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Forêt de Kua et marché de Bobo-Dioulasso : des « lettres d’explication » demandées à des conseillers municipaux

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La commune de Bobo-Dioulasso a tenu, les 10 et 11 juin 2019, une session ordinaire consacrée à l’adoption des documents financiers notamment le budget supplémentaire. En outre, les conseillers ont demandé des explications à certains des leurs sur les décisions qu’ils ont eu à prendre sur la vie de la commune.

 

Le conseil municipal de Bobo-Dioulasso a pris en avril 2019 une délibération donnant un avis favorable pour le déclassement de 16 hectares de la forêt classée de Kua pour y construire un centre hospitalier universitaire. Un mois après, le premier adjoint au maire de Bobo-Dioulasso, Martin Coulibaly, s’est désolidarisé de cette décision en s’opposant publiquement au changement de statut de cette forêt. Le conseil municipal réuni en session ordinaire, les 10 et 11 juin 2019, a demandé à M. Coulibaly d’expliquer les raisons de ce revirement, une explication qui s’est faite en huis clos. Mais, selon, les explications fournies sur sa page facebook, Martin Coulibaly dit opter pour  un site de 80 hectares déjà choisi en 2013 dans l’arrondissement 4 plus précisément à Borodougou, un village rattaché. La deuxième personne à s’expliquer au conseil municipal est le président du comité de gestion du marché central, Ibrahim Traoré. Le marché de Bobo-Dioulasso a deux niveaux de direction. Il s’agit du comité de gestion qui est une sorte de conseil d’administration et la structure de gestion du marché (SGM) qui s’occupe du fonctionnement du marché. Il est reproché au président du comité de gestion du marché, de n’avoir pas exécuté une recommandation du conseil municipal. Selon le maire Bourahima Sanou, la commune a demandé à M. Traoré de remettre son poste de directeur de la structure de gestion du marché, à Hamadou Barry qu’il a licencié alors qu’il n’a pas les compétences pour le faire. Ibrahim Traoré avait renvoyé Hamadou Barry et l’a fait remplacer par une autre personne. Selon le président, le recrutement ou la révocation du directeur du marché n’incombe pas au président mais plutôt au comité de gestion du marché. A l’entendre, le comité de gestion a tenu une session et les membres ont décidé à l’unanimité de révoquer Hamadou Barry pour fautes graves. « Selon les statuts de la SGM et en leur article 10, c’est le comité de gestion qui approuve la nomination du directeur en un premier temps, ensuite le président se charge de la prise d’une note de décision de cette nomination. Le président n’a donc pas la prérogative de nommer ou de révoquer un simple employé de la SGM à plus forte raison le directeur », a-t-il justifié.

 

Le marché à la commune en 2026

 

Aussi, a laissé entendre le président, le comité de gestion est une structure autonome composée des représentants de l’Etat, des commerçants et des conseillers municipaux dont Ibrahim Traoré. Selon lui, le comité fait partie intégrante de la convention signée entre l’AFD et la commune lors de la reconstruction du marché en 2001. L’AFD avait financé la construction du marché à hauteur de 3,5 milliards de F CFA et la contrepartie des bénéficiaires à savoir les commerçants s’élève  à plus de 1,5 milliards de F CFA. La convention a préconisé la création d’une personne morale du type régie autonome, ou d’une société concessionnaire privée qui aura pour rôle de gérer le marché en remplacement du service des marchés de la mairie. La SGM est alors un établissement local de type concessionnaire avec un contrat de concession qui coure de 2001 à 2026 au terme duquel le marché est cédé à la commune. Le président du comité de gestion n’est pas alors sous la tutelle directe du maire de la commune de Bobo-Dioulasso mais du comité de gestion, a expliqué Ibrahim Traoré. Mais cette explication n’a pas convaincu le maire Bourahima Sanou. Il a affirmé qu’il prendra en concert avec les conseillers, une décision pour suspendre le président du comité de gestion et qu’une délégation sera mise en place pour gérer les affaires courantes. Ce n’est pas la première fois que le bourgmestre suspend Ibrahim Traoré. Il l’avait déjà fait en 2018, une suspension mise en cause par le Conseil d’Etat qui a replacé le président dans ses fonctions, estimant que le président du comité de gestion ne dépend pas directement du maire. Outre ces débats parfois houleux, le conseil municipal a adopté le compte administratif et de gestion et le budget supplémentaire qui s’équilibre en recette et en dépense à plus de 2 milliards de F CFA. Le budget primitif s’élève à plus de 8,5 milliards, ce qui porte le budget à près de 10 milliards de FCFA. Les conseillers ont aussi proposé des pistes pour améliorer la mobilisation des ressources au profit de la commune.

Adaman DRABO

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