Devant le tribunal

Agé de quarante-deux ans, N Honoré est accusé de viol sur une mineure hospitalisée...

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N. Honoré 42 ans est prévenu de viol sur une mineure de seize ans qui était hospitalisée dans un CSPS. Il comparaissait devant le TGI de Ouagadougou le 28 août 2020. Les faits se sont produits courant le mois de mars 2020 à Tanghin Dassouri.

Le prévenu, père de trois enfants aurait violé une fille de seize ans malade et hospitalisée au sein d'un CSPS. La victime S, orpheline avait quitté son village pour exercer en tant qu'aide ménagère à Tanghin Dassouri. De là, tombée gravement malade, elle sera hospitalisée et mise sous tranquillisant au sein d'un CSPS.

Il se trouve dans le même temps, que N. Honoré était garde-malade de son père dans la même chambre que la victime. Ainsi relate le tribunal, selon les procès verbaux, c'est dans la nuit que les deux malades que sont la victime S et le père de N Honoré étant endormis. L'accusé constatant l'intimité de la victime apparant à l'issue de sa jupe qui s'était soulevée l'a violée dans son sommeil et sur son lit de malade.

A la barre, N. Honoré dit ne pas reconnaître les faits, ce n'est pas la première fois qu'il entretient des relations sexuelles avec la victime. Elle était consentante, ils se sont connus auparavant dans un maquis. Et soutient-il, S lui aurait demandé le jour des faits même de l'accompagner voir un médécin parce qu'elle avait peur de tomber enceinte. Il dit avoir refusé de l'accompagner et qu'il lui a remis à cet effet 10 000 francs qu'elle a refusé de prendre.

Face à son rejet de l'accusation, le tribunal se voit de lui faire prendre connaissance des déclarations du gardien du CSPS à ce propos. De ce qui ressort en substance du témoignage de ce dernier, c'est en trombe que S est sortie de la chambre en pleurant qu'on l'avait violée. Il ajoute qu'il a aussi remarqué que du sang dégoulinait entre ses jambes.

Et lorque le gardien du CSPS a pénétré dans la salle, révèle toujours le tribunal, les lumières dans la salle étaient éteintes. Les ayant allumées, il a vu N. Honoré assis sur le lit de la malade, les yeux hagards. Il a ainsi immédiatement averti les responsables du CSPS qui ont saisi les services compétents.

 «Si vous ne pouviez pas soulager sa douleur, il ne fallait pas en  rajouter», s'indigne l'avocate de S

Certes, à l'étalage de ce témoignage N. Honoré n'en démord pas de ses affirmations antérieures. Ce n'était pas la première fois qu'il entretenait des relations sexuelles avec la mineure S, réitère-t-il.

D'où le tribunal de lui faire comprendre que ce n'est pas cela l'enjeu du procès. Même si votre femme vous accuse de viol, vous pouvez être poursuivis selon la loi.

Par ailleurs, la victime ne comparaissait pas à la barre, elle était représentée par son conseil. Pour leur constitution de partie civile, l'avocate attire l'attention de N Honoré que les actes qu'il a posés sont graves. En effet, estime le conseil de S, le prévenu a abusé de la fragilité de sa cliente qui en plus d'être mineure était gravement malade au moment des faits. «Si vous ne pouviez pas soulager sa douleur, il ne fallait pas en rajouter», s'est indignée l'avocate.

 Il apparaît de son avis, que sa cliente a subi d'énormes préjudices que ce soit physique, psychologique et social. Elle fait d'ailleurs entendre au tribunal que S confuse et humiliée s'est résolue à retourner dans son village alors qu'elle l'avait quitté espérant un lendemain meilleur à Tanghin Dassouri. Par conséquent, elle réclame 5 millions de francs à titre de réparation du préjudice subi.

Quant au ministère public, avant de formuler ses réquisitions, il fait comprendre à N Honoré que «même si une mineure vous dit oui pour des relations sexuelles, du moment que l'affaire est portée devant le tribunal, nous considérons son oui comme un non, parce que c'est ce que la loi prévoit ». Malgré le refus du prévenu de reconnaître les faits, le parquet pour sa part convient que les faits sont assez accablants contre lui.

En l'occurrence la victime est mineure, était de surcroît hospitalisée et sous tranquillisant. Du reste, les déclarations de la victime sont corroborées par le témoignage du gardien du CSPS. Le ministère public a requis à cet égard, 7 ans d'emprisonnement assorti d'une amende de 600 000 francs, le tout ferme.

Le délibéré est pour le 11 septembre 2020.

Image illustrative

Florentin TAPSOBA

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