Attaques terroristes

Lutte contre le terrorisme au Burkina : " des décisions politiques insaisissables.", dixit l' Abbé Valentin DABIRE .

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Ceci est un extrait de la Communication de l’Abbé Valentin DABIRE, au SEPAFAR le dimanche 22 Octobre 2019, sur le problème du terrorisme et ses conséquences sur le vivre ensemble et sur la foi.

" Notre intention, ici, n’est pas de faire, même sommairement, une analyse sociologique du terrorisme. Nous voulons, plus modestement, parler de ce qui arrive à notre pays, nous situer du point de vue de la foi pour le regarder lucidement, afin de voir quelle réponse chrétienne ajustée on peut donner au problème qu’il pose.

Pour ce qui concerne les données sur la question du terrorisme au Burkina Faso, on peut se référer au document INSTITUT FREE AFRIK, Terrorisme au Burkina Faso. Pourquoi ? Que faire ? Perspective d’économie politique, Ouagadougou, décembre 2018.

Qui oserait le nier ? Depuis le 4 avril 2015, notre pays est confronté à des violences multiformes, dont les motivations terroristes et les implications sociales et politiques sont indéniables. Quelles soient sporadiques ou chroniques, d’inspiration ethnique ou à caractère religieux, ces violences terroristes blessent gravement l’unité nationale, compromettent le processus de paix, et freinent l’instauration de la démocratie. En trois ans, des centaines de personnes ont été massacrées. Plusieurs autres ont été déplacées, sans parler de celles qui ont été victimes d’enlèvement et de la masse des enfants déscolarisés. L’horreur et la terreur qui sont semés exigent des interventions urgentes, en vue de les prévenir, de les endiguer et d’y mettre fin.

Cette tragédie, combinée avec d’autres faits d’incivisme grave que nous enregistrons quotidiennement dans la société, nous met en face d’une situation d’insécurité généralisée, avec le sentiment amère de ne plus avoir le contrôle de notre destinée. Les indicateurs de cet état de chose ne sont plus un secret pour personne :

Des décisions politiques insaisissables. On se demande qui décide au juste, et s’il y a même un décideur. Même si l’on parvient à identifier avec exactitude quel ministre ou quel responsable politique ou administratif a pris une certaine décision sur l’intervention ou la non-intervention, pour résoudre un problème déterminé, on se rend très vite compte ensuite que cette décision est le résultat d’une convergence de pressions, d’intérêts locaux ou de partis, d’ambitions politiques, d’impératifs économiques, etc. On se rend compte donc que, derrière une certaine décision, on a à faire, en réalité, à une jungle de microdécisions, peu ou pas connues, où grouillent de multiples initiatives éventuellement contradictoires. Tel est souvent le cas : c’est ça aussi la réalité de la politique, et c’est ce qui fait qu’on a le sentiment de marcher sur un terrain fragile.

Le pouvoir en place semble débordé. On se demande à partir de quel seuil l’état réagira-t-il par une action d’envergure par rapport à l’évolution de l’action des terroristes. Du point de vue du public visé, on est passé progressivement des forces de défense et de sécurité à des responsables religieux et culturels, puis aux chrétiens réunis en prière, et maintenant à la population sans distinction. Face à ce constat, le citoyen conclut facilement que personne ne maîtrise plus rien, et que les populations victimes des tragédies qu’elles vivent sont abandonnées à elles-mêmes

Enfin l’information est pratiquement introuvable. Ici, la question n’est plus seulement qui décide ? Mais qui sait ? Qui sait quoi ? Qui sait ce qu’il faut décider ? Qui a accès aux informations et aux données à partir desquelles le problème de savoir ce qu’il faut faire se pose ? "

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Commentaires

Soumis par DOFINDOUBA (non vérifié) le Jeu 07/11/2019 - 12:42

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Merci PADRE ! Merci pour votre lucidité !

Soumis par Mechtilde Guirma (non vérifié) le Jeu 07/11/2019 - 14:39

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«Enfin l’information est pratiquement introuvable. Ici, la question n’est plus seulement qui décide ? Mais qui sait ? Qui sait quoi ? Qui sait ce qu’il faut décider ? Qui a accès aux informations et aux données à partir desquelles le problème de savoir ce qu’il faut faire se pose ? »

Monsieur l’Abbé, moi je vous retourne la question : Qu’est ce que vous Abbé Valentin décidez ? Qu’est ce que en concertation entre vos collègues vous décidez ? Qu’est-ce la rencontre avec vos évêques vous déciderez ? Qu’est-ce que le Collège des évêques décide ? Qu’est-ce que la rencontre des autorités de l’Église avec les autres confessions religieuses et coutumières va décider ? Qu’est-ce que la rencontre de cette cellule nationale avec l’armée décidera ? Puis avec les partis politiques de façon inclusive y compris les détenus relaxés décident ? Je m’arrête là pour ne pas avoir la langue pendue.

Moi voilà ce que j’ai décidé : de vous interpeller tous, ne serait-ce qu’une dernière fois, qu’il sera sage de ne pas aller aux élections en 2020 avec ce lourd boulet au pied. Et de convoquer immédiatement une Assemblée Constitutive pour reformuler la Constitution en tenant compte des nouvelles donnes de notre pays (entre autres le Concordat et les Accords du Vatican avec l’État burkinabé). Même s’il faut prendre deux ans pour cela, il faudrait vider tous les contentieux par une transition.

Monsieur l’Abbé, je me recommande à vos prières. Quand vous allez élever les deux espèces au moment de la Consécration, s’il vous plaît, pensez à moi, au Burkina à l’Afrique toute entière et pourquoi pas au monde entier. Et croyez-moi : moi je crois que la prière ça paie.

Merci d'avance.

ici, on est toujours dans une République (état de droit) même si beaucoup de droits sont bafoués. donc toute action doit se faire autour d'une orientation donnée par les dirigeants (s'il yen a toujours). vous n'imaginez quand même pas chaque groupe social va décider de ce qu'il faut faire! c'est justement l'absence d'orientation qui suscite ces réactions de l'opinion qui ne voit rien venir! on nous annonce toujours que des mesures sont prises pour enrayer le phénomène et la situation s'enlise! pour ce que vous proposez, nous ne pouvons pas adhérer car, des décisions de toutes parts ne feront qu'aggraver le problème par incohérence dans les réponses à donner. Et puis, c'est parce qu'il croit que la prière paie qui fait de lui un prêtre. Si vous voulez rendre service, continuer à faire des propositions et persuadez les gouvernants à donner les orientations qu'il faut; prise de conscience collective oui, mais actions coordonnées feront l'affaire du pays. Dieu protège notre chère nation!

Si c'est à moi que vous vous adressez, vous n'avez rien compris du tout à ce que je propose. J'ai fait une proposition par diachronie et synchronie. Sans vouloir vous blesser, c'est un langage pour les esprits compétents.

Merci pour la compréhension

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