Devant le Tribunal : parcours de combattant pour 2,5 kg d'or illusoires

Soumis par webmaster le Jeu 12/05/2022 - 01:00
devant

Corsée, cette affaire qui a été jugée le 11 mai 2022 au Tribunal de grande instance de Ouaga1.


Il s'agit de B. Kouanda, qui a été traduit pour des faits d'escroquerie et d'abus de confiance. Le plaignant est O. Lassané, employeur du prévenu Kouanda.

Tout a commencé en l'an 2020. Kouanda, qui est un employé de Lassané, va faire des livraisons de sa part et lui explique plus tard qu'il a reçu un appel d'un ami qui est en Côte-D'Ivoire et qui dit qu'il a 2,6 kg d'or qu'il veut vendre, à raison de 15 000 FCFA le gramme.  

Le patron lui demande de patienter, le temps qu'il consulte d'autres personnes qui sont ses parents. Il les consulte, puis, ceux-ci disent qu'il peut s'engager dans l'affaire. Il a même eu à faire des sacrifices d'animaux en ce sens.

L'entourloupe

Le prévenu raconte que dès lors qu'il a informé son patron de l'affaire, lui qui n'achète pas ni ne vend d'or, il était partant pour cette affaire car selon le prévenu, celui-ci avait eu la garantie de ses frères acheteurs d'or qu'il lui paieront le gramme à 25 000 FCFA.

Début du calvaire

Ainsi commence donc un long périple. Car dès lors que le patron a autorisé son employé Kouanda à accepter l'affaire avec ses soi-disant amis, le calvaire va commencer. Car les supposés vendeurs d'or vont donner rendez-vous à Kouanda et son patron, disant qu'ils viennent à Ouagadougou avec l'or. Ils sont à moto, selon eux.

Ils expliquent par la suite qu'ils ont eu un ennui en cours de route et que des agents de contrôle ont découvert l'or qu'ils avaient camouflé dans le réservoir de leur moto. Et les agents en question réclamaient la somme de 750 000 FCFA.

Pour les laisser passer, une négociation est entamée avec les soi-disant policiers en contrôle, puis une somme de 100 000 FCFA leur est envoyé par Orange money. Les policiers ne sont pas satisfaits de cette transaction, et réclament en plus 200 000 FCFA qui leur sont envoyés, puis les prétendus vendeurs sont autorisés à partir avec leur or et chose bizarre, lors des négociations, les mêmes policiers disent que l'or ne les intéresse pas, mais l'argent, selon ce que le plaignant a raconté au Tribunal.  

Les vendeurs démarrent donc pour continuer leur chemin. Mais un autre problème se présente. Car ils vont appeler Kouanda et lui dire qu'en cours de route, le second qui accompagnait le propriétaire de l'or a été surpris en train de fumer de la drogue, et qu'il a été appréhendé par un policier. Pour signifier donc qu'ils étaient bloqués et qu'il fallait débourser des sous. Ce qui a été fait. C'en n'était pas fini pour autant. Car après cet incident, c'est le même policier qui explique qu'après les avoir libéré pour consommation de stupéfiants, ils ont fait un accident et la victime, qui est une fille, est décédée sur le coup. Il explique qu'il les suivait et est tombé sur la scène, donc les a conduit pour soins et hébergés.

Là encore, il fallait envoyer de l'argent et c'est ce qui a été fait.

Pas de trace

Voici donc comment les choses se sont passées jusqu'à ce qu'après avoir assez dépensé, le patron de Kouanda estime qu'il va falloir aller croiser les prétendus détenteurs d'or en Côte-D'Ivoire, d'autant plus encore qu'un problème est survenu et qu'on lui disait qu'il y a eu un accident de la circulation et que l'un des supposés détenteurs et vendeurs d'or a eu la jambe brisée dans une chute.

Le patron et Kouanda se rendent donc en Eburnie, puis, ne retrouvent aucune trace des supposés vendeurs ou détenteurs d'or. Malgré leurs démarches, non seulement auprès du comptoir où ils disent travailler. Le patron de Kouanda s'est par ailleurs déplacé pour y voir clair avec le comptoir en question, laissant les autres dans une ville non loin de la frontière, mais est revenu sans gain de cause. Ils reviennent ensuite à Ouagadougou puis, le patron explique à Kouanda qu'il a un de ses frères qui travaille à Interpol et que les arnaqueurs seront pris.

Pas le cas, malheureusement pour lui, qui aura déboursé la somme de plus de deux millions FCFA pour cette affaire où il pensait avoir un bénéfice, pendant que le prévenu explique que c'est la somme de prés de 800 000 FCFA qu'il a transféré aux arnaqueurs et avait de surcroît fait confiance à un certain Harouna avec qui il a travaillé et en qui il avait confiance.

Le noeud du problème

Kouanda, qui était en contact direct avec les prétendus détenteurs et vendeurs d'or, et qui était intermédiaire pour envoyer l'argent était-t-il vraiment innocent dans cette affaire ? Là se pose la question, parce que le Tribunal juge mieux de vérifier si toutefois l'argent que le patron de Kouanda lui donnait pour les prétendus vendeurs d'or à véritablement été transmis et remis.  Le prévenu à donné des numéros de téléphone sur lesquels l'argent à été transféré, donc il y aura traçabilité, cela avec l'opérateur de téléphonie. Un dossier qui a été renvoyé au 1er juin prochain pour vérification d'envoi d'argent par Kouanda et aux dates allant de décembre 2021 à janvier 2022. Car le tribunal n'exclut aucune éventualité.

Pierre PILLON

ZOODOMAIL.COM,

 

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