Devant le tribunal

Arrêté pour actes de grand banditisme, il s’évade de la gendarmerie…

Soumis par Redaction le Jeu 04/07/2019 - 08:32
JIII

Le mardi 2 juillet 2019, S. Parfait et C. Nikièma tous deux agents de sécurité ont comparu devant le Tribunal de grande instance de Ouagadougou pour répondre des faits d’actes de grand banditisme sur la personne de A.J et sa famille. Placé en garde-à-vue, à la brigade-ville de gendarmerie de Kossyam, S. Parfait parviendra de façon spectaculaire à s’évader.

Dans la nuit du 30 juin 2018, S. Parfait s’introduit dans le domicile de dame A.J, en absence du mari de la dame, il dérobe 6 téléphones portables et un numéraire de 330 000 FCFA, pris en flagrant délit par la victime, il point un pistolet automatique contre la tête de dame A.J et menace de la tuer. Attirés par les cris de leur maman, les enfants de cette dernière, suivi de la bonne accourent pour comprendre ce qui se passait, à leur tour, ils sont tenus en respect par S. Parfait qui les menacent également de mort. Voici ainsi, résumés les faits constitutifs d’actes de grand banditisme retenu contre S. Parfait par le parquet. Appelé à la barre, l’accusé reconnait les faits mais a tenu à nuancer et se trouver des circonstances atténuantes.

Selon l’accusé, il a agi sur instruction d’un de ses contrôleurs en la personne de sieur Sankara. Ce dernier lui aurait dit de s’introduire dans le domicile de A.J et la faire peur avec son arme pour que celle-ci augmente de nombre d’agents de sécurité à son domicile. Pour rappel, le domicile de A.J est gardé par l’agence Techno sécurité où S. Parfait et C. Nikièma sont employés.

Un coup minutieusement préparé par l’accusé

Pour accomplir son forfait, S. Parfait se fait d’abord affecter dans une agence de caisse populaire où C. Nikièma est en garde. Profitant d’un temps d’absence de celui-ci, il dérobe l’arme de ce dernier, un pistolet automatique que C. Nikièma avait pris le soin de cacher dans un seau avant de s’absenter. A son retour, il découvre que son arme a disparu et demande à S. Parfait qui dit ne pas savoir où est passé l’arme. Par la suite, S. Parfait monte un scénario et explique à C. Nikièma de dire qu’ils ont été braqués et que l’arme a été emporté par les braqueurs, comme cela, il n’y aura pas de sanction. Pris de panique, son acolyte trouve vraisemblable cette histoire et le lendemain, les deux vont déclarer cette version à la gendarmerie. On était alors au 25 juin 2018.

Le mode opératoire

C’est ainsi que dans la nuit du 30 juin 2018, encagoulé, S. Parfait s’introduit dans la maison de dame A.J à son absence, se planque et attend le retour de sa victime. Autour de 21 heures 30, celle-ci rentre chez elle, l’accusé s’introduit dans la chambre et vole 6 téléphones portables. Mais soutient qu’il n’a pas pris de l’argent, notamment les 330 000 FCFA. Il raconte que c’est là qu’il est pris en flagrant délit dans la chambre de la victime, celle-ci panique et se sauve, il la poursuit, dans sa course dame A.J heurte un mur et tombe. L’accusé explique alors qu’il n’a fait que pointer l’arme sur la victime en l’intimant le silence et non sur sa tête avec menaces de mort, tout compte fait relate-t-il, il n’envisageait en aucun cas faire usage de l’arme, c’était juste pour intimider la victime. C’est sur ces entre-faits que les enfants de la victime et sa bonne ont fait leur apparition dans le couloir et il les a également intimé le silence, mais ces derniers se sont sauvés pour aller s’enfermer dans la cuisine. Par la suite, il a demandé à la victime d’éteindre les lampes du salon et c’est en voulant les éteindre que celle-ci a pu s’échapper et l’accusé s’est aussi évanoui dans la nature avec son butin.

Pourquoi était-il cagoulé a demandé le Tribunal, et à l’accusé de répondre qu’il ne voulait pas que la victime le reconnaisse car, il a déjà pris la garde au domicile de celle-ci. Version corroborée par la victime qui a confié qu’elle considérait S. Parfait comme un membre de la famille jusqu’au jour où, il a enceinté une de ses bonnes. Et pour cela, elle a souhaité purement et simplement que la société de gardiennage le remplace.

Le parquet pour sa part a soutenu que l’accusé, contrairement à ce qu’il a déclaré a volé les 330 000 FCFA, car dans ses relevés de comptes, il a versé dix jours après le forfait, une somme sensiblement égale à la somme volée. Niet, répond S. Parfait qui pour se justifier avoue que c’est un dépôt de 380 000 FCFA qu’il effectué dans son compte, une somme provenant de la vente de son terrain hérité de son défunt père. Cependant, le parquet trouve curieux qu’un tel dépôt puisse être fait juste quelques jours après les faits. S’agissant des instructions reçues du sieur Sankara, le parquet estime que c’est une histoire montée de toutes pièces pour échapper à une lourde sanction car l’accusé n’a pas reconnu le seul sieur Sankara de la société comme son commanditaire qui pourtant était, pour la circonstance, dans la salle.

« Je savais que l’acte que j’ai posé était impardonnable »

Dans sa narration devant le Tribunal, S. Parfait a indiqué que son collègue C. Nikièma n’était pas au courant de son plan et qu’il n’était pas impliqué. Dans son développement, le procureur a également mis hors de cause C. Nikièma et a demandé sa relaxe. Toute chose que le Tribunal a suivie.

Concernant, les faits de soustraction à la garde, l’évasion, le procureur a requis 2 ans de prison ferme et 250 000 FCFA d’amende à encontre de l’accusé. S’agissant des faits d’actes de grand banditisme, le parquet a requis 15 ans de prison ferme assorti d’une période de sûreté de 10 ans. Cela pour décourager d’éventuels agents de sécurité censés assurer la protection de leurs clients mais deviennent leurs bourreaux.

La partie civile représentée par la société de gardiennage a demandé la restitution des scellés, en l’occurrence le pistolet automatique, 1 FCFA symbolique pour dommages et le paiement des frais exposés. L’avocat de dame A.J évoquant, le traumatisme subi par la victime et sa famille a demandé une sévère condamnation de l’accusé et la restitution des téléphones portables ainsi que les 330 000 FCFA dérobés.

Au terme des débats, l’accusé a regretté son acte qui du reste l’avait poussé à s’évader de la gendarmerie car a-t-il dit, « Je savais que l’acte que j’ai posé était impardonnable ». Il a demandé pardon à la victime et sa famille. Le verdict a été mis en délibéré le 9 juin prochain.

 

Sam SISCO

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