Devant le tribunal : 125 millions FCFA comme dommages et intérêts pour diffamation sur les réseaux sociaux…

R65

Paré Ruffin, communicateur, est poursuivi le 09 décembre 2019 au Tribunal de grande instance de Ouagadougou en citation directe à comparaître pour faits de diffamation envers Pierre Badiel, Président de la Fédération burkinabé de lutte. Les faits remontent au 05 mai 2019. Paré anime deux pages intitulées « Fan club lutte »  et « Mobilisation pour la cause de la discipline lutte » sur les réseaux sociaux.

Le prévenu explique qu’il a créé ces deux pages en 2017 afin de susciter des débats sur la discipline et faire des reportages sur des personnes qui ont marqué le monde de la lutte ou qui le font toujours.

En mai 2019, la victime, Pierre Badiel, voit sur les réseaux sociaux des écrits à son égard et qui le traitent de coupeur de primes de lutteurs, car il aurait détourné 50 000 FCFA de l’argent de chacun des 05 lutteurs lors d’une compétition à Dakar, au Sénégal, soit 250 000 FCFA, pendant que ceux-ci devaient percevoir 100 000 FCFA. Idem pour l’encadreur des lutteurs qui devait percevoir 200 000 FCFA mais qui a reçu 100 000 FCFA.

Selon les débats et explications de la victime, il s’agit d’une compétition qui devait avoir lieu et qui nécessitait la participation de lutteurs burkinabé. La fédération envoie alors une correspondance au ministère en charge des sports, avec une demande de soutien à hauteur de 4 millions FCFA. A sa grande surprise, c’est la somme de 900 000 FCFA qui lui est allouée.

Avec donc cette somme, il fallait faire venir les lutteurs de leurs villages respectifs à Ouagadougou, les préparer pour la compétition tout en les logeant et en les nourrissant, avant leur départ pour Dakar.

Sieur Badiel explique qu’il a pris le soin d’appeler les vice-présidents pour leur informer de la chose, et leur avait expliqué qu’il allait donner 50 000 FCFA à chaque lutteur, et 100 000 FCFA  à l’encadreur. La somme de 900 000 FCFA devait donc tout faire en même temps, soit recruter les lutteurs, les faire venir à Ouagadougou pour les préparer à la compétition, les loger, nourrir, et ensuite les faire partir à Dakar. 

Il ne sait donc pas pourquoi il est calomnié sur les réseaux sociaux pour avoir fait des retenues sur des primes de lutteurs, pendant que ce n’est pas le cas.

Le problème, explique Badiel, est qu’il est traité de tous les noms dans cet écrit via les réseaux sociaux de machiavélique, d’inconséquent, entre autres termes qui frisent la calomnie l’injure et la diffamation.

L’argent de Mathias Kadiogo et de Prince Akim

Un autre fait est revenu sur le tapis, lors du procès. Il se trouve qu’après leur arrivée, ils ont été appelés par Mathias Kadiogo, un mécène qui les soutient en tout temps et, qui les a offert des sacs de riz ainsi que de l’argent. Il y avait également la contribution de Prince Akim, et Badiel explique que c’est Kadiogo qui a appelé celui-ci pour lui dire qu’il leur a donné sa contribution, puis, Akim a dit d’en donner pour sa part aussi. Cet argent a été remis à Badiel, qui est sorti montrer les enveloppes aux lutteurs qui ont partagé la somme sur le champ. Badiel explique que lui-même a reçu la somme de 100 000 FCFA pour son essence.

Mais il se trouve qu’il est dit sur les réseaux sociaux que c’est la somme de 30 000 FCFA qu’il aurait remis à seulement 3 lutteurs, ce qui fait 90 000 FCFA, alors que les dons s’élevaient à 400 000 FCFA. Donc, le reste est aussi « rentré dans son ventre », pour emprunter le terme utilisé dans l’écrit.

Des lutteurs étaient présents pour expliquer que les enveloppes ont été ouvertes devant eux et ils se sont partagés l’argent, y compris l’encadreur, au lieu que soit 05 personnes comme dit, mais 06.

Le prévenu explique qu’il a eu ses informations avec des personnes qui ont été directement concernées par les choses, ce qui a valu cette manière de dénoncer. Il estime qu’il faut que les choses changent au sein de la discipline lutte, qui est en mal à cause de certains agissements.

Le procureur, pour sa part, estime qu’il y a manifestement volonté de nuire, parce que l’on ne peut se permettre de traiter les citoyens de tous les noms, sans pour autant chercher à vérifier auprès de la personne si les informations sont vraies ou fausses, surtout sur les réseaux sociaux. Il requiert de ce fait 12 mois de prison et une amende de 500 000 FCFA avec sursis contre Paré. La partie civile réclame la somme de 125 millions FCFA comme dommages et intérêts, ainsi que 500 000 FCFA au titre des frais exposés. Délibéré au 23 décembre prochain.    

 

Sam CISCO

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