Devant le Tribunal : 20 ans de prison ferme requis contre de dangereux braqueurs

Soumis par Redaction le ven 09/12/2022 - 00:00
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Une affaire de braquages assez rocambolesques et dont l'affaire était en jugement le 07 décembre 2022 au Tribunal de grande instance de Ouaga 1(Tgi1) était à l'ordre du jour.

 

Cinq personnes étaient présentes pour répondre de faits de vol à mains armées, de blanchiment d'argent et de complicité de vol.

 

Les faits de vol à mains armées et de blanchiment d'argent sont contre trois prévenus. Il s'agit de Thiombiano Hermann, Lankoandé Dominique et Noba Yacouba. En ce qui concerne les faits de complicité de vol, dame O. Zalissa et Rouamba A. en sont concernés.

 

Sur 08 victimes, seules, 06 étaient présentes, et ceux-ci racontent comment ils ont été dépouillés de leurs biens.

 

 

La première victime à passer pour raconter les circonstances de son braquage est Mady N. Il est commerçant et habite au quartier Kossodo de la commune de Ouagadougou. Un soir d'octobre 2021, il rentrait chez lui, quand il aperçoit la lumière d'une torche qui lui signifiait de s'arrêter. Et comme des contrôles sont fréquents sur la voie, il pense que ce sont des policiers. Il ralentit, puis voit qu'une seule personne le tenait en joue avec un pistolet automatique et lui ordonnait de descendre de sa motocyclette. Puis, deux autres sont sortis de la pénombre pour venir en renfort. Il était donc pris dans une sorte d'étau, et ils lui font se coucher sur le bas côté de la route, prennent sa moto de marque Yamaha 150 de couleur noir, ainsi que 195 000 FCFA qu'il avait en poche. Outre cela, il avait la somme de 1,490 million FCFA sous la selle de sa moto. Plus tard, après l'avoir menacé de l'abattre, les trois se sont remorqués sur sa moto et sont partis. Pour dire que les braqueurs étaient à trois sur une seule moto, objet de leurs méfaits. 

Seconde victime, Kouanda Issiaka. Il est commerçant au quartier Kaar Pala de la commune de Ouagadougou. Il explique que le 23 décembre 2021, il rentrait chez lui quand il a constaté que deux personnes à moto semblaient vouloir le dépasser. Il ralentit pour les laisser passer, puis, deux autres arrivent sur une moto, lui disent de s'immobiliser, et, s'emparent de la sienne, ainsi que tout ce qu'il avait, dont des téléphones et des numéraires, y compris des documents qui étaient sous la selle de la moto, dont deux cartes grises et son permis de conduire.

 

 

Troisième victime, Issa Compaoré. Il est commerçant. Dans la nuit du 11 mars 2021, il rentrait chez lui aux environs de 21 h quand il a été intercepté par une personne qui l'ordonnait de s'arrêter en pointant sur lui une arme. Pendant ce temps, deux autres étaient postés à côté d'une moto. Ceux-ci arrivent ensuite pour épauler leur complice, et c'est ainsi qu'il a été dépouillé de sa moto de gabarit 135, la somme de plus de 2 millions FCFA, ses téléphones portables. Cela s'est passé aux alentours du cimetière de Taabtenga.

 

 

La quatrième victime est un agent de police, K. Ghislain. Il explique qu'il est allé assister un ami dont la femme a accouché au Cma de Pissy, et repartait chez lui aux environs de 2 h du matin. C'était dans la nuit du 31 mars au 1er mai 2022. Vers la caisse populaire du quartier Bonheur-ville de Ouagadougou, il aperçoit des individus qui le torchent et veulent qu'il s'arrête. Sentant un danger, il saute de sa moto afin de sortir son arme. Mais les braqueurs avaient déjà pointé les leurs sur lui et il ne pouvait plus rien faire. Ils le rouent ensuite de coups, prennent son arme (un pistolet automatique), et, comme il avait pris le soin de jeter la clé de sa moto dans les buissons aux alentours, les agresseurs la retrouveront néanmoins, pour s'en emparer et prendre la tangente, après l'avoir bien molesté. Il ajoute que l'un de la bande, au nombre de 04 ce jour-là, avait voulu tirer sur lui, mais un autre l'en a dissuadé. Il reconnaît par ailleurs Yacouba Nola, qui est parmi les prévenus et qui a intervenu, bien que ce soit celui-ci qui l'ait bien bastonné pendant que les autres cherchaient la clé de la moto dans les buissons. Il est, lui aussi, dépouillé de sa moto, de son arme de service, de la somme de 35 000 FCFA, entre autres. L'arme a cependant été retrouvée par le Service régional de police judiciaire (Srpj) et Nola déclare qu'il a reçu des mains de Hermann Thiombiano, son acolyte.

 

 

Zongo K., pour sa part, explique qu'il est allé déposer un ami à Saaba, quand il a été accosté par quatre individus sur deux motos, les deux premiers l'ont dépassé pour ensuite ralentir, et les deux autres, arrivés à son niveau, ont braqué une arme sur lui pour l'obliger à s'arrêter, et l'ont dépouillé de la somme de 105 000 FCFA, ses deux téléphones portables, ainsi que sa moto, une scooter de couleur blanche. Seul un téléphone a été retrouvé par le Srpj lors de la perquisition du domicile de Lankoandé. 

La dernière personne à venir expliquer les faits est Ouédraogo B. Il explique qu'il loge à Gampéla, non loin de la ville de Ouagadougou, puis, le matin du 27 juin 2022, sa femme le réveille pour lui faire savoir qu'ils ont été l'objet d'un cambriolage, car le scooter qu'il possède et qui était garée dans la maison à disparu, ainsi que les téléphones portables.

 

Deux autres victimes n'étaient pas présentes lors du procès.

 

 

Les braqueurs reconnaissent certains faits, et visiblement, semblent oublier d'autres. Mais il est évident que les faits se sont produits, selon la procureure. Elle résume que c'est courant les années 2021 et 2022 que des plaintes ont été enregistrées au Srpj et au commissariat central de police de Ouagadougou (Ccp-O). Les braqueurs agissaient dans les villes de Ouagadougou et Fada N'Gourma. Plus tard, Lankoandé Dominique et Thiombiano Hermann sont appréhendés, puis Nola Yacouba est pris suite aux aveux des deux autres. Les perquisitions ont permis de trouver certains objets volés chez ceux-ci.

 

Quant aux deux autres prévenus que sont dame O Zalissa et Rouamba A., poursuivis pour complicité d'actes de grand banditisme, la première travaille dans une compagnie de transport de la place comme bagagiste et s'occupait d'envoyer les engins volés dans les villes de Cinkansé et Cotonou. Pour A Rouamba, les perquisitions ont trouvé certaines armes des braqueurs chez lui. En d'autres termes, il les gardait pour eux. L'infraction de complicité est donc flagrante, selon la procureure.

 

Elle requiert contre Lankoandé, Thiombiano et Noba la peine de prison de 20 ans ferme dont 15 de sûreté, et une amende de 15 millions FCFA ferme pour les actes de grand banditisme. En ce qui concerne le blanchiment d'argent, Nola et Lankoandé en sont concernés. Le premier investissait dans sa boutique de quincaillerie et d'achat de moto, et le second, dans des activités commerciales de vente d'articles divers. La procureure requiert la saisie de tous ces biens.

 

Quant aux complices, elle requiert contre eux la peine de prison de 11 ans ferme dont 06 ans de sûreté, et une amende de 05 millions FCFA dont deux millions ferme. Le délibéré est pour le 21 décembre prochain. 

Assane SANFO

Zoodomail.com

 

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