, a salué le courage de son étudiant qui a eu l’idée d’aborder un thème d’actualité.

«Un malade mental est perçu par les hommes comme quelqu’un qui ne servira plus à rien. On le délaisse, on l’enlève de la société et même on le torture », a-t-il renchéri.

Léonard Koffi Palé a regretté le fait que les hommes n’ont pas encore compris le fait que la guérison des malades mentaux est possible avec la médecine moderne.

«Un malade mental qui arrive en traitement, on le prend, on le soigne, on lui administre des médicaments, on l’accompagne psychologiquement ou socialement», a-t-il confié.

Au terme de sa soutenance, l’impétrant Seydou Coulibaly a obtenu la note de 16/20 pour l’intérêt accordé à la santé mentale qui reste une problématique majeure de santé au Burkina.

Il lui sera délivré le diplôme d’attaché de santé en santé mentale.

Agence d’information du Burkina

NO/ata/ak

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